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Heavy Blues/Psyché - Entretien avec Elin Larsson (Blues Pills)

par lou 20 Mai 2014, 07:57

Heavy Blues/Psyché - Entretien avec Elin Larsson (Blues Pills)

LH: 1/ Pour commencer, une question classique : comment s'est formé Blues Pills, est ­ce que ça été difficile de rassembler tout le monde ?

Elin Larsson : Blues Pills s'est formé juste après que je sois devenue amie avec Zach et Cory au début de l'année 2011. Avec Zach, on s'envoyait des chansons par internet que nous avions composées chacun de notre coté, puis, lors de mon deuxième séjour aux USA, on a commencé a collaborer et composer ensemble. Au début, nous n'étions que trois ( moi, Zach et Cory ). On ne se prenait pas vraiment au sérieux, on composait, faisait des jam sessions, on s'éclatait dans une ferme du coté d'Ames, Iowa. On ne savait pas ce que l'on allait devenir, nous étions tous un peu perdus et appréciions simplement la vie telle qu'elle est, rêver le jour...

Lors de nos toutes premières démos en tant que Blues Pills, nous étions toujours un trio. Cory et Zach se séparaient le travail à la guitare, et ensuite Zach était a la basse, et Cory à la batterie, et moi au chant. Ensuite, assez rapidement, on a eu des offres et des propositions de concerts et on a été signé sur Crusher Records, un label suédois. Je me rappelle toujours de ce jour, ça nous a coupé le souffle tu vois, je ne pensais vraiment pas qu'une telle opportunité nous tombe dessus.

On a eu une proposition de tournée en Espagne et au Portugal mais nous n'étions toujours qu'un trio. Heureusement, Zach et Cory m'ont alors parlé d'un guitariste français (Dorian) qui joue incroyablement bien. Ils l'ont rencontré pendant une tournée où il jouait avec son ancien groupe. On l'a donc contacté, a l'époque il n'avait que 16 ans. Il a ensuite accepté de nous rejoindre sur la tournée et de faire des solos sur l'EP qu'on souhaitait sortir. Après cette tournée en Espagne et avoir joué avec nous, on a tous décidé qu'on allait rester comme ça et s'installer en Suède. Ce n'était pas une simple affaire au départ avec toute l'histoire des visas mais au final tout s'est arrangé.

2/ Tu as une voix bluesy vraiment puissante et qui donne des frissons pour être honnête ­ depuis quand pratiques ­tu le chant ? Quelles sont tes influences principales, et que signifient­ elles pour toi ?

Elin : Merci, c'est gentil de ta part et de le dire de cette manière. Je ne sais pas vraiment, en fait. J'ai travaillé ma voix avec des profs depuis l'age de 14 ans, je dirais. Quand j'ai eu 16 ans, je suis allée a une école de musique en Suède. Mais ça fait un moment quand même que je chante. Je pense que ma source d'inspiration principale reste tout l'amour et la joie que me procure la musique. Quand je chantais, ça me faisait ressentir tellement de choses, tu vois ? C'est vraiment génial pour moi. Je sais que ça sonne peut être un peu profond et recherché mais c'est vraiment pour ces raisons que je me suis mise a chanter. J'écoute toujours ces grosses voix bluesy, pleine d’âme, qu'on retrouve dans le R'n'B, Jazz, Blues, Soul et Rock. C'est un mélange de tout ça qui a fait que je trouve ma propre voix. Aretha Franklin est l'une de mes principales influences, je l'écoute depuis que je suis toute petite. Quand j'ai grandi, j'ai commencé a écouter plus de musique heavy/psyché/rock etc. Mais sinon mon cœur appartient vraiment a la Soul et au Blues.

Évidemment, toutes mes influences signifient beaucoup pour moi, même si je n'ai rencontré aucun d'eux personnellement, ils m'ont aidé et m'ont tout appris. J'écoutais leur musique sans arrêt et chantais leurs chansons. Et tout l'effet qu'ils ont eu sur moi sans les voir en vrai est assez incroyable.

3/ J'ai lu quelque part que le nom Blues Pills venait d'un blog dédié a la musique. Quel est ton regard sur l’industrie de la musique de nos jours, où les sorties digitales prennent le dessus sur le CD, qui chute constamment, et enfin le vinyle qui lui, heureusement, semble se faire une seconde jeunesse ? Quel format préfères tu ?

Elin : J'ai un sentiment plutôt mitigé pour être honnête. Dans un sens, c'est bien parce que tu peux diffuser ta musique vraiment partout et il y a tellement de groupes partout. Mais avant internet aussi, il y avait des groupes géniaux qui jouaient et dont pas mal de gens ignoraient probablement l'existence. Bon après, c'est vrai que le téléchargement, c'est pas terrible non plus. Je pense que si tu es à fond dans un groupe, il faut acheter leur disque. Et aussi aider les groupes en allant aux concerts. J'aime beaucoup les vinyles, l'artwork est plus grand et j'aime bien le rituel de changer la face du disque. c'est juste beaucoup plus vivant que le format digital et les CDs.

4/ Comment es­ tu venue dans le monde de la musique psychédélique ?

Elin : J'ai commencé à écouter du rock psychédélique 60's/70's quand j'étais adolescente. Je me suis retrouvée à jammer avec des gars de ma classe qui voulait jouer War Pigs avec moi dans une salle de mon ancienne école. Et petit à petit, la porte vers ce monde s'est entre-­ouverte. J'ai beaucoup d'amis musiciens avec lesquels on partage de la musique. Le délire mainstream pop star et autres qu'on voit partout, c'est pas mon truc, ça a un effet repoussant même.

Dans les années 60 et 70, il y avait tellement d'excellents musiciens, chanteurs, songwriters et les talents brut sortaient du lot facilement. Maintenant, avec l'enregistrement digital, tout peut se régler, s'ajuster sur ordinateur, auto-tune et autres, tu vois.

5/ Est­ ce que tu as des souvenirs marquant dans ta jeune carrière que tu souhaiterais partager avec nos lecteurs ?

Elin : Je ne vois rien de spécial pour le moment. Hum, ce que je peux dire, n'essayez jamais de faire une pyramide humaine avec des amis bourrés pendant un festival, ça pourrait mal finir haha !

6/ Le nouvel album de Blues Pills sort le 25 juillet prochain. A quoi peut on s'attendre de la part de ce premier opus, quels sont les thèmes que vous explorez ?

Elin : C'est le vrai son Blues Pills. Je peux te dire que l'on est vraiment fier de ce disque. Il y a des morceaux anciens qu'on a réarrangé. Ça va être marrant de voir la réaction des fans par rapport à ça. Pour moi, ces nouvelles versions sont bien meilleures. C'est plus abouti dans la composition, sur le EP on avait les bases et maintenant la direction est plus claire. Il y a aussi une nette différence sur le fait que l'on a bossé avec un producteur dans un vrai studio, ça se ressent dans le rendu final, et aussi par rapport a ce que l'on a sorti avant. C'étaient en fait surtout des démos enregistrées nous­mêmes et qui sont sorties ensuite. Cette fois ci, ça sera le real deal. Il y a beaucoup de rythme et c'est plus groovy, j'ai vraiment hâte que l'album sorte, j'en suis vraiment fière, et fière aussi de tous les gens impliqués autour et qui ont travaillé dessus.

7/ J'ai vu que Blues Pills allait jouer pas mal de festivals. Préfères tu les concerts extérieurs ou en salle, et pourquoi ?

Elin : J'aime les deux en fait. Les concerts en extérieur ont souvent eu un meilleur son que les concerts en salle que l'on a fait jusqu’à présent. Mais, encore une fois, tu es plus proche du public en salle qu'à l'extérieur, donc bon, j'aime les deux configurations.

8/ Dis moi, quel degré d'importance a la musique pour toi, qu'est ce que cela représente dans ta vie ? Il y a plein de bons groupes en Suède, est­ce que tu considères la scène de là­ bas comme une source importante de créativité et comme une influence pour toi, en quelque sorte ?

Elin : C'est une sacrée question, monsieur, ça devient sérieux. Hum, par ou commencer ? La musique rassemble les gens, les rends enthousiastes, ça peut rendre la personne la plus triste qui soit dans un état de bonheur total. Ça vous fait aller de l'avant, fait rêver les gens encore plus fort, réveille les gens d'un sommeil profond. La musique t'aide quand les temps sont durs et les difficultés pesantes en te faisant affronter tes pensées les plus sombres. La musique rend les choses encore plus merveilleuses qu'elles ne pourraient l’être déjà. C'est la cerise sur le gâteau et le gâteau représente ta vie. Parfois, la vie est est un vrai bordel, un coup sucré, un coup amer et souvent l'alchimie est parfaite.

La Suède a vraiment une scène musicale extraordinaire. Aucun doute sur le fait que cela inspire à être créatif. Être autour de tellement de bons musiciens, de voir autant de bons groupes, tout cela contribue a vouloir en faire toujours plus et travailler dur.

9/ La grande tradition de la question de l’île déserte. Allez, c'est parti ! Cite moi un disque, un film et un livre que tu embarquerais avec toi ?!

Elin :

Album : Etta James ­ At Last

Film : Hot Rod

Livre : Robinson Crusoé

10/ Quels sont tes idéaux dans la vie, les choses, thèmes pour lesquelles tu te bats ?

Elin : Je pourrais probablement écrire un livre là­dessus mais je vais faire simple. Je pense qu’être heureux est la chose la plus importante. Le chemin sur la route du bonheur lui est plus difficile.

11/ Ces dernières lignes sont les tiennes...

Elin : Merci Louis de t'intéresser à Blues Pills et d'avoir mené cet interview. J’espère te croiser à l'un de nos concerts dans un futur proche !

Salutations de Suède,

Elin Larsson, Blues Pills

Louis Hauguel pour Fuzzine.

Heavy Blues/Psyché - Entretien avec Elin Larsson (Blues Pills)
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