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Psych - Nick Riff / Bien perché, c'est mieux.

par lou 17 Janvier 2017, 11:15

Il se passe toujours quelque chose chez Fuzzine. Ce coup ci, on vous a dégotté Nick Riff (joli pseudonyme). Et si vous n'appréciez pas sa pop psychédélique, simple et sans prétention, vous pourrez toujours vous régaler de ses propos, disons, allumés, qui résonnent avec une acuité étrange, dans un monde devenu totalement cintré. Quelqu'un se dévoue pour lui expliquer que venir jouer en France, c'est louable, mais que vu le prix de la viande (nous sommes un pays socialiste) les places ont intérêt à être bon marché.

 

Laurent : Présentation à nos lecteurs. Comment êtes vous venu à la musique ?

Nick Riff : Coucous bande d'humains. Mon père enseignait la musique dans un collège. Il possédait une une grosse collection de 78 tours des années 30/40. La maison était donc toujours dans le bain. Mon voyage a commencé en voyant les Beatles au Ed Sullivan Show, j'ai attrapé une étincelle, alors que j'étais encore gamin. Je jouais de la batterie dans un groupe d'écoliers, et plus tard du cornet. J'ai eu ma première guitare au lycée, et j'ai foncé sans me retourner.

L : Dernier disque acheté. Qu'est ce qui passe dans vos oreilles en ce moment ?

NR : Pas moyen de me souvenir du dernier disque que j'ai acheté. Ma collection n'est pas si vaste, je mets mon argent dans mes enregistrements. J'aime beaucoup la musique du label Sulatron, les Black Angels, Acid Mother Temple, T Rex, Hawkwind, Jerry Lee Lewis, les Stooges, Hendrix. La vraie musique, le rock des musiciens sincères.

L : On vous colle l'étiquette de musicien psychédélique, et vous vous intéressez à l'astronomie. Il y a un rapport entre les deux ?

NR : Je ne suis pas tant ça dans la partie scientifique de l'astronomie. En fait, j'aime regarder les étoiles avec 15 ou 20 paires de jumelles, très puissantes, sur un trépied. Et parfois on se perd dans l'espace, le temps se distord. C'est intérieur, avec beaucoup de qualités méditatives, parfois au delà de la compréhension. Ajoutez beaucoup de fumée magique, et la boucle est bouclée. Je tente de recréer ce genre d’expérience, dans le paysage sonore de ma musique. Le rock puissant peut y arriver, juste à ajouter les sons et les effets, et à mixer.

L : Je connais seulement deux de vos disques (Freak Element/From The Heart Of Oblvion). Seriez vous d'accord pour admettre qu'ils sonnent comme un homme orchestre, faisant de son mieux avec un budget minimal. Sont-ils un bon reflet de ce que vous essayez de faire ?

NR : Ils sont de 1991 et 1989 respectivement. Sortis en Angleterre, sur le label Delerium. J'ai aussi fait un disque en 1995 chez eux (Cloak Of Immortality) ressortis sur Cherry Red. Ils sont mon reflet à l'époque, ce qui est le cas pour chacun de mes disques. Mon groupe de power pop, The Attitude, s'était provisoirement dissous, j'ai donc démarré en solo, par nécessité, pour écrire et jouer ma musique. Et développé un petit studio, ce qui réduit les frais d'enregistrement, et donne du temps pour exprimer ses idées.

L : Diriez vous que vous êtes un musicien underground, ou un marginal (au bon sens du terme) qui s'assoit sur les règles, pour prouver qu'on peut vivre sans les grosses boîtes.

NR : J'ai tenté le chemin normal, sans jamais avoir de soutien du business. Personne ne savait comment me présenter. Trop bizarre pour le grand public, trop banal pour les allumés. Je pense que c'est parfait pour n'importe qui, avec le bon état d'esprit. Du rock psyché dur, ou de l'acoustique mélancolique avec un contexte cosmique. C'est ce que j'aime quand je suis défoncé. À ce moment du voyage, aucune pensée ni énergie gaspillée dans le concept d'une grande major.

L : Vous prenez beaucoup de temps entre chaque enregistrement. Vous vivez de votre musique et faites des concerts ?

NR : J'ai constamment enregistré. La liste complète est sur mon site (http://nickriff.com/). En 2005, Riffidisc a été lancé, sous la forme d'une série de cinq CD, jusqu'à 2012. Ils sont distribués en Hollande, par Clearspot. J'ai fait un break, et suis retourné à l'astronomie pendant un an, en enregistrant de la musique spatiale, au synthétiseur, pour accompagner mes vues télescopiques. Attitude est en studio pour un nouveau disque, après le premier CD. J'ai aussi terminé un album de Nick Riff (The Higher The Better). Basiquement, c'est du rock lourd, mais il y a des passages ou les particules cosmiques se carambolent. J'aime la scène, mais sur une base régulière c'est aussi improbable que l'alignement des planètes. Et je vais peut être m'entourer d'un groupe dans le futur.

L : Pensez vous que le net est un élément majeur pour découvrir de nouveaux sons. Que pensez vous du téléchargement, et des gens qu'on met en cabane pour ça ?

NR : Le génie est sorti de la bouteille. La reconnaissance ne fera pas guère plus que de me payer un coup à boire. Lars (1) avait raison. D'un autre coté, plus de gens m'écoutent. Mais ma position reste stable. Je ne suis pas au courant des problèmes avec la justice (il se fout de nous ou quoi ? NDLR). Je donne des téléchargements gratuits sur mon site, mais c'est un remerciement pour la visite.

L : Autant que je sache, seuls deux de vos disques sont sortis en vinyle. Vous êtes un maniaque de la cire ? Parlez nous de votre collection.

NR : J'aime le son analogique, qui semble plus organique et correct. Ma collection n'est pas la caverne des merveilles. J'ai toujours les disques de ma jeunesse, sur les labels originaux. Je survis grâce aux disques de mes amis, un vaste voyage à travers le temps et l'espace. J'ai sorti deux singles sur un label de Cleveland (Sonic Swirl) en 1994/96. Le second était joué par le groupe de Freak Element,  le premier était en vinyle bleu, et j'ai tout fait dessus. De temps en temps, vous apercevrez le EP 5titres de The Attidue,  Time Stands Still (1986). Il y a donc à trouver.

L : Prochaine étape ? Un message à délivrer ?

NR : La prochaine étape est là (The Higher The Better). Un message ? Je ne suis pas Edgar Casey (2) ou Nostradamus, j'essaie de ne pas rester passif. Le destin est en marche, et se manifeste dans une myriade de façons. Restez humains, faites de votre mieux. Om Mani Padme Om (3). Il y a des rêves de régression totale, le message pourrait être anéanti.

L : Que savez vous de la France ?

NR : Vous avez des grottes préhistoriques, et des ressources infinies. Une terre magique d'un autre temps (et Manuel Vals, aussi. NDLR). Le vin et les bas noirs. Jim repose chez vous. Les Rolling Stones ont enregistré chez vous, vous avez accueilli Gong. Lancé un satellite. Donné une grosse statue aux USA. Le magazine Abus Dangereux. Une tour en métal. Marc Bolan était apprenti chez vous. Trop de guerre, mais a serré les dents. Je ne suis jamais venu, mais j'aimerais jouer chez vous. Beaucoup d'autres choses, heureuses et tristes. Je n'aime pas vos gâteaux. Conservez le secret des arts et des trésors anciens, protégez les océans et la planète. Donc, je sais tout et rien.

L : Votre ile déserte.

NR : Une femme dont la beauté irradie. Son amour et sa compassion dans ses moindres gestes. Un mariage télépathique, un lien éternel. Une fille du soleil, avec les montagnes. Son nom, Harmonie Lunaire. Tout ce qui est accessible, tout ce qui apparaîtra. Alors, je pourrai répondre. Un disque que j'ai dans la tête, et qui pourrait durer toujours. Un livre où les êtres créent une forme vivante, et en garnissent une planète. Plus tard, ils ont totalement surchargé la planète, et doivent être repris en main, pour restaurer l'équilibre. Il y a des géants, des groupes de magiciens, des ascenseurs pour les temps paradisiaques, des batailles épiques, une explosion atomique, un sacrifice, et une réalité parallèle. Un souhait est toujours imparfait, du fait de sa nature onirique. Néanmoins, j'aimerais le garder au frais, au cas où j'aurais tout perdu.

Propos receuilli par Laurent

(1). Lars Urich, batteur de Metallica. Nanti d'un melon énorme, le garçon fut (historiquement) le premier à s'élever contre le téléchargement gratuit. Ayant la peau de Napster, dans un internet encore balbutiant. Personnage détestable.

 

(2) Médium américain, dont les prévisions étaient, paraît-il, surprenantes.

 

(3)http://doc.centreguephel.org/explication_ommanipemehoung.html

 

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