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Blues Rock / Johnny Winter - Le Retour Du Grand Blond

par lou 22 Février 2012, 09:41

BLUES ROCK

 

http://myrebirth.fr/files/johnny-winter-460x345.jpgJOHNNY WINTER

 

 

Le Retour du Grand Blond

http://3.bp.blogspot.com/_9qGE3OfMNkQ/S8E480bAWVI/AAAAAAAACNI/JcGHZJBBA_4/s1600/51APEP6l4tL._SL500_AA300_.jpgJoie et bonheur, Johnny Winter a une triple actualité. Les dernières photos d'un quasi squelette, les rapports alarmants sur la santé défaillante, ne rassuraient pas vraiment les amis du blues rock sous amphétamines. Le front médical n'a aucune bonne nouvelle à apporter, par contre du coté des sorties c'est Noël avant l'heure. La réouverture du rayon produits frais a sonné, avec du premier choix. Le flot d'album live de ces dernières années n'as pas, et de loin, fait pâlir l'étoile des deux albums en public des années 70. Et si Captured Live n'a pas souffert de son transfert sur CD, il va tout autrement du And Live. L'effrayante énergie, autant que le haut niveau technique, ayant été (comme souvent) trahis, il manquait une pièce dans le puzzle. L'heureux élu se nomme Live At Filmore East, et date du 3 Octobre 1970, époque bénie où l'albinos ravageait les scènes de son pays, avant de venir électrocuter l'Europe. Pas sûr que la galette plaise à la nouvelle génération, entre nous. Tant les acrobates à trente mains ont transformé les règles du jeu, conjuguant vitesse et technique, avec un manque de goût effrayant. Un disque (appellation quasi obsolète) pour initiés, donc. Enorme blues rock, se vautrant dans l'électricité comme un cachalot dans son vomi. Débat arbitré, tenu en laisse, par une rythmique de plomb. Et les deux guitares qui se fritent encore et toujours. Vous croyez que Rick Derringer va mettre un genou à terre ? Faire la carpette pour plaire à son patron ? Comptez-y. Tout en repassant ce It's My Own Fault de vingt-deux minutes. Les deux furieux s'empoignent à la gorge, se bourrent de coups vicieux, mais refusent de lâcher quoi que ce soit. Ils finissent en sang, mais Johnny a déjà rechargé, et déboule sa tournée de bottleneck sur Highway 61.  Ce n’est pas la journée des lambins au village, les flingues fument encore que Mean Town Blues (dix-huit minutes) enchaine sans mollir. Rabotage, passage à la  calibreuse, vous êtes toujours là ?

 

http://cdn3.iofferphoto.com/img/item/955/719/47/o_l62GK7WEREQ0B9R.jpgTout ceci n'est plus qu'un gigantesque charnier d'écharnage, la prise du pouvoir par les tessons de bouteille. Qui volent et volent encore. Le blues a pris racine sur scène, et il botte le cul des esclavagistes. Ce coup-ci, les deux oiseaux se font la courte échelle, tu tapes là et moi je cogne ici. Crabotage et labourage de gueule sont les deux mamelles de la sono, Saint Muddy Waters priez pour eux. En guise de conclusion, Rollin And Tumblin est le morceau faible du lot. Un peu trop bancal pour s'imposer complétement. Ajoutons que le son est une perfection, pour qui aime écouter aussi la section rythmique. Un petit saut dans le temps (vive l'invention du DVD) et nous voilà à Essen, les 21 et 22 avril 1979. Johnny a alors 35 ans, et pas mal de choses derrière lui. A voir la quantité (et la qualité) hallucinante de choses que les archives du Rockpalast contiennent, de douloureux souvenirs d'adolescence ressurgissent. Notre génération (les quarante ans et plus) a jamais martyrisé par la télé française d'alors. Et les traumas de jeunesse, Johnny Winter connait.  Alors le voici en trio, tentant de faire comprendre (en vain) à une audience qu'avant le rock était le blues. Il concédera uniquement, et visiblement à regret, Johnny Be Good et Jumpin Jack Flash, et pour le reste le monarque c'est lui. Entamant d'ailleurs les débats avec le Hideaway de Freddie King. Si c'est pas un manifeste en soi, je me fais curé. Impressionnant de voir exister cette grande tringle maladroite, qui extrait le feu du ciel de sa Gibson. On reste pétrifié par sa facilité, même si une tendance au pilotage automatique se glisse parfois dans le débat. Le batteur et  le bassiste sont en béton. Tant qu'ils restent à leur place. Concédez un solo au premier, le voilà transformé en clown de service. Donnez une guitare au second, et il mouline des clichés à l’infini. Trois morceaux gâchés donc. L’intermède comique (car il y a) est assuré par Patti Smith, présente au premier rang. Deux fois elle monte sur scène, et vient resquiller une place dans les projecteurs. Johnny l'ignore, et le public préfère les âneries du batteur à cette joueuse de clarinette. Le tout est de savoir ce que vous attendez d'un concert de 32 ans d’âge du bonhomme Johnny. J'ai bien triple actualité. Car nouvel album studio il y a. Le premier depuis 7 ans.

Roots sera donc le classique album de reprises. Exercice qui a si souvent vu notre homme briller. Quand il aurait retourné des montagnes d'un coup de médiator. Alors un disque hyper pro (pas franchement une jam punk) avec un tas d'invités compétents. En vrac Sony Landreth (pointure de la slide guitare) Warren Haynes (Allman Brothers/Gvt Mule) petit frère Edgar, la chanteuse Susan Tedeschi, Derek Trucks, et d'autres inconnus de moi.Etonnant est le choix du producteur. Paul Nelson a frayé avec pas mal de stars du heavy metal, ce qui explique peut être que le disque sorte sur Megaforce Records. En tout cas, Johnny n'a pas été enfermé dans un carcan de saturation. Le son est clair, chacun reste à sa place, sans tirer la couverture, ni marcher sur les bottes du patron. Lequel prend le premier solo avec une diabolique précision, et s'efface (de trop) pour laisser la parole à un autre. Disque lunaire, dévoué à une seule musique, qu'on voit mal les vieux fans renier. Chaque écoute amène son lot de découvertes, pour une œuvre plus artisanale que froidement numérique. Le plus surprenant reste la voix, difficile à reconnaître (j'aurais dit Clapton sans hésiter) et il faut attendre quelques intonations caractéristiques (sur Dust My Broom) pour être sur de son fait. Le vieux classique d'Elmore James, a d'ailleurs été étiré au maximum, pour devenir le bijou d'un panier hyper relevé. Souhaitons aux Stones d'avoir le courage de nous tirer une si chouette révérence. Chronique approuvé par le sanglier des Ardennes.

Laurent.

 

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