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Neo Psyché : Flyte Reaction/Uncle Brain/Cherokee Mist

par lou 24 Mars 2016, 11:35

On ne me fera pas taire!!

Mais lâchez moi, qu'est ce que voulez avec votre valium ? Oui je me suis barricadé dans la rédaction, pris au piège par des découvertes inattendues. Voila le GIDM (Groupe d'intervention de la daube musicale) qui s'installe sur les toits en face. Armés comme des bêtes, ils sont. Dangereux avec leurs compilations spécial supermarchés. Le genre de trucs qui tuent par simple contact dermique. Pas fins les mecs. Sont là pour rétablir l'ordre des choses, surtout éviter de leur demander s'ils ont un cerveau. Financés par NRJ, pour vous dire le niveau. Un Terminator a plus de sentiments qu'eux. Qu'est ce que je veux ? L’accès total aux médias pendant 24 heures. Inonder les gens avec la musique de Flyte Reaction, d'abord. Réveiller leurs sens (engourdis par les marchands de soupe) devenus sourds au bon rock. D'accord je sais pas grand chose sur ce groupe anglais. Quatre immenses disques dans les années 90, un autre (jamais entendu, mais j'ai pas envie) en 2001. Et la présence constante d'un nommé Mick Crossley. Qui semble être un Monsieur Je-fais-tout-tout-seul-dans-le-studio. Vous savez la pop british, celle qu'on s'est obstiné à nous asséner par Blur, Oasis, et autres bandes de branleurs prétentieux. Flyte Reaction en détenait LE secret. Et je soupçonne ce gars Crossley d’être un genre d'intégriste du single imparable. Doit avoir une sacré collection de disques, on sent ça dans son propos. A dû passer une partie de sa vie à ingurgiter les meilleures concoctions des Byrds et des Flamin Groovies. Tout seul dans sa piaule, en bon maniaque. Avec une grosse dose de Buffalo Springfield, par dessus le marché. Et les Small Faces en boucle. Un sorcier capable d'extraire l'âme de son environnement sonore. Et de s'y tailler une seconde peau. Que je ferme ma gueule ? Bandes de glands, Maxime et Lou tournent dans la ville avec un camion sono. Montés au créneau sans rien demander, juste pour l'amour de la vraie musique. C'est dans le sang, pas moyen de lutter. Te balancent, à fond la gamelle, des extraits de Song In A Circle (1991). Contaminent l'air ambiant avec des mélodies superbes. Et la recette imparable : annoncer la couleur en acoustique, faire monter la sauce avec de beaux accords électriques, tapisser le tout d'harmonies vocales à chialer. Prendre son temps surtout.

Flyte Reaction c'est l'anti punk par excellence. Leurs albums font ressembler les Barracudas à Daft Punk. Quelque chose comme Syd Barrett avec une vision claire, et une direction précise. Le Madcap aurait peiné à trouver de meilleurs titres que Strawberry Lip Salvation (1992), ou Spectral Footwear (1993). Je vous signale (à tout hasard) que le second signifie quelque chose « Les godasses de fantôme ». Si c'est pas de la délicatesse, je me fais curé. Pour baptiser des chansons à la fois cool et arrogantes. Qui ont toutes l'air de sortir d'une obscure compilations 60's. Sans le coté naphtaline du revival ordinaire. Je parle, quand surgissent des plans tout droits issus de More ou des faces live d'Ummaguma. Ah, si on doit causer synthèse, c'est pas gagné. L'aube se lève sur un ciel coloré rose acide. Partout les gens dansent, et fracassent leurs radios. Putain, on va gagner. Tous ces détails maniaques, ces tics inaliénables sont en passe d’être inscrits dans la constitution. On a même vu débarquer Hollande, avec une coupe de tifs modèle Brian Jones 1967 (arrêtez de rire, c'est sérieux). Il est huit heures du matin, les flics lèvent le camp. Seul maître de ma destinée, je lance Create A Smile (1995). Peut être le plus psyché du lot, avec des risques insensés pour quelque chose qui fuit la rentabilité à ce point. Je sais pas, moi, écoutez Sunflower Sweet tiens. Un long instrumental tirant sur le flamenco (??). Avec des contre-chants d'accordéon (!!). Allez savoir pourquoi, non seulement ça tient debout, mais c'est magnifique. Et absolument pas hors sujet. Voilà, Marie Curie a du ressentir la même chose, en cet instant. Une immense avancée pour l'humanité. La certitude d'avoir contribué à la marche du monde. C'est le moment de se détendre. J'éviterais SOIGNEUSEMENT d'ajouter que Essence Of The Sky est un pompage de Beck's Bolero, on va de nouveau rentrer dans les vieilles polémiques.

LIEN : Inner Spaceman

Qui conduiront les plus futés à reconnaître (damned) ici et là des bouts de Space Oddity. Donc, vous écoutez, vous prenez votre pied, et on en reste là. Oh, je pourrais parler d'Uncle Brain aussi. Dans le même genre « exploration temporelle ». Mais à chaque jour suffit sa révolution. D'autant que ces allemands (et leur album de 2001) ont abordé un genre encore plus casse gueule que le revival garage. Recréer une certaine école « progressive » typiquement anglaise. Avec de l'orgue Hammond à gogo, de la flûte, de longs solos, bref ils ont passé leur vie dans un congélateur. Et, pour survivre, UNIQUEMENT des disques de Soft Machine, de Nucleus et de Matching Mole. Du coup, avec cette façon de prendre TOUT LEUR TEMPS pour ouvrir le magasin, ils passent pas inaperçus dans la rue. Je vois quelques courageux qui suivent encore. Fascinés par cette section rythmique mobile comme du Hopper/Wyatt de la meilleure cuvée. C'est prenant, très beau, et totalement déphasé/déphasant. On voudrait presque remercier des types pareils. Ils ont pas dû faire un rond, retourner bosser à peine le disque sorti, mais au moins leur fantasme s'est réalisé. Jamais entendu une meilleure approximation de Hot Rats que It Works ! It Breathes ! It Lives !. Objet à manipuler avec précaution. Strictement interdit aux moins de 40 balais. Ou alors avec une sérieuse dérogation médicale. Rendez vous compte, des duels guitare wha wha/clavier, tout le monde qui s'écoute, se respecte. Pas un pour chercher à passer devant. On termine sur un petit thème acoustique, et il monte une brusque envie de ressortir les Moving Gelatine Plates du placard. Comme l'album d'Uncle Brain est un beau collector, je range ma copie… qui me l'a piqué ? Quelqu'un qui avait les clés de la rédaction, en tout cas. Lou, viens ici !! Bon, il a du se planquer dans le placard à balais. Mais (vous me connaissez) j'ai de quoi le faire sortir. Et puis, je suis aussi là pour ça, être hyper pointu. Et lancer les lecteurs (affamés) à l'assaut de skeuds impossibles.

LIEN : Surrender The Times And Distances Inside The Body Of Your Mind / Time Bandits

Par exemple Cherokee Mist (des anglais) qui ont commis deux albums cradingues, lourds et pas civilisés. Prenez Gathering Of The Tribes (1994) ou Anthem Of The Moon (1997) et les références s’enchaînent toutes seules. Quicksilver (si, si) dans ses meilleurs moments, d'abord. Cette effrayante capacité à vous satelliser une audience. A faire que la musique soit la seule extension possible de tout ce qui ressemble à un cerveau, dans un rayons de dix kilomètres. Sans parler du guitariste (un ex Steamhammer) qui se la donne GRAVE avec un son rouge autant d'acide. D’après ce que j'ai glané, la chanteuse de Wooble Jaggle Jiggle (mais si, vous connaissez) aurait participé (ah bon ?). Et le groupe aurait des connections avec des formations aussi célèbres que les Morticians (excellent) ou Mandragora (connais pas). C'était notre pause culturelle, retour à la fosse à vidange. Tenez (puisque il faut absolument des points de comparaisons) on va dire Rock And Roll Animal. Mais version routiers en sueur. La horde sauvage, et le vocaliste tout juste autorisé à s'approcher du micro, entre deux flaques de distorsion. Allez zou, t'as chanté deux refrains, tu vas jouer aux billes. Nos bons vieux Pink Fairies doivent se retourner dans leur tombe, en entendant ces longs morceaux chaotiques, mal foutus, et bourrés d'échardes. Destination le prochain ampli, avec les DEUX cogneurs (tiens donc) costauds et le bassiste gluant. Bien sur, ils se sentent obligés de nous infliger un marathon de batterie (vieille malédiction) sur des morceaux de vingt minutes. Mais c'est tellement bon de retomber dans leur enfer caractéristique. La chanson est épuisée, se traîne à genoux, refuse de crever, trouve des forces nouvelles… Et fonce s'empaler sur la première hallebarde qui passe. L'album de 1997 est encore moins sociable. D'abord, ils ont jeté le chanteur dans les chiottes. Ma tête à couper que la production (déjà pas vaillante) s'est bornée à une basique égalisation des niveaux. Seules (snobisme absolu) les guitares ont l'air d'avoir reçu un (pas deux) coups de torchon sur le pif. On se croirait dans les premiers Black Sabbath, souvent. Cette frénésie à déverser du plomb partout, et à attendre qu'il soit solide pour taper dedans encore plus fort. Les murs commencent à se fendre (bon signe) et Cherokee Mist joue toujours son rock au vitriol. Avec le culot de ceux qui n'ont rien à perdre (Stackwaddy, Third World War, Morgen). Souvenez vous du premier Blue Cheer, disque géniteur de bien des choses. On parle ici le même langage. Attila ? Petit branleur.

LIEN : Sunspots Over Jupiter

Laurent

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