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Blues Rock : Cactus - Ultra Sonic Boogie

par lou 25 Juillet 2011, 15:46

BLUES ROCK

 

Cactus - Ultra Sonic Boogie

 

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Avec toutes ces modes qui se mordent joyeusement entre elles, personne n'a encore décidé d'un hard rock revival. Le genre est mort, crevé dans le vomi de John Bonham. Remplacé par le heavy métal, ridiculement rasoir et décliné à toutes les sauces. Sponsorisé par les marchands de guitare, aussi. Personne n'ayant l'envie (et surtout pas les capacités) de jouer du boogie blues, sans frime, chaleureux et suant sous les bras. Let the good time roll. Associer la puissance de feu de Motorhead (qui a bien maitrisé le genre un bref instant, avant de virer pilotage automatique vers nul part) à la technique de Led Zep et au volume sonore des Who. Avec en rab les pyrotechnies d'Hendrix, matinées des racines blues de l'Allman Brothers Band.  Sans qu'un seul instant le fantôme de Grand Funk n'ait envie de pointer son nez morveux. Rêve un peu fou, que certains (Alamo, Sird Lord Baltimore, Swampgas) matérialisèrent de façon fragmentaire, au long d'albums devenus des bornes. Sur la longue route du paradis électrique.

 

Parmi tous ces candidats, un seul avait su synthétiser les éléments plus hauts évoqués. Et tenir plus d'un disque sans exploser (cf Detroit et sa triste histoire). Cactus était son nom. Sans grand succès commercial, mais capable à l'occasion de produire la galette parfaite (Restrictions, le magnifique). Ces gens-là avaient tout pour eux, pourtant. La monstrueuse rythmique Bogert/Appice, que Jeff Beck en personne s'est avéré incapable de maitriser. Le chanteur burné ensuite. Rusty Day était un impeccable mélange de Robert Plant (sans les fanfreluches vocales énervantes) et d'Howlin Wolf. Ingérable aussi. Trop porté sur la poudre. Sa fin tragique, dans un deal de coke foireux, passa totalement inaperçu. Dans une époque (1982) que dominaient déjà les faiseurs et autres experts en contrefaçons. Restait le guitariste. Jim Mc Carty avait fait ses classes chez Mitch Ryder et Buddy Miles. Moulinant ses six cordes sans complexes, le garçon cartonnait autant qu'un Billy Gibbons. On notera (puisque on n’est pas à un paradoxe près) que ZZ Top a cassé la baraque le jour où il a accepté le cirque promotionnel. Look surfait, clips vidéos putassiers (des blondes et des bagnoles à gogo) la musique n'était plus que l'accessoire sympa. Au fond à droite, juste à côté du stand de T Shirts. 

 

Bonne nouvelle donc, pour les plus de quarante ans, élevés aux produits les plus sains (et pour les autres aussi) un nouveau live du vrai Cactus arrive. Non il est déjà là. En train de se garer sur le parking, juste à côté des inédits de Rory Gallagher. Quel mois fastueux. J'ai bien dit le vrai Cactus. Pas le reformatage à l'eau tiède d'il y a quelques années. Avec le chanteur court sur pattes, et la tronche de Jackie Berroyer. Non non. Ultra Sonic Boogie a été capturé  en 1971, pour une radio de New York, devant cent pèlerins. Le son est un poil (de barbe) moins bon que sur les très onéreux (et luxueux) live de chez Rhino, mais la performance éblouissante. Boogie dynamite au kilo, blues crémeux à la citerne, que voulez-vous de plus ? 

 

Monstrueuse pulsion rythmique, imparable diesel qui avale le bitume, et laisse du pneu sur la route. On roule l'autoradio à fond, et la vitre ouverte, quoi. La vie est brièvement moins merdeuse, Cactus tape dans les enceintes. Pas de littérature, ces gens n'étaient pas portés sur Spinoza ou Artaud (cf le très parlant Big Mama Boogie). D'autres feront mieux (ou bien pire) dans un registre plus intello/enculeur de mouches à bières. Ce petit CD sans prétention, bien court, hélas, passe comme un ange de cuir, de jeans, et de rock éternel, dans le soleil couchant. Beau et tout en muscles. Venez prendre des pains de qualité dans la tronche.

 

Laurent.

 

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