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Brèves Qui Fusent : Poobah / The Klubs / Blackfeather

par lou 7 Mars 2013, 09:59

BREVES QUI FUSENT

 

Chroniques de Disques

 


http://2.bp.blogspot.com/-njPFCfY8XbQ/TqMJbDlMlaI/AAAAAAAAAxM/oxO4KBTCP78/s1600/Blackfeather%2B1971.jpgBlackfeather - "At The Mountains Of Madness (1971)

Si le bruit courait que les australiens ne savent faire que de la musique de bourrins, nous pourrions soupçonner comme une erreur de compréhension. S'il est certain que Blackfeather ne fait objectivement pas dans la dentelle non plus, oser prétendre que ces gars ne sont pas aptes à tricoter de beaux canevas mélodiques serait inepte. Ou pour le moins faire preuve de mauvaise foi.
Le travail sur les guitares qui progressent en volutes et mitraillent de notes lourdes une litanies d'accords liquides, ou même plus accrocheurs, ainsi que la présence de nappes de vocaux lyriques, pourrait laisser à penser que ces musiciens des antipodes n'ont pas appris leur boulot dans une entreprise de démolition.
Une somptueuse ballade en tempo médium, comme Seasons of Changes première partie, ralentie la mesure, toute en ruptures de rythme. Pourtant on évolue à l'évidence sur les terres du hard, un hard soigneusement élaboré, enjolivé d'arrangements galants et proche de la symphonie électrique dans son élaboration.
The Rat, une suite de quatorze minutes au final distordu et démoniaque, en donne un parfait exemple.

Lien : Youtube

 

 

http://4.bp.blogspot.com/-eVR1-CmH4HI/Tyvx4ni952I/AAAAAAAAAsc/jkaKnzYlY-o/s1600/Ceptic+Frog+Tape.JPGCeptic Frog - "Rehearsal" (1969)

Certainement nourrie aux hormones transgéniques en dehors de toutes proportions raisonnables, Ceptic Frog est une formation sud-africaine de proto-doom-métal qui enregistra à la fin des années soixante ces onze plages sans titres, hormis le Magic Carpet Ride de Steppenwolf, sur une cassette audio et en dix-neuf-cent-soixante-neuf pour être précis. Un unidentified flying object musical qui resta en l'état et demeurera dans l'anonymat pour l'éternité peut-être, les membres du groupe refusant toute publication officielle, il y a quelques années l'un d'entre-eux allant même jusqu'à en demander le retrait sur un site bien connu de la blogosphère, une énigme dont on pourrait chercher encore longtemps la raison d'être.
Une machine de guerre d'un métal inconnu gonflé à la testostérone, qu'un vocaliste apeuré et une rythmique bâillonnée par tant de noiceur étouffante peinent à suivre. Pourtant au travers de ce brouillard épais et pesant, se fait sentir le pas lourd et la puissance virile d'une armée des ombres en ordre de marche, une multitude belliqueuse de mercenaires romains harnachés de cuir et de fer.
Une étrangeté auditive énigmatique et troublante venue d'ailleurs, on ne sait d'ou, hormis du continent de l'Atlantide ou s'agissant plus sûrement d'un retour inattendu d'égarés du triangle des Bermudes. A moins que la Centrale Intelligence Agency n'est accepté de lever le voile sur les mystifications des secrets et des mystères de Roswell. LIEN : Youtube


http://www.sorc.co.jp/stocklist/listfl/LadyJune_LadyJunesLinguisticLeprosyO07L184.JPGLady June - "Linguistic Leprosy" (1974)

Métissage de sang russe et écossais, June Campbell Cramer est une artiste bohémienne, un peintre et une voyageuse sans destination. Poètesse à la curiosité aiguisée et à l'expression personnelle, elle se positionne totalement hors des sentiers battus, isolée dans une bulle avec ses propres délires. Pas tout à fait solitaire, ainsi sur cet album aristocratique elle a choisi de s'accompagner de Pip Pyle, Kevin Ayers et Brian Eno. Un disque inclassable au style indéfini ou fantaisiste, une oeuvre individuelle et égocentrique sans réelle direction mélodique.
Cet opus majeur de Lady June est une palette de bruitages et de vocaux déroutants, un échantillonnage des couleurs chaleureuses de la savane africaine, un collage d'instrumentation et de choeurs masculins qui dévoilent une étendue de paysages étranges souvent angoissants. Des grilles de mots et de notes surréalistes qui posent leurs questions insolites en forme de rébus, sans toutefois jamais donner les réponses.
Linguistic Leprosy se révèle être une pièce sonore excentrique qui peut laisser perplexe, marquant ainsi durablement les esprits de ceux qui sauront se laisser guider par une oreille téméraire.
C'est d'une fenêtre de son appartement londonien, un jour d'anniversaire tragique de Juin 1973, que Robert Wyatt fit un malencontreux et involontaire saut de l'ange qui le laissa paralysé pour le restant de ses jours. Le destin a sournoisement attendu la fin du deuxième millénaire pour nous enlever cette irremplaçable Lady.

LIEN : Youtube


http://2.bp.blogspot.com/-LVW2xtas7ZQ/TbopJW84rAI/AAAAAAAACTI/70kbEIxM-xQ/s200/footch%2Bkapoot%2B-%2Bgood%2Bclean%2Bfun%2B-%2Bfront.jpgFootch Kapoot - (Good Clean Fun - 1978 - Usa)

Footch kapoot est une formation du Wisconsin et son album est généralement classé dans les bacs de musique progressive, mais même en cherchant bien, à part deux ou trois titres au maximum, il faut se rendre à l'évidence. A chacun de se faire sa propre certitude, quand se présentera l'occasion ou que viendra la bonne idée de poser le disque sur une platine. De fait, l'affaire se revêt de tous les oripeaux d'une musique ecclectique, excentrique, variée et colorée qui ne fréquente aucune chapelle.
Une production peu commune déjà retardataire en 1978 et qui pourtant attendra encore bien longtemps avant de voir le jour.
Au sommaire pas la moindre trace de distorsion ou de larsen, seulement un chant presque angélique caressant de magnifiques six-cordes graciles et soyeuses sur de belles compositions équilibrées, lesquelles  s'ornementent de choeurs discrets et délicats, sans oublier une basse et une batterie tout en légèreté parfumant l'ensemble d'une palette de senteurs pétillantes.
Chacun des six musiciens est maître de son art et en parfaite osmose avec son instrument, un piano honky-tonk, une clarinette, un peu de slide et il en faut peu parfois pour se retrouver avec un pied dans la musique populaire américaine.
Ce trente centimètres fut la seule réalisation du groupe et c'est bien dommage, son audition procure un réel plaisir, un plaisir simple et sans prétention qui leur prédisait un bel avenir radieux.

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http://3.bp.blogspot.com/-Tc8b3WzuudE/UM4AUG2tvSI/AAAAAAAAAG8/O4zaVw3Wut8/s1600/Let_Me_In_-_Copy.jpgPoobah - (Let Me In  - 1972 - Usa)


Un gang de furieux hors-la-loi que l'Ohio expulsa de ses entrailles nauséabondes un soir d'orage, plutôt rancuniers les rednecks du coin doivent s'en souvenir, leurs grosses paluches goudronnées de fermiers encore emplumées, l'engeance putride d'un bled de l'Amérique profonde et consanguine, celle d'un état qui détourne le regard lorsque ses universités vampires s'abreuvent des veines de ses propres enfants.
En 1972, Poobah dégaine son Colt à fort calibre et sort ce premier album, un hommage à Elie Wallach et Lee Van Cleef réunis, ce Clint Eastwood de pacotille faisant pâle figure à l'ombre de ces gars à l'humour incertain qui s'empiffrent leur chili con carne à l'arrache-gueule et font gicler la sauce piquante dans tous les sens, sans même y penser. Pas du Ketchup pour votre hamburger ma brave dame, non pas du tout, seulement du concentré de Tabasco.
Peut-être contre quelques dollars, les pubères et graciles lolitas mexicaines vont la sentir passer ce soir, il faut dire que la nuit tombée les gringos de cette trempe ne ressemblent en rien aux lavettes d'Hollywood ou aux cowboys endimanchés des magazines. Leur stoner précurseur et psychopathe en fusion et ses guitares acérées vous déglingue les oreillettes à la mode sonique de Detroit. Une ballade peut-être, je ne m''en souviens plus vraiment.

LIEN : Youtube


http://www.audiophileusa.com/covers400water/74204.jpgThe Orkustra - (Light Shows For The Blind - 1967)

Une pièce égarée ou l'inévitable pièce manquante du psychédélisme américain, d'abord côté face par la présence en son sein de personnalités telles que Terry Wilson et David Laflamme, mais aussi d'une désobligeante erreur de la nature, le réjouissant Bobby Beausoleil. Rabatteur, dealer, tueur bénévole et âme damnée du petit Charlie Manson dont il fut un des premiers et des plus fervents zélotes. Accessoirement leader de l'Orkustra et adolescent aux yeux hallucinés.
Ensuite par la musique côté pile, même si sur l'autre rive de l'océan Atlantique on parle parfois de musique d'avant-garde ou expérimentale, en lieu et place de psychédélisme. Comme tant d'autres, l'Orkustra est une formation qui commença dès 1966 à jouer en n'importe quels endroits, là ou le gré des mauvais acides ou des bons vents la déposait, parcs, cafés, églises évangélistes ou méthodistes, parfois gratuitement et souvent tapant le boeuf avec des musiciens de passage. Et quand même à l"Avalon Ballroom du 5 au 7 Mai 1967.
C'est d'ailleurs à l'occasion de ces concerts que le beau Bobby rencontrera Kenneth Anger, précisément le 24 Février 1967, au Glide Mémorial United Methodist Church.
S'ensuivant la dissolution du groupe, Terry Wilson rejoindra les Charlatans et David Laflamme s'en ira fonder It' a Beautiful Day, après un bref passage chez Dan Hicks & The Hot Licks. Nous savons tous assurément ce que fit Bobby Beausoleil de son temps perdu et de ses loisirs.
Un bric-à-brac enregistré à San Francisco, un curieux assemblage hybride de Jazz mal fringué et de Be-Bop cintré, de savantes mélodies orientales, de chants pénétrants et d'étranges dérives sonores presque sinistres.LIEN : Lost In Tyme


http://weirdorecords.com/zen/images/11700.jpgAnal Magic & Rev. Dwight Frizzell - (Beyond The Black Crack - 1974/76)

La merveille des merveilles de l'inécoutable, la fission de la gamme revue et corrigée par Otto Hahn en personne. L'espace libertaire libérateur d'un expérimental urgentiste dans lequel le révérend Dwight Frizzell, qui paraît-il est un véritable révérend, et son anus magique ne propose rien d'autre que la négation même de toute musique structurée et reconnaissable, le reniement de toutes mélodies identifiables du commun des mortels et un absolu refus du raisonnable.
Do, ré, mi, fa, sol, la, si, do, le révérend n'en a jamais fait une profession de foi ou alors il feint d'avoir tout oublié de son solfège, il vous appartiendra de remettre toutes les pièces du puzzle en lieu et place, si d'aventure il n'en manquait aucune.
Un Jazz cosmique expérimental et un Blues spatial à la destinée incertaine qui attireront les aventureux dans un inextricable labyrinthe, dans lequel rares sont ceux qui seront retrouver leur fil d'Ariane. Mais s'ils s'en donnent la peine les plus curieux entendront pourtant au loin, sur ses enregistrements collectés en lieux saints catholiques ou lors de fêtes paiennes intergalactiques, quelques guitares compatissantes et de rutilants cuivres à figure humaine.

LIEN : Youtube


http://img11.hostingpics.net/pics/435877Klubs1.jpgThe Klubs


En 1965, The Klubs est un phénomène de Liverpool formé sur fond de casse industrielle et de misère sociale, mais aussi de solidarité ouvrière. Liverpool est un grand port marchand ouvert sur l'Atlantique et dont les docks abondent en permanence de singles et d'albums importés directement des Etats-Unis par les voies maritimes. De là, une forte influence musicale américaine livrée par de bienveillants cargos.
Une formation qui se démarque un peu de ses consoeurs, tant parmi leurs titres certains fricotent avec un son métallique, des morceaux préfigurant un avenir pas si éloigné sur lesquels les guitares se font plus mordantes qu'à l'accoutumée, plus rêches que chez beaucoup de groupes du Merseybeat.
Bien sûr on a droit aux incontournables morceaux lents, à de langoureux et humides slows destinés à séduire les adolescentes désoeuvrées de la classe ouvrière locale. Et cela va sans dire, aux inévitables sonorités du Blues anglais et du Rythm'n'Blues.

LIEN : Youtube

 

Sylvain

 

 

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