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Brèves Qui Fusent - Decembre 2010

par lou 13 Décembre 2010, 09:48

Brèves Qui Fusent

 

Décembre 2010

http://3.bp.blogspot.com/_zwURct0f2CM/R4pSYMN-OGI/AAAAAAAAAkE/9D1RkYTkix4/s400/Catherine%2BHowe%2B2.jpgCatherine Howe- What a beautiful place - Uk – 1971

Née dans le Yorkshire en 1950, Catherine Howe est une jeune artiste britannique, pianiste de formation. Elle restera longtemps une chanteuse méconnue et mésestimée, bien trop au regard de son indéniable talent, avant d'accéder bien plus tard à une reconnaissance méritée. Elle
montre le bout de son joli minois afin d'enregistrer son premier effort discographique, What a beautiful place, en 1971. La production est confiée à Bobby Scott, un new-yorkais triphasé et bizzaroïde qui lui donne cette couleur jazzy. Cet album est aujourd'hui reconnu comme un classique du folk anglais, bien qu'il passa complètement inaperçu à l'époque de sa conception. Il sera aussi la dernière production de son label, alors en faillite. Dédain qui lui vaudra d'attendre trois ans avant
de pouvoir à nouveau entrer en studio et graver un second Lp en 1974, Harry. Puis un troisième, Silent mother nature, en 1976. What a beautiful place est un recueil de mélodies à l'innocente
nostalgie, idéal pour une longue ballade en fôret. Un folk aux tonalités modernes, d'une étrange sérénité introspective. Une voix pure et gracieuse, au vibrato plaintif. Des arrangements luxuriants, peut-être trop, mais délicats. Un petit impair sans gravité, un autre étant la brièveté de l'ouvrage, mais est-ce vraiment un défaut ?
La stupéfaction vous saisit à l'idée qu'un tel diamant, à la beauté si obsédante, ait pu rester si longtemps dans l'oubli collectif.

Lien : http://www.youtube.com/watch?v=3ZUNarji1ag


 

Javier Batiz - Coming Home - 1968http://2.bp.blogspot.com/_SOMR7GV8sz0/R2iFslId6JI/AAAAAAAAAjY/uTuriFuRKPE/s320/Javier+Batiz3.jpg

Javier Batiz est né à Tijuana, c'est donc dans les villes frontalières qu'il a connu ses premiers émois musicaux et découvert les sons qui provenaient de l'autre côté, les Etats-Unis, le pays des
gringos. Rock'n'roll is here to stay. Il est considéré par beaucoup comme une influence majeure dans sa patrie, l'initiateur et le père du rock mexicain. Carlos Santana lui paiera longtemps un lourd écot.
Mais il est avant tout un fabuleux guitariste de blues, ainsi qu'un hurleur à la voix puissante . Un de ceux qui jouent et chantent avec leurs tripes et leurs cœurs. Ceux-là mêmes qui ont croisé, un jour sombre, le fantôme de Robert Johnson au milieu de nulle part.
En 1963, ce passionné de rythm'n'blues, amateur de Chuck Berry et de James Brown, enregistre avec l'une de ses premières formations, Javier Batiz and the Famous Finks, un album de reprises variées et
caractéristiques de ses influences américaines.
Sur scène, Javier reprenait pléthore de standards, parmi lesquels The house of the rising sun et Light my fire. La légende veut que lors d'un concert, Jim Morrison fut présent dans le public. Légende ou réalité, cela donne une idée de l'aura de ce musicien au Mexique et bien au-delà de ses limites. Un artiste passionnant, intègre et émouvan par sa sincérité.
Coming home, sort en 1968, c'est un excellent disque de blues hirsute, même si la musique de cet artiste donne toute sa plénitude in vivo.

Lien :http://www.youtube.com/watch?v=AOqOdH3csdQ


http://1.bp.blogspot.com/_fqhRORKDqo0/Swg3fnSMAFI/AAAAAAAACe4/VKmF5oBVUd4/s320/OgAAAOPcWXkqQEoHI_-tSIzsfDhitZWnwczQlDOcwZrjqMeHKGQdRBqD3tlyEcjMhpaVW9Me6YU-LZF-JyTtH-MhfNgAm1T1UKxxih_4gsd_OsMVOdsFAqUobNa6.jpgGolem - Orion Awakes - 1973

Sortie sur un obscur label en 1973, cette pièce maîtresse de la musique cosmique germanique est une joyaux égaré, une case vide. Le chainon manquant, sacrifié aux meilleures formations de Krautrock d'Outre-Rhin. Un festin d'orgue, une foultitude de guitares embrasées. Des magiciens aux
psychismes dévastés, Golem est d'une autre galaxie. La frappe lourde, discrète, et pourtant féconde d'une batterie qui accompagne, plus qu'elle ne s'impose. Une musique étoilée qui éveille les sens et explose tous les codes établis, une musique libre dans sa tête, sans limites. Toute en progression atmosphérique, enrichissante.
Le Lou Reed bestial et belliqueux du début des années 70's s'invitant même sur un titre, The returning, connexion méthano-speedée en prise directe avec le Rock'n'roll Animal. Un album composite, métissé, sur lequel un space rock improvisé abâtardit les premiers émois du Pink Floyd, comme un creuset où le plomb se métamorphose en or.

Lien :http://www.youtube.com/watch?v=gsnS8mfwtJw


The Trip – Time of Change - 1973http://img11.nnm.ru/c/1/7/8/e/c178e1ebbcc08ade32b528e433dc839c_full.jpg

Originellement fondé en terre britannique en 1967, The Trip prépare son baluchon pour émigrer vers des régions aux climats plus doux, l'Italie en l'occurrence. Deux des membres, ne goûtant pas
spécialement le changement, ne firent qu'un aller-retour et s'en furent à la case départ la même année, ne restant que quelques mois.
Une formation évoluant en trio qui joue un progressif de bonne composition dans un mélange de genres, classique, jazz et même baroque. La trame mélodique est axée autour des claviers sur ce qui est leur quatrième et dernier album, sorti sur Trident un petit label de Milan, en 1973.
Composé d'une large palette de styles colorés, de passages paisibles se mêlant à d'autres plus tumultueux, cet opus n'en est pas moins une œuvre cohérente et solidement structurée. La musique progressive suppose, en effet, de l'équilibre et une certaine harmonie. Ce qui n'empêche pas une section rythmique bien présente, incisive. À raison, Time of Change peut être considéré comme une création aboutie, dans laquelle The Trip aura su s'accomplir et trouver un style propre, en dehors des
hommages rendus à Keith Emerson ou Yes.

Lien : http://www.youtube.com/watch?v=qGg6qYngY54

 

http://www.academyannex.com/blog/wp-content/uploads/wpsc/product_images/heit9.jpgStephen David Heitkotter - S/T - 1971

Lp, Ep, pressage privé, acétate, peut-être tout à la fois. Nul ne le sait vraiment. Cinq titres enregistrés peu avant le départ en asile psychiatrique de son supposé leader Steve Heitkotter, pseudo-chanteur et batteur de son état. Ce qui n'a rien d'étonnant puisque, accompagné de deux musiciens dont les noms n'ont pas été gravés dans le marbre, il invente un genre de destroy-folk-blues complètement désagrégé et tourmenté. Disgracieux certes, mais qui possède une certaine majesté et un potentiel de création impressionnant, surtout les parties de guitare, tumultueuses, angoissantes, comme déshumanisées. Un amalgame de notes en désaccord, fiévreuses, dérangeantes, à écouter avec d'infinies précautions si vous ne voulez pas rejoindre leur infortuné auteur, là ou il se trouvait toujours aux dernières nouvelles, en institution de soins spécialisée. Une œuvre maniaco-dépressive qui n'aurait même pas été pressée à dix exemplaires, lesquels uniquement envoyés aux stations de radio à titre promotionnel. Pour une diffusion sur les ondes très confidentielle. Une étrangeté cauchemardesque qui, comme tant d'autres, n'a sûrement pas été conçue dans un studio, mais dans une cave sordide perdue au fin fond d'une triste banlieue paumée.

Lien : http://www.youtube.com/watch?v=CuJ5J6T_rIg

 

Christodoulos Halarishttp://homepage2.nifty.com/aozorakissa/psy8UP/akolouthia4.jpg

Ici, nullement question de folk comme nous l'entendons de coutume, ni d'acid-folk. Non, plutôt la collusion entre les deux, un folk grec ancien modernisé comme a pu le faire I Muvrini avec les chants corses. Par moment, les deux se ressemblent d'ailleurs un peu. On entend parfois un violon crissant dans la veine d'un John Cale, par exemple.
Deux belles voix, l'une féminine, l'autre masculine, cimente un ensemble vraiment mélodique et harmonieux. L'utilisation d'instruments orientaux traditionnels donnent quelquefois un côté angoissant à la musique de C. Halaris. La Grèce est vraiment, ici, la jonction entre les rivages du Bosphore et l'Occident.
Musique des sens et de la sensualité, des odeurs et du toucher. Robes aux larges décolletés. Odeurs de sels marins, senteurs d'épices. Visions blanches de monuments antiques. Les dieux de l'Olympe et Christodoulos Halaris nous invitent à un voyage miraculeux, à l'ombre du Parthénon. Un ouvrage extatique, généreux et beau. Plein de quiétude.

Lien : http://www.youtube.com/watch?v=GO8JJu7YsKw

 

Sylvain

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