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DVD : New York Dolls/All Dolled Up - Les poupées qui disaient fuck

par lou 29 Avril 2012, 10:30

NEW YORK DOLLS

 

http://www.whowalkinbrooklyn.com/wordpress/wp-content/uploads/2007/11/alldolled-wwib.jpgLes New York Dolls furent très importants, dans mon développement musical personnel, et on n’oublie jamais ces choses-là. Leur premier album (que j'ai beaucoup plus pratiqué que le second) m'a ouvert le chemin d'un rock gras et lourd, malsain et venimeux, au même titre que le Velvet ou les Deviants. La production en granit (plein la gueule avant tout) ajoutant encore au charme douloureux de l'ensemble. Les Dolls cultivaient trop bien l'éphémère pour durer longtemps, comme le prouve courageusement le DVD All Dolled Up. Leur doigt dressé à la génération numérique, leur legs plein de taches au confort visuel d'un écran large. Vendu à petit prix, nanti d'un superbe livret photo, l'objet séduit autant qu'il irrite. Et autant vous prévenir tout de suite, les sous titrages sont absents. A l'auditeur de se démerder, le groupe est au bar, à se bourrer la caisse. Pas vraiment étonnant, quand on connait les zèbres. Qu'on découvre ici, au sommet de leur ersatz de gloire, filmés au jour le jour par le photographe Bob Gruen. Orgies backstage, gigs miteux, arrogance totale, beaucoup de gnôle, voilà en gros leur quotidien. Chapeau bas à la tentative de film promo, qui les voit déguisés en gangsters, dans une vieille caisse à bout de souffle. Contentons-nous de préciser que la réalisation est à Martin Scorcese, ce que le tournebroche est au micro-ondes, pour mesurer le sérieux de l'entreprise. Autre noisette, les séquences de journaux télévisés de l'époque, la tronche de plouc des présentateurs (sérieux comme des papes, à vouloir rester dans le coup). Et puis vient le cadeau, le don des Dieux de l'Olympe rock. Une dizaine de morceaux live, entiers. Bien filmés, bien cadrés, avec le groupe enfin concentré sur son sujet. Essayant désespérément de décalaminer un public certes chevelu, mais totalement frigide sur le fond. En dépit de l'ouragan qui lui tombe dessus, l'audience empeste le conservatisme. Notons que sur les morceaux où Arthur Kane (dont la réputation de barge total trouve enfin sa pleine justification) est remplacé pour cause de doigt cassé, la mayonnaise prend dix fois mieux. Enfin, il reste une interview de Bob Gruen (par Handsome Dick Manitoba, ex Dictators, on est vraiment au cénacle du bon gout) pour s'achever.

 

Je refuse, par ailleurs, absolument, de jeter une oreille sur le reformatage des Dolls  à minima. Pas gâcher mes beaux souvenirs avec une copie en toc, et sans Johnny Thunders. Sa  guitare à réveiller une armée de coyotes gérant la boutique, autant que la batterie têtue de Jerry Nolan. Pendant que David Johansen tente d’insuffler un minimum de classe à l'ensemble. Duquel chanteur nous réclamons la sortie OFFICIELLE de son album avec Hubert Sumlin. Si si. Sanctification rock and rollienne ultime. Si mal plagiée par des hordes d'abrutis hardeux. Amen. Un poil mieux éduqué (pas trop non plus) le récent Lookin'Fine On Television dégotte encore de quoi continuer la nouba, en soixante-dix minutes. Un peu moins de vomi sur la moquette, toutefois. Pas de livret ce coup-ci (on sent le  radinisme sournois) et encore beaucoup de diamants râpeux, propulsés à coups de godasses à plateforme. Directement entre le front et le menton, pas le temps de finasser. C'est comme un film de Sam Peckinpah, en fait. Quoique filmé avec les pieds, et un maximum de crasse entre les orteils. Peu de logique, beaucoup d'action, les bons perdent à la fin. Et les méchants marchands de mélodies sucrées quittent la ville, avec leurs couilles en or. Le soleil se couche sur une bataille perdue d'avance, mais qui balancera encore de belles grenades à fragmentation (n'oublions jamais le LAMF des Heartbreakers). Putain, j'ai un coup de vieux là. Imposez les Dolls à vos gosses, ils pourraient croire que Muse est un groupe de rock, en ces temps troublés.

Laurent

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