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Bouquin - Life de Keith Richards

par lou 14 Février 2011, 10:23

Bouquins

 

Life, de Keith Richards

 

Je vois la vie en rock

http://www.97ruedurock.com/wp-content/uploads/2010/04/mick-jagger-keith-richards.png

 

Été 1975. Les Rolling Stones sont en tournée US. Et l'obtention de leurs visas a presque tourné au bras de fer avec le gouvernement américain. Les antécédents pharmaceutiques du groupe, leur réputation d'agitateurs sociaux, font d'eux la cible favorite des flics ricains. Et ce qui doit arriver se déroule à Fordyce (Arkansas) un trou où la police a appris la loi dans Easy Rider. Pour avoir fait gicler quelques graviers devant un restaurant, Keith Richards, Ron Wood, et leurs deux passagers se retrouvent au ballon. Naturellement, leur voiture est bourrée de dope, et ces messieurs trimballent aussi leur came sur eux. C'est le début du énième épisode d'une série bien connue, qui voit l'autorité plier, vaincue sur des points d'interprétation de la loi. Et pour Keith Richards, rien de plus qu'une nouvelle tentative pour l'empêcher de se livrer à ses deux activités favorites, la défonce et la musique.

 

Life, l'autobiographie de Monsieur Rock And Roll, lève un coin du voile sur un personnage bien difficile à cerner. Et à défaut d'avoir l'opinion de Jagger, voici la version de Keith. Oh, c'est pas triste. Il ne fait pas mystère de grand chose, surtout pas de son addiction à la dope. Vous trouverez la dedans plus de détails sur sa technique de guitare à cinq cordes, ses accordages, que de révélations sur Bill Wyman (personnage assez falot, mais capable de grandes choses à l'occasion). Symptomatiquement, chacun reçoit selon ses mérites, pas question de mettre de l'eau dans le bourbon, sous prétexte de conneries commerciales. Que ça saigne, nom de Dieu. Charlie ne démérite pas une seconde, Brian Jones était invivable, Mick Taylor excellent musicien, mais totalement transparent, Ron Wood inconstant, incapable de comprendre quand il faut arrêter les excès... Le plus beau manteau pour l'hiver étant bien sur réservé au meilleur ennemi de Keith, son chanteur, son complice et son défouloir favori. Jagger, cas terminal de grosse tête méprisante, est surtout accusé de vouloir systématiquement modeler la musique des Stones sur ce qui marche. Option que son guitariste raille sans pitié, et prend un soin méticuleux de ridiculiser.

 

http://4.bp.blogspot.com/_DSVfOuuxRS8/TQ5StbYOTDI/AAAAAAAABnY/xac5CWq9Djw/s1600/Keith%2BRichards%2Bbook%2Bcover%2BLife.08-10.jpgTout ceci se lit d'un trait, avec des tonnes d'anecdotes savoureuses. Par exemple, c'est Anita Pallenberg qui a fait le pas décisif, d'une façon que les bonnes mœurs réprouvent. Mais dont les sièges arrières de la Bentley de Keith doivent encore se souvenir. Notre homme a aussi la très bonne idée de laisser les acteurs de son scénario intervenir. La perspective devient alors d'une largeur exceptionnelle. Par exemple, sur l'enfance et l'adolescence terrifiantes de Marlon Richards (fils de son père). Gamin balloté entre un père qui quittait les tribunaux pour courir le monde, et une mère totalement ravagée et hystérique. Au milieu de tant d'agitation, toujours debout (même si souvent en mauvais état) Keith résiste. Et joue son putain de rock and roll, sur sa Telecaster. Le reste vient après. Très belle conclusion, d'un fils jouant de la guitare sur le lit de mort de sa mère. A part ça, ne lui parlez pas des tortues d'eau douce, évitez de le gonfler quand il cuisine, et foutez lui la paix d'une façon générale. Sinon vous risquez de voir le freluquet à grandes oreilles se transformer en incontrôlable paquet de nerfs. Ajoutons qu'un type dont le tableau de chasse aligne Ronnie Spector ET Marianne Faithfull peut mourir tranquille, on lui en pardonne beaucoup.

 

Laurent

 

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