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Rencontre avec Marissa Nadler

par lou 28 Août 2009, 23:12



Après la rigueur de trois  superbes disques acoustiques, Marissa Nadler met le paquet, et tente un exercice difficile. Ou comment négocier un virage radical, sans perdre sa forte identité ni se renier. Autant dire que les vieux fans vont souffrir, et devoir s’accrocher pour extraire la substance de ce  Little Hells. Un exercice comme  Mary Comes Alive  (sonorités froides et ingrates, relent de beat techno) n’aura rien pour les attirer d’entrée. Point vraiment faible d’un album qui cherche, trouve souvent, mais demande beaucoup d’attention. Spécialité maison, les complaintes douloureuses roulent maintenant sur des claviers, en balisant un champ très large pour l’avenir. Des petits bijoux comme  Rosary  ou River Of Dirt  brillent fortement, dans un album riche. Où le spleen nocturne prend des couleurs troublantes, porté par cette voix si spéciale. Et par ces textures qui autorisent les textes à envisager des résonances inédites. Bien que le meilleur se trouve dans les arrangements les plus simple, à mon humble avis. Collection de chansons pour humeurs blessées et  hésitantes, ce nouveau disque est construit en trompe l’œil. Jamais en trompe l’âme.  Marissa m’a accordé une interview, merci à elle.

 

 

Laurent : Présentation. Comment êtes vous venue  à la musique ?

 

Marissa Nadler : Je viens d’une petite ville, prés de Boston. J’ai découvert la musique à travers mes parents hippies, et mon frère qui était dans un groupe au lycée. A 14 ans, j’ai appris la guitare, et commencé à écrire des chansons.

 

L : Premiers et derniers disques achetés, musiciens favoris.

 

MN: Throwing Muses, Kristin Hersh, Mazzy Star, Joni Mitchell, Leonard Cohen, les Smiths, les Cure, le Velvet Underground, je pourrais continuer à l’infini. Le dernier CD acheté était Alena Diane, The Pirate Gospel.

 

L : Comment écrivez vous vos chansons, les paroles d’abord ?

 

MN Les mots, les mélodies, la partie de guitare, tout vient en même temps. Ca sort de moi, parfois comme  un fantôme qui prendrait possession de mon corps.

 

L : Vous avez repris des chansons de Leonard Cohen, Neil Young, adapté Edgar Poe et Pablo Neruda. Il y a-t-il  un artiste à qui vous aimeriez dédier un album entier.

 

MN : Actuellement, Kate Bush. Car elle a enregistré et produit tous ses disques pratiquement toute seule. C’est un bon modèle pour les  femmes.

 

L : Vous n’êtes pas seulement musicienne. Parlez nous de vos activités de peintre et de sculpteur.

 

MN : Je pratique la sculpture sur bois, la peinture sur cire, et je couds des oreillers pornographiques. J’ai fait six ans de Beaux Arts, qui ont changé ma façon de voir le monde et d’écrire des paroles.

 

L : Quelques mots sur le dernier album.

 

MN : Je pense qu’il représente assez bien la solitude que je traversais à ce moment là.

 

L : Que connaissez vous de la France. Vous avez déjà joué ici je crois. Un artiste local à retenir comme influence ?

 

MN : Je ne connais pas grand-chose de la France, excepté que la culture y est belle.  J’ai joué là-bas, sans voir grand-chose, à part des boîtes de nuit.  J’adore Edith Piaf, elle avait tant de douleur dans sa voix et dans l’histoire de sa vie. Je pense que je m’identifie à des gens qui sont étroitement liés à la tragédie. J’ai vu le film, c’était superbe, formidablement joué. J’aimerais reprendre du Piaf, mais je ne parle pas français, et j’essaye de l’apprendre.

 

L : Le folk se porte toujours bien. Qu’est ce qui attire les jeunes gens vers une musique aussi ancienne, alors que le rock est moribond ?

 

MN : Je pense que le folk est si pur qu’il plait aux gens. C’est brut, émotionnel, et va

directement au cœur. Les gens ont besoin d’être émus, dans cette société glaciale.

 

L : Que pensez vous du téléchargement illégal ?


MN : J’y suis totalement opposé. Le pire préjudice est pour les jeunes artistes, qui ne peuvent pas payer leurs charges, comme moi. Aucune excuse. En plus c’est insultant pour des gens qui donnent tant de leur vie et de leur équilibre, pour tenter de vivre de leur musique. Mes disques ont été concernés, ce qui m’a rendu furieuse.

Propos receuillis par Laurent Meunier.


LIEN : Myspace
 

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