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Antonin Artaud - Le cancer vient de la folie réprimée.

par lou 25 Mai 2010, 18:17

http://schabrieres.files.wordpress.com/2009/08/antonin-artaud.jpg 

 

 

 

Antonin Artaud  

 

 

 

 

Le cancer vient de la folie réprimée

« Le génie, ça démarre tôt/mais parfois ça rend marteau/J’veux parler bien sur d’Antonin Artaud ».

 


Merci donc à Serge Gainsbourg pour sa citation. En plus de me fournir une superbe intro, il résume parfaitement le dilemme. Toute sa vie (1896/1948), Artaud a louvoyé entre ces deux pôles d’excellences. Trop cintré pour profiter de son génie. Mais aussi trop clairvoyant pour renier totalement la prédestination à être maboule. 

 

Fascinant visionnaire, très tôt porté sur les médias d’avant-garde de son époque (le cinéma et le théâtre) son écriture était physique, autant qu’authentiquement psychique. Capable de faire cracher les mots comme une pédale wha wha, il a traduit comme personne la longue descente aux enfers de la conscience qui s’égare. Grand utilisateur des dopes les plus secouantes, laissant derrière lui (sans peine) tout le mouvement surréaliste, il finira par se brouiller avec André Breton (un de plus) pour suivre son propre chemin de croix.

 

Jusqu’au Mexique, où il sera initié par une tribu d’Indiens aux champignons magiques. Au terme d’un voyage épuisant. En retour, il balancera un manifeste vitriolique, pour dénoncer la misérable condition de ses hôtes.  Et prévoira, sans se tromper d’un micron, toute la démesure du divertissement moderne. http://www.decitre.fr/gi/98/9782070300198FS.gif

 

Si la littérature française du vingtième siècle a tremblé un jour, c’est bien sous les coups de marteau d’Antonin Artaud. Occupé à casser la jolie vitrine. Pour révéler la laideur de la vie. Son visage hideux, sous un masque de respectabilité toute petite-bourgeoise. Attention, entre les lambeaux de chair, et le sang qui coule, la souffrance est longue.

 

Interné pendant toute l’occupation (les terrifiants « Cahiers de Rodez ») et ressorti plus givré que l’Himalaya, il est mort après une dernière défonce mal maîtrisée.

 

Nous reste une des œuvres les plus coupantes qui soient. Jungle de mots, ou jaillissent autant ombre que lumière. À coups de pont-levis dans les dents souvent. Jamais pour rien, jamais gratuitement. J’ai pratiqué l’homme en pleine dépression nerveuse. Croyez-moi, les effets secondaires sur l’inconscient sont ravageurs. Les syllabes en bouillie, la sémantique culbutée comme une gueuse, au bordel de la grammaire. Et le souffle qui passera alors, fussiez vous réceptif, vous tatouera l’intérieur avec entrain.  La liberté intellectuelle a un prix.

 

Bibliographie sélective :

 

Les Tarahumaras.

Messages révolutionnaires.

L’Ombilic des limbes.

Van Gogh, le suicidé de la société.

Le Théâtre et son double.

50 dessins pour assassiner la magie.


Laurent.

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