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Belfast Gypsies

par lou 17 Septembre 2009, 15:53



Punk de ton époque tu seras.  Et un râteau tu te prendras.

 

Généalogie un peu hasardeuse du rock anglais. Musiciens errants, crachant une pépite sans même y penser. Et repartant voir ailleurs. Pour créer, créer encore.  Semer des graines pour le futur, en gros. Durer à peine un an. Et éviter de céder à la tentation lysergique.

 

Nés sous le signe des affreux, des in-montrables, les Belfast Gypsies ne pouvaient guère compter que sur eux-mêmes. Émanation d’un groupe déjà rempli de teigne et de morgue, ils en seraient une sorte de Stooges. Version démultipliée et possédée de l’original.  Conduite suicidaire. Celle qui fait les légendes en béton, et les collectors hors de prix. 

 

Les frères Mc Auley, plaquant les Them et la dictature de Van Morrison, pour tomber dans les redoutables mains de Kim Fowley. Et partir enregistrer un album uniquement sorti en Suède. Condamnées pour délit de moue arrogante, les pochettes rendent leur justice.  Deux EP’s français, des tronches sinistres. Regardez-moi ces gueules méprisantes.

 

En 1966, tout ceci était déjà bien anecdotique, d’un âge révolu. Manquaient les jolies fleurs, et le patchouli. Alors que Jackie Mc Auley imitait Van Morrison comme personne. Et que ce R'n'b distributeur de coups de pied au cul, brûlait du feu qui manquait provisoirement aux Rolling Stones.

 

On imagine bien mal une surboum dynamitée par ce Boom Boom à la sauce garage.

Squelettique et blême de rage. Qu’on dirait éructé par Little Richard. Autant que pianoté par Alan Price.

 

Ou Aria Of The Fallen Angels, sépulcrale ballade gothique. Taillée dans un bronze ou même Whiter  Shade Of Pale se sentirait boutonneux.  Vous voulez emballer là-dessus ? Pas un gramme de sucre pour adoucir l’atmosphère. Le poids d’un ciel d’orage qui roule, et se garde bien d’éclater. Juste pour user les nerfs.

Les Belfast Gypsies en ricanent dans leur tombe anonyme. Au  carré des indigents, même pas celui des morts au combat.

 

 Au moins ne reposeront-ils jamais en paix. Fantômes secouant leurs chaînes, juste pour empêcher la conscience collective d’ignorer ces anthologies très bien faites. Où l’exhaustivité est devenue la norme. Ultime rouerie d’un business qui retombe toujours sur ses pieds, en nous vendant cette pitance premier choix.

 

Avec le venin toujours intact. Que même le mixage numérique a renoncé à stériliser vu l’épaisseur du cuir protecteur.

Les sauvages sauvés par un académisme, qui leur rapportera peut-être une poignée de haricots. Quelle époque formidable.

Laurent.

LIEN : http://www.myspace.com/thebelfastgypsies

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