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DVD : Pink Floyd / Led Zeppelin / Velvet Underground - Frustration high tech

par lou 24 Janvier 2013, 09:46

DVD

 

Pink Floyd -The Story Of Wish You Were

Led Zeppelin - Physical Graffiti (Classic Album)

Velvet Underground - Vanishing Point

 

Frustation High Tech

http://c745.r45.cf2.rackcdn.com/img/2009/pink_floyd_the_story_of_wish_you_were_here.jpgSupposons que vous soyez un crétin total (ou le chanteur de Green Day, ça revient au même) il peut vous venir des envies d'entrer dans l'Histoire. En cognant, pas trop fort, la guitare sur scène, et en disant un gros mot. Voila, c'était votre quart d'heure homologué par Warhol (qui ?) et chacun laisse ce qu'il peut à la postérité. L'héritage des grands anciens (merci Lovercraft) par contre, ne se révélera qu'à une date bien précise, dans tout sa dimension cosmique. Le jour, maléfique, où tous les supports physiques auront disparus. Quand le téléchargement légal de merdes insignifiantes sera la norme. Et qu'à la face d'un monde ébahi (et au QI de brosse à dents) les services de la salubrité déballeront la connaissance du passé. Pour contrer la grande épidémie de pertes des neurones. Prophètes maudits, tolérés sous conditions par les marchands (comment continuer à tondre la clientèle, si on l'abrutit de trop) notre champ d'action sera efficace mais limitée. Et il nous faudra une came supérieure, tant les moyens dont nous disposons à l'heure actuelle sont ridicules. Avant de remplir totalement leur fonction éducatrice les DVD thématiques ont encore du progrès à faire. Sans forcément privilégier le tiroir caisse d'abord. Prenons Pink Floyd, pour commencer. The Story Of Wish You Wereest une idée (à défaut d'autre chose) intéressante. L'album fut critiqué (loin d’être parfait) autant à cause de son contenu, que de son illustre prédécesseur. Trop de Gini dans le mix, aussi. Disque crucial néanmoins. Révélant le coté humain d'un groupe bousillé par le fric et le succès soudain. Il faut le dire d'entrée, ce DVD fout (sans pitié) en l'air toute la fugace sympathie qu'on avait encore pour le groupe. Trois types en opération promo rien de plus. Gilmour restant le plus attachant, l'air ennuyé d'expliquer (un peu) ses parties de guitare. Mason (très antipathique) au moins évite de se déguiser, poli et distant il s'en balance totalement. C'est donc sur Waters que se focalisera l'attention, pour trouver un peu d'air frais. L'homme fait des efforts, ceci dit. Son coté analytique et précis, toujours. On irait presque jusqu'à le trouver humble (??) de se montrer si piètre guitariste et chanteur. Presque. Le vernis craque quand, pas gêné, il balance que la partie vocale de Roy Harper n'est pas à son goût. Pas grave qu'il ait été, lui, infoutu de la chanter correctement. Subitement, on a envie de lui coller deux tartes. Après ça, tous les propos chaleureux sur Barrett en viennent à sonner autrement. Comme l'obligation contractuelle d'éviter de canarder une ambulance. Bref, on est rassuré sur l'ambiance. Du coup, on se tourne vers les gens qui ont du nouveau à nous apprendre. Comme ce cascadeur, acteur de la photo avec les mannequins enflammés. Ou les concepteurs de la pochette (magnifique) et le producteur (se demandant vaguement ce qu'il fout la). C'est d'ailleurs ce dernier qui a, enfin, quelques mots pour Richard Wright, et son travail sur le disque. DVD inutile et sec, essayez plutôt celui consacré à Dark Side...  

 

http://c3.cduniverse.ws/resized/250x500/movie/289/7668289.jpgLa série Classic Album Under Reviewpromettant beaucoup (Led Zep, Velvet Undergroud, Captain Beefheart) mais tenant, la encore, peu, une mise au point s'imposait. Une chose, ces DVD ne sont pas autorisés par les artistes, et non sous titrés. Présentation ultra radine, bien sur. Par contre, tous munis d'un quizz diabolique. A peu prés tout ce qui reste d'intéressant à faire, quand on a visualisé le DVD consacré à Physical Graffiti. Pourtant pas un poids léger celui ci. Album portant une sacré responsabilité dans le destin du rédacteur, aussi. Seulement lorsque les gens ont un flingue sur la tempe, ils évitent de bouger dans le mauvais sens. C'est exactement ce qui se passe, ici. Tous les intervenants récitent leur leçon, avec une trouille bleue des conséquences judiciaires de leurs propos. Pire, les plans des Page sont (brièvement) disséqués par un guitariste pro, spécialiste de la question. Pas question d'avoir un membre du groupe, pour mouiller un peu sa chemise. Et l'ingénieur du son affiche un enthousiasme....

Tout ceci marchant droit et sans bavures. Tellement qu'une tel manque de spontanéité lasse au bout de dix minutes. Ceci n'est pas une introduction au sixième album de Led Zep, juste un prétexte à vendre un produit bien estampillé. D'autant qu'au niveau de l'inédit (question de droits) on reste gravement sur sa faim. Le genre qui vous fait dire «tiens c'est déjà fini, 'tain j'ai bien dormi». Rideau.

 

http://images.gibertjoseph.com/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/i/190/0823564521190_1_75.jpgBien meilleur (c'est pas difficile, ok) sera le volume consacré au Velvet Underground. Toute la carrière du groupe résumé par (enfin) des intervenants qui ont mis les mains dans le cambouis. A savoir Moe Tucker, Billy Name, Doug Yule. Eux ne donnent pas l'impression de vous faire une faveur, en évoquant le passé. Et puis il y a Norman Dolphe, l'ingénieur du son du mythique premier acétate. Son propos fera baver plus d'un fan avide de nouveauté. D'autant (chose rare) que les gens extérieurs au groupe sont plutôt sympathiques. En lieu et place des habituels «communicants» et de leur façon de bien nous faire sentir que eux connaissent les secrets. Et pas nous, pauvres ploucs. Bien sur, réduire un tel morceau de légende à une grosse heure de canapé peut sembler cruel. D'autant (vieille remarque) qu'avec un anglais de base, on manque forcément des trucs. Mais comme les document sur le Velvet ne courent pas (euphémisme) les rues, celui la se révèle un petit trésor. On peut le trouver aussi sous le nom de Vanishing Point. Petite supplique au passage, merci de ressortir le concert du Bataclan 1972. Les bandes vidéos existent (passé sur Canal Jimmy, il y a une dizaine d'années). Allez hop, au turbin. La grosse machine fait la gueule, deux tentatives, deux échecs. Et si le Velvet marque un beau point, attendez d'avoir visionné le DVD consacré à Captain Beefheart. Parce que cette histoire la, on en aura jamais assez. Donc un résumé, assez bien fichu, d'une des trajectoires les plus tortueuses de l'histoire du rock. Avec un paquet impressionnant d'anciens compagnons de route . Qui la mettent en veilleuse (diplomatie commerciale) sur le coté dictateur de leur ex patron, pour se concentrer sur le génie barré . Et la façon dont ils ont œuvré, dans cette ouragan (tsunami ?) créatif. Notons que tous ont l'air parfaitement sains d'esprit. Mis à part John French, sérieusement allumé. Mention «tu nous gonfles» à ce journaliste anglais (je crois) et à sa dégaine de curé, par contre. Avec son vocabulaire de précieux ridicule, ce gonze ne fait guère plus que de signifier la pause vidange. Soulignant, involontairement, la richesse de l'ensemble. Chose abominable, la plupart des extraits (tronqués) de concerts viennent de la télé française. Si si. En se donnant un peu de mal, voilà matière à compiler quelque chose de vraiment intéressant. En résumé, deux nanars, un outsider super sympa, et un gros cadeau.

Laurent

 

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