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Culture Pop - Joe Boyd / Le Grand Modeste

par lou 29 Juin 2011, 15:43

CULTURE POP

 

Joe Boyd - Le grand modeste

http://redbullmusicacademyradio.com/uploads/show_pics/joe_boyd_456_001.jpgL'histoire (et pas que celle du rock) est pleine de gens qui tentent de graver leur triste nom dans le rocher. Voilà une matière qui résiste bien au temps, et accessoirement aux intempéries. Bien sûr, tout le monde n'est pas forcément intéressant, et on dénombre un affreux nombre de guignols qui ont fait beaucoup de boucan pour pas grand-chose. L'américain Joe Boyd est partie du postulat inverse. Discrètement, il a laissé sa petite empreinte sur un tas d'événements, généralement de bon goût, et il est passé à autre chose. En se penchant un peu, car c'est très intéressant et mérite un effort, on s'aperçoit que non seulement il a utilisé un marteau piqueur, mais qu'il a signé sur du marbre trois étoiles.

 

White Bicycles. Making Music In The 1960's ne raconte en fait qu'une seule histoire, celle d'un archi fan de musique, que les aléas du temps et de l'espace ont conduit partout où c'était hip, intéressant, dans le coup, appelé à rester, bref au bon endroit et au bon moment. En vrac, de l'UFO Club de Londres, à la production de Pink Floyd et Nick Drake, en passant par la galère de Woodstock avec Incredible String Band, plus que des souvenirs, un apostolat. Vous saviez qu'il avait à voir avec le film sur Jimi Hendrix ? L'interview de Pete Townshend, c'est son job. Et sa galère. Bien sûr qu'il a bossé avec Chris Blackwell. Et fréquenté Sandy Denny et Fairport Convention de prés. Et aussi  organisé des concerts avec de vieux bluesmen à ses débuts. Du genre totalement artisanal. Le Paul Butterfield Blues Band ? Pensez-vous s’il a connu, il était au festival de Newport, quand Dylan se faisait jeter par les ploucs locaux.  Tout ceci dans un style fluide, empreint d'une grande modestie, avec une nette tendance à sauter du coq à l'âne, tout de même. Mais c'est pour mieux avancer dans le récit. Je faisais ça il y a dix minutes, et là, hop, boum, j'ai déjà enchainé sur autre chose. Tableau de chasse impressionnant, comme bien peu doivent pouvoir en présenter. 

 

Mais attention, le gars n'est pas un tueur froid. Ses regrets sont bien présents. Avoir laissé l'Incredible String Band saboter sa carrière par la scientologie par exemple. Ou  avoir été incapable de redresser la barre pour Nick Drake et Sandy Denny. Le premier quasi autiste, la seconde trop autodestructrice. Les dernières pages du livre sont un bien bel hommage à tous les amis perdus en chemin, autant qu'aux illusions qu'on laisse forcément sur le quai de la gare, quand on a accompli autant en si peu de temps, finalement. Ce petit bouquin, qui se lit comme un rêve, en raconte plus que n'importe quelle biographie d'histrion, et contient un million de fois plus de choses que cette courte chronique n'en peut receler. Gutemberg lui-même aurait aimé l'imprimer.  Et encore, Joe Boyd aurait bien été capable de le produire. Maintenant si tout ceci vous amène un bon bol d'air, une grande envie de jeter des pierres aux vainqueurs des NRJ Awards, vous avez tout compris.

Laurent.

 

commentaires

spawn from tlv 02/08/2011 07:29


Très belle chronique, j'ai moi aussi lû et très apprécier le livre, Joe Boyd a une belle histoire et nous la fait vraiment partager tout comme le regrétté Alain Dister.
Merci pour tes chroniques toujours fortes interessantes et le zine.
A plus.


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