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Neo Psyché - Purson / Entretien avec Rosalie Cunningham

par lou 21 Novembre 2013, 10:40

Ce groupe-là, fait, pour moi, partie de la crème de la crème en matière de rock néo-psyché/prog. On prend tous les bons éléments, des guitares infernales et un clavier qui ne vous laisse pas en paix, des moments aériens où la belle voix de Rosalie est accompagnée d'un mellotron majestueux. Tout est extrêmement pense, travaille, c'est envoutant musicalement et visuellement. Ils ne laissent rien au hasard et affubles de leurs plus belles fringues vous emmènent dans une dimension parallèle d'explosions de couleurs et des sens. Un vrai trip qui décolle haut mais vous plonge aussi dans des endroits plus sombres et tortueux. Fort d'un charisme scénique, d'un soin musical et visuel, Purson se projette bien en avant de la scène psychédélique et progressive. C'est avec grand plaisir que j'ai pu poser quelques questions à Rosalie Cunningham, chanteuse et guitariste du groupe.


L.H : C'est un long chemin depuis Ipso facto en 2008, après que le groupe splita, je me souviens de plusieurs tentatives de démarrer un nouveau projet (qui débuta par Ketu et arriva a Purson), quel genre de difficultés avez-vous rencontré sur cette longue route qui déboucha finalement sur le groupe actuel, comment avez-vous rencontré vos musiciens ?

R.C : La plus grande difficulté fut de trouver des personnes sur la même longueur d'onde, qui comprenaient la vision et la direction à suivre, mais qui surtout étaient musicalement capables de parvenir à la retranscrire. J'ai bossé avec des gens très talentueux avant Purson, ça m'a formée mais j'ai toujours rencontré les mêmes problèmes pour trouver les personnes adéquates. Les musiciens de mon âge qui sont suffisamment doués pour jouer les morceaux ont souvent des idées très fortes et une façon bien à eux de jouer, si bien que, trop souvent, ca clashait avec ma conception des choses. La rencontre avec Ed fut la première vraie étape. Il était la seule personne avec laquelle je ressentais cette sorte d'alchimie musicale. Same était mon meilleur ami et nous avions toujours partagé cet amour de la musique, de l'art et du glamour mais le problème était qu'il n'était pas musicien ! On a vite réalisé rapidement qu'il n'avait pas le choix, il devait être dans le groupe, et du coup il a appris à faire du clavier vraiment rapidement. George et moi on est amis depuis tout petit, et on a grandi tous les deux avec un régime à base de Doors, Beatles, Floyd, Bowie et toute la bonne came. On a toujours joué de la guitare ensemble et, quand j'ai monté le groupe, ça coulait de source qu'il devait faire partie de l'aventure. Notre bassiste, Justin, nous a rejoints récemment. Il a postulé directement sur Facebook quand on avait poste une annonce pour trouver un bassiste, il est venu a une répète et on a l'a pris direct. Je pense que sa voiture et le caftan nous l'ont vendu avant même qu'il ne joue une note. James, c'est encore plus récent, c'est un ami de Ju'.


L.H : C'est un fait rare pour une génération comme la nôtre d'écoute ce genre de musique, donc, comment cela vous est-il arrivé, d'entrer dans ce monde de la musique psychédélique et progressive ?

R.C : C'est un son dont j'ai toujours été amoureuse. J'ai grandi avec tous les standards de rock mais j'ai toujours été très attirée par les morceaux plus psychédéliques. Mon père était musicien et j'ai travaillé dans une boutique de disques quand j'avais 14-16 ans, ce qui m'a aidé à faire des découvertes. Quand j'ai découvert le rock prog plus globalement, je n'écoutais que ça, et j'étais toujours à la recherche de nouveaux groupes. Il n'y avait vraiment rien dans la musique actuelle qui ne me fasse vibrer ; regarder dans le passé devint alors une sorte d'obsession.


L.H : Croyez-vous dans le fait que chaque chose arrive pour une raison particulière ? Le Karma, les phénomènes inexpliqués, ce genre de choses qui arrivent parfois et ont un impact sur nos vies. Est-ce qu'une chose semblable est arrivée avec Purson ainsi que, peut-être, de plaisantes circonstances qui donnent l'impression de venir de nulle part ?

R.C : Oui et je crois que peu importe ce qui vous arrive dans votre vie, il y a un enseignement à en tirer. S’il n’y avait pas eu des erreurs et des déceptions, je n’aurais pas la force de continuer à essuyer les tempêtes et d’être le leader d'un groupe qui se fraye péniblement un chemin dans le circuit actuel, car c’est une charge éprouvante émotionnellement parlant. Les choses n'ont pas été des plus simples pour nous, mais ça me montre complètement que je suis née pour faire ça. Bien sûr, il y a eu également des cadeaux positifs tombés du ciel ! Par exemple, une date de notre récente tournée a été annulée, ce qui au départ nous a dégouté, mais ça signifiait aussi que l'on allait passer trois jours off à Amsterdam, et il s'est passé que ça a été nos meilleurs moments ensemble en tant que groupe, et, sans cette date annulée, ça ne se serait pas produit.


L.H : Parlons de Purson. Vous avez sorti votre premier album en début d'année. Vous êtes sur la route avec Spiritual Beggars et vous avez collecté des fonds grâce à vos fans - par le biais de Pledge Music - les choses semblent se passer plutôt bien pour le groupe ! Ma question : êtes-vous plus studio ou scène ?

Haha ! Je suis contente qu'en face, avec un œil différent, les choses se déroulent correctement, c'était vraiment beaucoup de boulot ! Nous sommes éternellement reconnaissants envers nos fans pour nous avoir aidés à rassembler suffisamment de fonds pour notre projet.

Jouer sur scène, c'est l'éclate totale, c'est une drogue, la meilleure du monde, mais je suis plus une personne de studio. Je passe la plupart de mon temps à composer dans mon home studio et c'est un procédé en continu qui consomme parfois presque toutes mes pensées. Je suppose que créer quelque chose venant de nulle part et dont je suis fière m'apporte beaucoup plus de satisfaction sur le long terme que de jouer sur scène.


L.H : Purson, un des dieux de l'Enfer, c'est vraiment ciblé ! Combien de temps vous avez mis avant de trouver ce nom, était-ce un procédé difficile ? Aimez-vous les vieux livres poussiéreux et mystérieux ?

R.C : On savait que l'on voulait un nom percutant en un mot, mais je pensais aussi qu'il fallait que ça soit le nom d'un dieu. On est tombé sur Purson quand nous avons lu des choses sur la démonologie et nous aimions beaucoup l'idée du roi de l'enfer et toute l'imagerie qui allait avec. Ce n'était pas particulièrement difficile, on a senti le truc. Le mysticisme et l'occulte m'a toujours intéressé, mais ce ne fut qu'après avoir nommé le groupe ainsi que je me suis réellement plongé dans ces sujets-là. Maintenant, la lecture des archétypes des anges et démons, et comment ils peuvent aider à comprendre les secrets de l'univers est quelque chose que je trouve fascinant.


L.H : Visuellement parlant, que cela soit sur scène ou sur la pochette du disque lui-même, Purson a vraiment ce côté 70's "films de la Hammer" tout en étant très glamour. Est-ce que le visuel, les vêtements, sont des choses qui sont venues naturellement au sein du groupe ou c'était quelque chose qui était plus propre à vos goûts et que vous souhaitiez voir comme l'identité visuelle du groupe ?

R.C : La façon dont on s'habille est notre manière de vivre ce que nous aimons. Pourquoi se restreindre à s'exprimer simplement par la musique et les paroles ? J'adore m'habiller différemment et j'ai toujours collectionné les fringues vintage, c'est une passion. J'ai cette impression que c'est souvent critique de nos jours. Des ignorants voient ça comme "hipster", "la forme plutôt que le fond" mais je n'ai encore vu personne appeler Elton John un hipster !


L.H : De nos jours, il y a un important revival des groupes influencés par la musique psychédélique des 60's et 70's. Est-ce que cette scène est toujours isolée ou est ce qu'elle grandit un peu plus chaque jour à Londres ? Est-ce que les gens sont ouverts ou plutôt fermés d'esprit ?

R.C : Il y a, pour sûr, une résurgence de ce genre de choses, ce qui est génial pour nous. Les gens sont vraiment plus ouverts d'esprit sur la scène, même les fans de métal les plus hard-core s'y retrouvent. Je pense qu'il y a beaucoup de musiciens rock de ma génération qui se sentent plutôt aliènes de la musique mainstream actuelle et qui, du coup, puisent leur inspiration dans l’âge d'or du rock.


L.H : Allez, pour continuer : quel est votre TOP 5 des disques que vous emporteriez sur une île déserte, en assumant qu'il y ait un platine disque quelque part la bas ?

R.C : Mon dieu, c'est une question difficile ! Ça devrait être des classiques que j'aime mais si vous me demandiez la même chose un autre jour, il y aurait des chances que vous ayez une réponse différente.

King Crimson - In the Court of the Crimson King
The Small Faces - Odgen's Nut Gone Flake
The Beatles - Abbey Road
David Bowie - The Man Who Sold The World
J'hésite pour le dernier, ça se joue entre Slade, The Move et The Idle Race.


L.H :  Quels sont vos plans pour le futur avec Purson, un nouvel album, peut être un dvd un jour ?

R.C : J'ai pratiquement fini de composer le prochain album et j'ai vraiment hâte d'enregistrer tout ça. On espère tourner toujours plus et jouer dans des festivals l'année prochaine. On aimerait énormément faire d'autres clips vidéos, on a vraiment un paquet d'idées !


L.H : Ces lignes sont les vôtres. Un commentaire, quelque chose que vous souhaiteriez ajouter sur n'importe quel truc que vous auriez fait/écoute/lu/vu récemment ?

R.C : Ouh là ... Ça pourrait me prendre des lustres, alors je ne vais rien dire d'autre.


L.H : En guise de question bonus, vous êtes une femme "Taureau", que pensez-vous de l'astrologie ?

R.C : Je pense que nous sommes tous affectés par des choses qui se passent à une plus grande échelle dans l'univers et par les forces qui en découlent. J'aimerais beaucoup en savoir plus. Par contre, je ne peux pas dire que j'ai vraiment les traits typiques d'une personnalité taurine. En fait, à part le côté têtu et déterminé dans le travail, je suis tout l'opposé !


Merci beaucoup, Rosalie.


Merci pour les questions intéressantes !


Louis Hauguel pour Fuzzine, Merci à Maxime pour les corrections.

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