Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rock Underground - Wicked Lady / Que des lipides

par lou 28 Juillet 2014, 10:14

L'histoire du rock ne doit tromper personne. Pour une réussite, les morts au champ d'honneur se comptent à la pelle. La guerre fut sauvage, et la violence aveugle des charts ne faisait pas de cadeaux. Passée la ligne de sécurité (ou la centième place des classements) tout pouvait arriver. Vint le temps d’attribuer des médailles posthumes. Histoire de se rendre une conscience. Depuis un moment déjà, les exhumations portaient leurs fruits glaciaux. Pas du gâteau d'identifier tout ce monde. Contrairement à la croyance capitaliste, qui attribue uniquement des vertus à la réussite monétaire, des merveilles obscures dormaient sous nos pieds. Mises en lumière (doucement, c'est fragile) par des idéalistes. Et redonnant un équilibre à un paysage de fric/groupies/cocaïne. Qui menaçait de s'imposer comme la seule option viable, dés lors qu'on saturait son ampli sur scène. La Gibson ça connaissait Martin Weaver, âme de Wicked Lady. Avec les cordes dans le rouge. Le Marshall chaud bouillant. Pour cuisiner du bon hard blues, piment et chalumeau. Niveau références, le gars affichait un CV réduit. Mais pas de la chiure de mouches congelée. Guitariste de secours chez Dark. L'album Dark 'round The Edges faisant figure de Graal ultime dans le petit monde de l'ultra underground anglais. Sorti à 60 exemplaires, le pressage original vaut d'ailleurs une véritable fortune. Six morceaux lardés de plomb crépitant. Forcément desservis par le manque de production, mais affichant une miraculeuse fraicheur. Pour le cholestérol rapide, on préférera donc l'intégrale de ce que Wicked Lady a laissé de son passage sur terre. Soit une vingtaine de titres, capturés dans une cave de Northampton en 1972.

Et là je préviens. Attention. Si vous croyez que le premier Pink Fairies (et le live de la Roundhouse) sont des références de sauvagerie. Si les deux Third World War sont le sommet de ce que peut supporter votre sonotone. Si Stackwaddy vous reste sur l'estomac. Bref, si vous êtes une petite nature. Fragile des bronches. Qui déteste sortir sans sa petite laine. Fuyez. Barrez-vous, rentrez chez votre vieille maman. Ni Axeman Cometh, et surtout pas Psychotic Overkill, ne font de cadeaux. Comme tout cela est vulgaire, diront les lecteurs (il doit en rester) des Inrockuptibles. Ben oui, du fond de la crypte, derrière la grande armoire, on les entendait moins bien. Seulement, une fois sorti de la boite à souvenirs, allez les empêcher de faire du barouf. La  gratte donne le ton, tous les potards de Satan dans la zone danger. Et si le bassiste est costaud (vaut mieux) on peut déplorer le manque d'un vrai bon batteur. Le nommé Mad Dick Smith tient le tempo en place, et c'est tout. Donnant par la même le caractère (incroyablement rustaud) de toute cette bonne musique. Mais se révélant contre productif dés qu'il s'agit d'atteindre des hauteurs. Si j'osais une comparaison, je dirais l'Expérience en combinaison de mécanos. Après la vidange de douze semi remorques, et avant la douche. De l'huile dégueulasse, de la sueur, beaucoup de poussière. Indice de compétence (vous finiriez par croire que c'est un gag) la reprise toute en tessons de Voodoo Child. Gluante comme un crachat à la face de la poisse. Coulée dans le bronze de la rage nerveuse. Et le long (22 minutes) Ship Of Ghosts. Qui commence façon King Crimson, avec des sons rodant en mode paranoïa. Pour se terminer avec de longs solos traceurs, dans un ciel sans nuages. J'adore Wicked Lady, la preuve que chaque destinée peut prendre sa revanche sur le sort et le bannissement. Et ils ont leur collector. Psychotic Overkill a eu droit à son édition vinyle. Sorti sur le label suédois Xotic Mind (tirage limité, bien sûr) sous le nom pas con de Blow Your Mind. Bonne chance. La pochette de l'album, avec sa radasse de quinzième zone, planquée derrière une Gibson SG, est là encore d'un goût exquis. Pour les curieux, l'album de Mind Doctors (Martin Weaver en duo avec un clavier bien propre) est à déconseiller. Tant l'alliance guitare grasse/sons synthétiques sonne incongrue. En lien, une rare interview donnée à un collègue blogueur.

Laurent

LIEN :

http://psychedelicbaby.blogspot.fr/2012/04/wicked-lady-dark-mind-doctors-interview.html

http://www.youtube.com/watch?v=eqM653iDZpM

Rock Underground - Wicked Lady / Que des lipides

commentaires

Haut de page