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Psych : Jason Crest / Acné juvénile

par lou 18 Octobre 2016, 10:57

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien sûr, j'aurais pu trouver quelque chose de plus intéressant. Les obligations de service sont claires, le psyché anglais sous toutes ses formes. Y compris Jason Crest. Se coltiner leur intégrale en guise de digestion, c'est un peu comme faire la sieste après avoir mangé des patates au boudin. On roupille, certes, mais mal. Faut y passer mon gars. Alors bon, un groupe du Kent ayant sorti quelques singles, dans un anonymat quasi total. Même Roy Wood (qui signe un morceau ensoleillé, autant que joyeusement crétin) convoqué un temps à la production, n'a rien pu y changer. L'ensemble de leur œuvre a été compilée (The Collected Work Of Jason Crest) de manière satisfaisante et complète. Et c'est bien là que le bat blesse. Parce que si c'est ça leur douze travaux d'Hercule… Oh il est joli leur petit fond de commerce. La boutique de l'air de son temps. Ni rétrograde, ni novatrice ; pas destinée à durer. Chansons bien décorées, avec tout un tas de froufrous pour faire passer la pilule. Attention, pas l'arrachage de tripes à la wha wha sanglante. Plutôt la frisette sage, juste assez délurée pour sortir tranquille dans la rue. Pas question de choquer. Le thé de cinq heures, ce genre de choses.

Reconnaissons-leur aussi un talent certain pour les belles harmonies. En fermant (beaucoup) les yeux on irait jusqu'à déceler de (très) lointains échos de Pink Floyd. Sensation qui dure un trop bref instant, avant de retomber dans un travers gênant et évident : la niaiserie. La nunucherie. Ce que vous voulez, mais du sucre plein les doigts. Impossible de s'y fier, toujours une fanfreluche de trop, un rideau de mauvais goût dans le salon. Comme si Tomorrow avait renversé le pot de confiture sur la table de mixage. Comme si Kaleidoscope vous passait des mains grasses de miel dans le dos. Je reste tout de même perplexe, puisque Mc Cartney (exemple au hasard) me semble avoir toujours donné dans ce registre. Sous les crises d'hystérie et les bravos. Alors pourquoi Paulo et pas Jason Crest ? Le rock serait-il un grande garce, ne prêtant qu'aux riches. Et la compilation, on l’achète ou pas ? Si c'est pour s'infuser une bouse comme Waterloo Road (adaptée en français par Joe «strabisme» Dassin) la réponse est NON. Pitié, pas ce cauchemar puant, sorti tout droit de la télé de mon enfance. Pas cette mélodie aussi nulle que fièrement conquérante. Ce riff de clarinette idiot. Conçu pour moissonner les foules, dans un unisson vomitif généralisé. Ce refrain pour mongolien grave. M'autorisant aujourd'hui à faire payer Jason Crest, pour tant d'infamie, au nom de mes cinq ans brutalisés. Non mais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai la rancune tenace. D'un autre coté, il y a un bel essai (pas deux) sur ce disque. Une parodie d'Arthur Brown, mais on imagine que dans leur cas c’est un summum. Black Mass restera leur classique, quatre minutes quarante huit pour se défouler. Intro menaçante, jolie ponctuation de guitare, avec un curieux effet de bandes à l'envers (trop systématique). Le chanteur nous la joue torturé/suraigu, sans tomber dans l'énervant. L'orgue en rajoute dans le funeste, pour introduire les chœurs en chants grégoriens. Dommage que tout le plan surineur alors attendu ne soit qu'un rabâchage du riff. Fallait épicer le potage au triple tabasco. Pas garder ce côté coincé, qui se demande toujours si on va lui pardonner d'aller trop loin. Un peu mieux exploitée ou aventureuse, la chanson pouvait devenir marquante. Tel quelle, elle est simplement le dessus d'un panier pas vraiment relevé. Écoutez-vous un petit Attack pour faire la différence.

Laurent

LIEN : Black Mass

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