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Rock Français - Le grand complexe Part 2. Le beau rêve

par lou 22 Novembre 2013, 14:34

Eussiez vous des chômeurs en puissance (pardon, des gosses) il faudra bien, un jour où l'autre, leur laisser quelque chose. Et à défaut de fric, une sorte d'héritage culturel. La preuve que leur bled a pu être (brièvement mais puissamment) autre chose qu'une nation hypnotisée par la débilité télévisuelle. Un hexagone ou les fachos gueulent quand, d'aventure, ils se prennent du gaz dans le groin, en manifestant dés que la ration d'hosties est menacée. Et si on peut discuter longtemps pour les livres (les trucs qui se feuillettent, pas les tablettes de la mort tactile) bien du plaisir au moment d'évoquer le disques. Chacun, du moins je l’espère, ayant sa réponse, c'est dans les rues qu'il faudra chercher la solution. Sentir le décalage. Chercher la faille sociale. Identité de marginal. Un truc de la province. Où les pires navets trainent, même longtemps après, des relents atroces d'obligatoires génuflexions. Devant les saintes icônes d'un  microcosme qui n'attend, avidement, qu'une occasion d'exhiber sa carte du club des Beaufs Locaux. Bref, il faut trouver un bon disque de rock français, qui symbolise à lui seul quelque chose de complexe. Et si la chose ramone sévèrement, et botte le cul de Jean Louis Aubert (je le déteste, c'est plus fort que moi) tant mieux. Une compilation ? Conseillé. Pour prendre un maximum de recul. Résumons donc. Il y a eu Ronnie Bird, Magma et  Alan Jack. Et un jour, Trust chez Guy Lux. Comme ça, porté par le vent ? Il faudrait donc croire aux générations spontanées, et pourquoi pas adhérer aux pires thèses révisionnistes, tant qu'on y est.  Laissons de coté (sans mépris aucun) la myriade de groupes progressifs, qui font la joie des collectionneurs. Notre propos d'aujourd'hui n'est pas de comparer les mérites d'Eden Rose face à Ergo Sum. Ou de dire si Triode était meilleur que Total Issue. Même pas de vanter le génie de Rhésus O. Toutes formations estimables si il en est. Mais de mettre un truc en lumière. Une sorte de chainon manquant. Qui, s'appuyant sur Doctor Feelgood et les New York Dolls, aurait vécu sa (courte) vie à l'ombre des modes. Et serait mort dans un anonymat quasi total. Faute d'avoir su trouver la ration de paroles débiles propres à séduire notre pays. Donc je veux un peuple de l'ombre, une civilisation engloutie et mal connue. J'exige une brochette de  petits français, assez courageux pour avoir osé reprendre les choses à la base (l'urgence). Des gens dont l'avenir n'était plus régi par 1968 que de loin. A la différence des ainés, réfugiés dans la planerie et le trip cosmique. Je réclame un contingent formaté par le premier choc pétrolier et les problèmes écologiques. Une bande de types énervés, montant (sous amphétamines) à l'assaut d'une forteresse radiophonique imprenable. Dans les années 76/78. En piétinant sauvagement les fans de Gong, et sans avoir peur de Vander. J'ai la preuve de l'existence d'une telle armada . L'objet s'appelle Les Plus Grands Succès Du Punk.

Gazoline

Sortie en 1987,  il est rigoureusement introuvable de nos jours, et comporte quatre titres de plus que le super rare CD. Personne  n'ayant, semble t-il les couilles d'une réédition.  Ou ne voulant pas porter  le chapeau de celui qui a ouvert LE fut radioactif, si bien planqué dans les chiottes. A cause de tout ça, vous passez à coté du Nuggets français, savez vous. Un double album (un quoi ?) dynamite, bourré jusqu'à la gueule de  morceaux courts. Et nerveux. Écoutez le High Time de Little Bob, qui ouvre les débats (honneur bien mérité).  C'est pas du raffiné, ça fonce et ça défonce. Marre des MJC au son pourri. Et quand déboulent les Dogs, on demande pardon.  D'abord parce que ces Chiens la ne sont jamais devenus milliardaires. Trop de classe, l'histoire est connue.  Pardon d'avoir loupé tout ça.  Pardon d'avoir eu à peine onze ans à l'époque.  Mais vraiment, c'était pas possible. Du coup, à l'age réglementaire pour gâcher mon avenir, j'ai mis les bouchés triples. Imaginez vous que dans le lot, les Olivensteins feraient presque SERIEUX et CONCERNES. Avec leur grosse provoc, si mal décalquée par Gogol. Des noms ? Guilty Razors. Abject, Calcinators, Gazoline ou Dentists (entre autres).

Metal Urbain

Mutants stoogiens, en liberté dans la France de Giscard. Rock hagard, à la recherche d'une bonne pinte de sang frais. Dont l'intégrale (en singles originaux) doit couter plusieurs mois de RSA. Une bonne crise d'hystérie comme celle des Dentists (clôturant les débats, sur une note au napalm) renvoie Leon Zitrone bruler en enfer.  Et tonton Gilles (connard de service)  crever sous la table des repas de famille. Quand il est quinze heures, qu'on a que de la bouffe pour seul point de vue. Et une pressante envie de vomir. Putain, balancer un titre de Metal Urbain (à fond la caisse) au moment précis où la torture Jacques Martin reprenait. Même les révisions du lendemain étaient moins pénibles. Souriez, vous êtes vengés. Au rayons des surprises, retenons deux titres de Taxi Girl, précieux et pas encore ridicules. Starshooter, transformant Sweet Jane en Hygiène. Kent, si délicieusement pince sans rire, comme on aurait aimé l'entendre plus souvent. Ou Pura Vida  (Bijou) écorchant Last Night au rasoir. Instrumental qui nous évite de subir leurs vocaux pires que pénibles. Reste quelques trucs qui vieillissent mal (Asphalt Jungle, les Lou's, Marie et les Garçons, la pantalonnade de Jean Pierre Kalfon). A chacun, donc, d'y trouver son compte. Mais, tel que, le beau témoignage d'une promotion vite muselée. Il faudra attendre les Berus, pour avoir le même condensé d'énergie explosive. Et sans limites. A vos recherches, quelques exemplaires doivent encore pervertir les bacs à soldes. Et hasard du classement, ma copie est (précieusement) rangée entre Triode et Trans Europe Express. Si c'est pas un signe du destin, je suis fan de Culture Club.

Laurent

Lien : http://www.youtube.com/watch?v=pHeyqdC2uUk

Rock Français - Le grand complexe Part 2.  Le beau rêve

commentaires

jerry OX 16/05/2014 17:26

Et oui!! Qui l'eut cru ! le groupe Trust invité en 1980 dans l'émission de variétés "Palmarès 80" présenté par Guy Lux . Là ou viennent habituellement, Sheila, Dalida, Renaud, Eddy Mitchell ou encore Mireille Mathieu . Le rock a aussi du bon lorsque il devient populaire sans se renier !

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