Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Brèves qui Fusent-Chroniques de Disques-Juillet Aout 2010

par lou 27 Juillet 2010, 15:14

Brèves Qui Fusent

 

Chroniques de Disques

Mc Phee – Same (Heavy Prog, Australie, 1972)

http://i3.photobucket.com/albums/y95/pauldoyle/McPhee-McPhee-1970.jpgUne formation culte dans son pays d'origine. Formée en 1970 dans l'hémisphère sud, plus précisément en Australie et composée de musiciens venant de divers horizons, Uk et Nouvelle-Zélande notamment. Un unique album sorti en 1972 sans que le groupe n'ait jamais gravé le moindre single. Grâce à une promotion fantomatique et un pressage à cinq-cents exemplaires, il est considéré comme l'un des opus australiens les plus rares. Un album sur lequel on retrouve beaucoup de reprises. Ainsi à l'ordre du jour, The Wrong Time de Spooky Tooth, Southern Man de Neil Young, I Am The Walrus des Beatles.

Et le célèbre Indian Rope Man de Richie Havens dans un style proche de Brian Auger & Julie Driscoll, leur musique penchant plutôt vers un prog heavy influencé par leurs pairs britanniques. D'ailleurs, le batteur Terry Popple est anglais. La séparation de McPhee interviendra peu de temps après, cet album n'ayant eu que peu de succès, bien entendu. Terry Popple s'en retournera en Angleterre intégrer Snafu, les autres se disperseront en divers combos plus ou moins obscurs. À noter un curieux titre en fin de seconde face, mystifié par une guitare flamboyante et un orgue.

Lien :

Indian Rope Man

Food Brain – Social Gathering (Psyché Prog, Japon, 1970)

http://4.bp.blogspot.com/_l8MVhVXATRM/SW6edha5OpI/AAAAAAAABqA/C0zXu9c9Zq8/s400/food+brain+-+same+f2.jpgFood Brain est un combo japonais, il se compose de musiciens émergeant d'horizons divers, ex ou futur Shinki Shen, Speed, Glue & Shinki, Apryl Fool ou bien encore The Golden Cup pour le bassiste Masayoshi Kabe. Édité sur Polydor (MP 2100) en 1970, "Social Gathering" est le seul album de Food Brain. Grâce à une écriture espiègle et amusante, leur musique décrite comme étant un psyché/prog expérimental, flirte parfois avec le free-jazz quand le saxo s'invite en électron libre. Des titres comme le long "The Hole in a Sausage" (15'06), "Liver Juice Vending Machine" et "Clock", les pièces de résistance de l'ensemble, se parent de leurs plus beaux habits. Un Orgue tourbillonnant et impétueux assorti d'une guitare baratineuse forme un couple bavard, mais idéal et complice, prodigue de notes acides et tourmentées. De justes noces qui font de cet album une œuvre remarquable et d'une intelligence rare.

LIEN :

Live Juice Vending machine

Sveriges Kommuner & Landsting – Kommun 2 (Psych Folk, Suède, 2008)

http://4.bp.blogspot.com/_Mdobvet11vo/TE7gkiERdqI/AAAAAAAAA9M/mkO56VUUU3k/s320/hopkin_mary_postcard~_101b.jpgCollectif suédois de sept musiciens/iennes de formation classique que l'on pourrait imaginer sur la place du marché d'un village médiéval. Mais si leur musique prend ses racines en des temps ancestraux, elle n'en est pas moins d'une modernité espiègle, une modernité pas toujours bien accordée due à l'absence de répétition. Des enregistrements rares, les sessions n'ayant pas été prévues à l'origine pour être distribuées de par la volonté même du groupe. D'où une sortie plus que confidentielle limitée à six exemplaires, la plupart des autres enregistrements ayant été détruits. Il a existé cependant des rééditions elles-mêmes pressées en petite quantité également.

Une expérience musicale ardente, gravée en deux séances de studio sur un matériel sommaire et archaïque, qui déstructure le folklore national suédois. Longues jam-sessions improvisées dans un corps à corps charnel de nappes de Hammond ou de Moog, de mandolines désarticulées fraternisant avec un violon dégingandé. Profusion de percussions, de clarinettes, dialogues féconds entre guitares acoustiques et électriques complices. Un album à l'équilibre parfait. Des noces de Cana où l'eau ne se transformerait pas en vin, mais en canettes de bière attendant sagement dans un coin du studio, en quantité suffisante. A côté des sachets d'herbe. Après tout ne dit-on pas que Jésus-Christ était un hippie.

Lien :

Myspace

 

Sperm – Shh (Psyché, Finlande, 1970)

 

http://3.bp.blogspot.com/_7St4jD20p0o/Rd89e_HWoAI/AAAAAAAACSM/rcrAdgHfgbg/s400/sperm.jpgPeut-être un des groupes les plus originaux que l'on puisse entendre sous les latitudes arctiques. Guitare maltraitée afin d'en extraire toute la matière dissonante et saxo dévertébré à l'unisson en impro free, accompagnés de percussions fluides et indépendantes qui parviennent à maintenir le cap. Un monde aquatique et primitif, un monde en dehors du temps peuplé de personnages et de créatures étranges telles baleines blanches ou capitaines visionnaires. Des musiciens qui ne recherchent nullement la justesse ou à peaufiner de jolies mélodies, mais un extrémisme bourdonnant qui doit plus aux expérimentations bruyantes d'un R.Fripp qu'à un cours de solfège. Même si les trames mélodiques sont lisibles, cet album est une création hybride, fracturée et chaotique, une œuvre en dehors du temps.  Un univers de mythes et de légendes ou de charmantes sirènes sauront vous attirer vers les profondeurs des abysses.

Lien :

Korvapolikliniikaa

 

Annexus Quam – Osmose (Krautrock, Allemagne, Label OHR 1970)

 http://4.bp.blogspot.com/_TtrAN5tGS0s/SKAOQyzO9ZI/AAAAAAAAApc/3VwlidGo5sc/s320/155363.jpgLes gardiens du temple envieux de mener une guerre sainte et de s'embarquer pour une énième croisade s'égareront dans le labyrinthe imaginaire tissé par les musiciens de ce combo allemand, intrépide aux regards perçants qui n'hésita pas à explorer tous les rivages de la musique expérimentale d'outre-Rhin. Certains accosteront sur ceux d'un quatuor anglais qui voulut devenir aussi gros qu'un cochon et qui explosa en pleine lumière, d'autres pousseront la curiosité plus loin sous la canopée pour y entendre les notes bleues de Dave Brubeck. Kraut psychotique, Jazz-Rock, Progressif, Free-jazz. La promiscuité presque fusionnelle du saxo, du piano et de la guitare invente une musique inconnue de notre monde sensoriel. Comme venue d'ailleurs. Palette sonore chamarrée où chacun découvrira matière à une écoute privilégiée sur cet album aventureux, jumeau de ceux d'Amon Duul II et autres cousins germains.

Lien :

Osmose 1

 

 Moby Dick – Same (Heavy Rock, Italie, 1973)

http://www.spirit-of-metal.com/les%20goupes/M/Moby%20Dick%20%28ITA%29/Moby%20Dick/Moby%20Dick.jpgVous savez compter jusqu'à quatre. Parfait. Vous aimez le jeu de guitare de J.Page, la rythmique des frères siamois J.Paul Jones et J.Bonham, le chant de poulet castré de R.Plant. Tant mieux. Led Zep me répondrez-vous. I, II, III, IV, ajouterez-vous la bouche en coeur et l'air satisfait.Très bien. Que nenni, tout faux vous avez ! Le nom du groupe vous aura abusé, nous parlons ici de Moby Dick, quatuor italien fondé en 1968 par Enzo Petrone, bassiste de son état. Un album enregistré dans les studios londoniens d'Olympic en 1973, mais jamais édité officiellement, pratique courante en cette trouble période de création débridée. La gémellité incontestable et la référence estampillée avec le dirigeable n'enlèvent rien à la valeur de l'ouvrage. Un hard rock gouailleur et humble. Des musiciens émérites et un chanteur facétieux, en parfaite synergie avec de robustes compositions façonnées au titane. Réédité en 2001 par Akarma.

 

Kenneth Higney - Attic Demonstration (Glam Punk, US, 1976)

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/b/bd/Khig.jpgEn ce milieu des années soixante-dix règnent sans partage les artistes pachydermes et gros money makers, les seconds couteaux tentent d'accrocher les wagons comme ils peuvent et se partagent les restes. Solitaires au fond de la classe, les bricoleurs se débrouillent de bric et de broc. Kenneth Higney tire dans la dernière catégorie, les sous-fifres et les méprisés. Cet ancien chauffeur routier n'avait nulle autre prétention que de composer des chansons et de les présenter à d'autres artistes plus reconnus. Qui détournèrent l'oreille tant la musique proposée leur donna des frayeurs. Devant tant d'ignorance, Kenneth se résolut à donner  corps lui-même à ses démos, le tout en une seule prise.  Un recueil comparable à un tryptique ... La voix, pastiche inconscient de Neil Young. Les guitares, caustiques et belliqueuses, et mêmes parfois punk, qui colorent l'album de fuzz, ainsi qu'une rythmique réfractaire donnent la sensation que chaque élément fonctionne de manière autonome. À la limite de la discordance et de la cacophonie.  Un album de bastringue, torturé, qui captive l'attention de bout en bout. Bien sûr ce n'est pas une oeuvre majeure, mais honnête et sincère, une oeuvre qui vaut bien une messe. Hormis les deux apartés que sont I Wanna Be King, un genre de glam-punk, et Funky Kinky, disco du Samedi soir bas du front, l'ensemble mérite une écoute bienveillante. Un lp rare, au succès inexistant, qui devrait se négocier au alentour de la centaine de dollars.

Lien :

No Heavy trucking

 

Darondo – Let My People Go (Funk, US, 2006)


http://qod.i.free.fr/photos/darondo.jpgDe son vrai nom William Rolls Royce Pulliam, l'énergumène est originaire de Berkeley. Funk et Soul, son répertoire fut plus tard source d'inspiration pour le gnome violet Roger Nelson alias Prince, qui y a puisé à grandes louches. Les deux chanteurs ont d'ailleurs la même tessiture vocale, suave et lascive. Autodidacte, l'homme est un personnage énigmatique, épicurien, évoluant dans un milieu interlope et au train de vie luxueux, d'où les accusations d'activités délictueuses (le proxénétisme). Accusations que l'intéressé a toujours niées malgré la possession d'un véhicule qui lui donna son sobriquet. Artiste secondaire en ce début des années 70's, ignoré de ses pairs, il était cependant vénéré d'un noyau hardcore de soulsters locaux.  Guitariste précoce après qu'on lui ait offert une guitare à l'âge de huit ans, il n'a jamais accédé au succès que son talent lui permettait d'espérer. Les trois simples enregistrés, dont le premier Hot Legs en 1973, et le peu de ventes qui en découlèrent l'invite à changer radicalement de cap. S'ensuivent de longs voyages parsemés de shows télés au ton décalés et provocateur. En 2006, le label Ubiquity rééditera ses trois simples complétés d'autres titres enregistrés à l'époque.

Lien :

Didn't I

 

The Rose Garden – Same (Folk Rock, US, 1968)

 

 http://3.bp.blogspot.com/_ig0OYC5ePtY/S6nG3NTL03I/AAAAAAAAA0w/QwuELmHTlfI/s1600/RosegardenFsmall.jpgLa Californie côté lumineux. Celle des amateurs de cigarettes qui font rire, de la sunshine pop sucrée et parfois mièvre. Le côté cool et ensoleillé du rêve américain. À l'opposé la face sombre. Celle des paradis artificiels et chimiques, des faux prophètes mythomanes, mais authentiques proxénètes criminels. Comme ce "Charles is man's son" qui brisa les rêves de tant de gamins innocents. The Rose Garden se trouve parmi les gentils, les Yellow Balloon, les Peanut Butter Conspiracy et autres évaporés. Pourtant, cette formation ne s'exprime pas à travers une pop naïve ou sans saveur mais plutôt un folk/rock allègre et sautillant. On s'y délecte de la présence récurrente d'une douze cordes se mariant idéalement à des harmonies vocales brillantes et futées. Si le groupe a su se créer des atmosphères propres, le choix de graver deux titres écrits par Gene Clark ("Till Today" et "Long Time") et de reprendre le "She Belong to Me" de B.Dylan place inéluctablement The Rose Garden sous l'influence des Byrds. La boucle étant bouclée. Un bel album de troubadours à l'univers privilégié, de belles mélodies brodées par des mains d'orfèvres au talent d'écriture certain. Le côté clair en somme.

Sylvain.

commentaires

Haut de page