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Discorama - Sly & The Family Stone

par lou 1 Juillet 2010, 12:05

 

Discorama

 

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  Sly & The Family Stone

 

Sly & The Family Stone. Ce groupe fait indéniablement partie de la Sainte Trinité Funk, aux côtés de James Brown le père et de George Clinton le Saint-Esprit. C'est en effet grâce à cette bande californienne que le funk et la soul sont rentrés de plain-pied dans l'ère psychédélique, créant une musique noire aux antipodes de celle bien calibrée produite alors par Motown.


Sylvester Stewart, a.k.a. Sly Stone, était un DJ très populaire de San Francisco passant alors allègrement du Dylan, du Hendrix, des tubes Motown et du James Brown, et qui avait également été producteur pour Bobby Freeman, The Mojo Men ainsi que pour The Beau Brummels. L'histoire du groupe a commencé au début de l'année 1967, lorsque Sly réunit chez lui ce qui va devenir le noyau dur de Sly & The Family Stone : son frère Freddy tiendra la guitare, le bassiste sera Larry Graham, à la batterie on retrouvera Gregg Errico et aux cuivres on verra Cynthia Robinson et Jerry Martini, Sly tenant les claviers tout en étant l'unique compositeur et le producteur de la bande. Sa sœur Rose les rejoindra quelques mois plus tard.

Le groupe n'a pas tardé à donner des concerts en reprenant des tubes de l'époque, mais en les réinventant totalement avec leur groove si particulier. Leurs spectacles étaient totalement novateurs pour l'époque : ils sonnaient comme personne et, fait tout de même remarquable pendant ces années Flower Power, ils avaient un look qui ne passait pas inaperçu. Leurs pas de danse spontanés se différenciaient des chorégraphies millimétrées de la Motown, très peu appréciées par Sly car « cela fait trop show-biz, et on ne fait plus assez attention à la musique ».

Alerté par un promoteur de la baie de San Francisco dont l'histoire n'a pas retenu le nom, David Kapralik, qui était alors cadre chez Epic Records, est venu de New York pour voir une performance électrique du phénomène Sly & The Family Stone. Bien évidemment, le groupe l'a tout de suite convaincu : Epic sera la maison de disque attitrée de la famille Stone jusqu'en 1976. David Kapralik est devenu dans le même temps leur manager. S'ensuit un contrat de trois mois, au rythme de 6 nuits par semaine au Pussycat a Go Go de Las Vegas, où ils jouent les morceaux de ce qui va devenir leur premier album. Le dernier jour de libre de la semaine était consacré à l'enregistrement dudit premier album.

 

 


 

A Whole New Thing (1967)


C'est donc à lahttp://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/1/2/7/0827969027721.jpg fin de l'année 1967 que sort le premier LP de Sly & The Family Stone. Cet album est typique de ce que fera le groupe jusqu'à Stand, c'est-à-dire un enchaînement de petites bombes soul psychédéliquement funky. Le meilleur exemple est le single Underdog, qui ouvre la première face et est le prémice des succès futurs du groupe, tout comme la hendrixienne Trip To Your Heart. L'album est ponctué par les ballades Let Me Hear It From You et That Kind Of Person, chantées respectivement par Larry Graham et Freddy Stone, qui sont les deux seuls titres du groupe où ils tiendront le chant principal. Malgré ce très bon début, les ventes ne sont pas celles espérées, mais il y a un certain succès d'estime. Ce qui n'était pas au goût de Kapralik, qui a fait comprendre à Sly et Martini de revoir leur musique afin d'être plus accessible. Frustré, Sly est sorti de la pièce en marmonnant à son saxophoniste « D'accord, je leur donnerai quelque chose ». Cet album reste néanmoins comme l'une de leur plus grande réussite.

 


Dance To The Music (1968)

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/5/54/Slyfamstone-dance.jpgSly se devait de réussir un tube, c'est chose faite avec la chanson éponyme de cet album, qui est la première du groupe à entrer dans le Top 10, lors de la première semaine de 1968. Dance To The Music, qui marque l'arrivée de Rose Stone au sein du groupe en tant que chanteuse, claviériste et danseuse, est une œuvre que l'on peut qualifier de séminale, suite quasi ininterrompue de compositions dansantes qui auraient toutes pu être des singles. Cet album annonce le succès que sera Stand!, puisqu'on a le droit à Higher, une première ébauche de ce qui deviendra I Want To Take You Higher. Le sommet de l'album est Dance To The Medley (Music Is Alive/Dance In/Music Lover), génial morceau long de 12 minutes qui deviendra l'un des grands classiques du groupe sur scène. C'est ce titre que l'on retrouve dans l'une des plus grandes performances vues à Woodstock, alors mélangé à I Want To Take You Higher. À noter que la récente réédition CD contient pas moins de quatre inédits, dont le sublime We Love All.

 

Life (1968)

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Life, lui aussi sorti en 1968, va peiner à confirmer l'importance grandissante du groupe dans le monde musical en cette fin de décennie, puisqu'il n'a pas eu autant de succès que son cadet, malgré un single qui aurait dû booster les ventes, composé de Life et M'Lady. Le son moins commercial que sur Dance To The Music semble être la cause du désintérêt du public de l'époque. Cet album, à la croisée des deux précédents efforts du groupe, est homogène, chaque composition étant bien ciselée, mais aucune ne dépasse les autres, ce qui le rend bizarrement un peu bancal.

 

 

 

 

Stand! (1969)

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L'album de la consécration, puisqu'il pointera au treizième rang des charts. Pas moins de quatre singles dans le Billboard Pop Chart, dont Everyday People qui sera le premier numéro 1 du groupe à la mi-février, et ce pour 1 mois. Stand! est un album optimiste, et même après les premières émeutes noires aux États-Unis et l'assassinat de Martin Luther King, l'heure est encore au Flower Power, car si les paroles font parfois référence à l'émancipation du peuple noir, c'est toujours dans une humeur festive (You Can Make It If You Try), même si l'on sent poindre le désenchantement qui sera propre à l'album suivant dans Don't Call Me Nigger, Whitey, ou encore Sex Machine.

 

 

 

 

There's A Riot Goin' On (1971)

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Cet album est un peu à part dans la discographie de Sly & The Family Stone. Il a en effet été quasiment réalisé par le seul Sly Stone, et l'enregistrement a duré près de deux ans et demi. Sly use alors des boîtes à rythme, de l'orgue Hammond B3 et sa maison de disque, qui, sentant l'affaire bien mal engagée, sort un Greatest Hits pour éviter que la bulle gonflée par les succès de Stand! et de Woodstock ne retombe à plat. Au final, le son de There's A Riot Goin ' On est froid, presque joué au ralenti. L'album a beau être propulsé à la coke, le succès est toujours là, le LP et le single Family Affair atteignant sans mal les sommets du Billboard. There's A Riot Goin' On marque également le début de l'éclatement de la famille, puisque le légendaire Larry Graham partira bientôt fonder Graham Central Station de son côté.

 

 

 

 

Fresh (1973)

http://1.bp.blogspot.com/_U2PIEgw_NLE/R7qLwVKnJZI/AAAAAAAAAF4/1T7LO4ZEklI/s400/sly-stone-fresh-cover.jpgFresh est le dernier sursaut d'orgueil du groupe, magnifiquement immortalisé sur la pochette. Il reste comme étant le dernier grand album d'un groupe en voie de séparation, le batteur Gregg Errico étant parti en 1971, Larry Graham ayant fait de même en 1972. C'est ainsi qu'il a fallu changer de fond en comble la rythmique du groupe, le batteur Andy Newmark et le bassiste Rusty Allen faisant leur arrivée pour l'enregistrement de l'album. Ce changement a bien entendu des répercussions sur le groove du groupe, qui est quand même toujours bien présent. L'album reste un succès commercial, certes moins que les deux prédécesseurs, avec tout de même pas moins de trois single dans le Top 100 R&B, dont If You Want Me To Stay, qui pointera à la douzième place du Billboard Pop Chart. Ce morceau est typique du nouveau virage pris par le groupe, à mi-chemin entre l'énergie de Stand! et la retenue de There's A Riot Goin' On. La production léchée fait indéniablement de Fresh la plus grande réussite du groupe.


La paranoïa et la mégalomanie de Sly Stone, liées à sa consommation abusive de drogues, auront bientôt raison du groupe. La suite de leur production va en effet baisser en qualité, les critiques vont devenir mauvaises, les ventes vont inexorablement chuter et des cordes feront leur apparition – le disco aura malheureusement fait beaucoup de mal à partir du milieu des années 70. À la réécoute, on ne peut pas dire que cela soit mauvais, disons que cela reste moyennement recommandable. Après un album enregistré en groupe – Small Talk en 1974 – Sly sort un album solo en 1975, High On You, suivi de Heard You Miss Me, Well I'm In en 1976, dernier album pour Epic. Ce dernier est sorti sous le nom de Sly & The Family Stone cette fois-ci, bien qu'on puisse le considérer comme un second album solo, les membres originaux ayant plus ou moins tous quitté le navire. Seul subsiste un groupe pour suivre Sly lors du peu de dates qu'il doit assurer, les promoteurs craignant que les concerts du groupe n'aient pas lieu suite aux nombreux shows avortés par le leader. Deux derniers albums studios sortent enfin sous le nom de Sly & The Family Stone : Back On The

Right Track (1979) et Ain't But The Right Way(1982), les deux derniers albums du groupe. C'est alors une traversée du désert qui s'amorce pour Sly Stone, arrêté pour possession de drogue en 1987. Il n'a depuis lors plus produit de musique.

On a seulement ré-entendu parler de lui en 1993 lors de l'entrée du groupe dans le Rock'n'Roll Hall Of Fame. Mais c'est en 2006 qu'a lieu le retour en grâce lors des Grammy Awards. Le groupe originel a par surprise fait son apparition lors d'un tribute réalisé en son honneur, Sly en profitant pour faire une apparition soudaine, avant de quitter la scène prématurément, fidèle à sa réputation sulfureuse. Les artistes présents pour le tribute avaient en fait déjà participé à un album de reprises du groupe en 2005. L'engouement suscité par l'événement des Grammy Awards a permis la reformation du groupe pour ce qui sont comme les dernières apparitions sur scène de la famille Stone lors d'une tournée d'été en 2007, qui a montré toute l'influence qu'a eu, a et aura pendant longtemps encore le groupe sur les musiques noires, pop et rock.


Maxime

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