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DVD : Wishbone Ash/Steve Marriott / Triste hospice

par lou 28 Juin 2011, 10:54

RUBRIQUE DVD

 

Wishbone Ash / Steve Marriott

 

Triste Hospice

http://i43.tower.com/images/mm107069662/rock-milestones-wishbone-ash-argus-dvd-cover-art.jpgNos vieux héros sont bien maltraités, ces jours ci. Alors que leurs faits d'armes (pas toujours glorieux) devraient leur valoir la reconnaissance du monde entier, voilà que les manuscrits chargés de raconter leur épopée les trahissent. Vieux chevaliers aux armures rouillées, aux destriers fourbus. Gueules cassées de croisades électriques, contre l'ennui et le conformisme.  Qui décide des sorties de ces DVD commémoratifs, quel public est visé, autant de questions bien indiscrètes. L'industrie du divertissement nous balance de la nourriture comme elle nourrirait son chien, en mélangeant la viande et les os. Et ce coup-ci, on cherche la chair sur le calcaire. Sans aller jusqu'à se casser une dent, mais avec l'impression vague d'avoir rêvé trop fort. Commençons  par le pire, le triste spectacle qu'on nous offre (façon de parler) en guise de genèse du Argus de Wishbone Ash. La collection s'appelle Rock Milestones (ne pas confondre avec la très bien fichue Classic Rock Albums) et annonce du lourd (Led Zep, Stones, Bowie). Si c'est pour voir trois gonzes dont on se fout, tenter de nous convaincre de leur savoir, on marche pas. On veut les musiciens, les vrais. Une ambiance détestable règne entre les membres originaux du groupe, c'est connu. Steve Upton malade, et Andy Powell (qui se récupère la photo de couverture, mine de rien) promu au rang de dictateur en chef. Faisant vivre  le nom au gré des changements de personnel. Du coup, ce sont Ted et Martin Turner qui passent les plats, sans trop bouger le cul de leur canapé. Comme si on les dérangeait, à vouloir tout savoir de leur chef d’œuvre. Echange de platitudes et de banalités à la pelle, beaucoup d'ennui. On attend, en vain, un décorticage de plans la guitare à la main, un mixage expliqué, quelque chose qui fasse avancer le débat. Mais rien, sinon quelques belles images de concerts, à voir pour les incroyables dégaines du bassiste. Et encore que le concert australien se fiche largement du monde.  Par contre les quelques extraits du Old Grey Whistle Test de 1971 sont à tomber, tellement ils sont bons. Dix minutes de valables, au prix du beurre,  font que  ce DVD est un objet à oublier très vite. Une frustration de tous les instants.  D'autant plus scandaleux qu'Argus est un disque fabuleux, qui mérite cent fois mieux que cette sépulture en toc. C'est pas avec ce genre de méthode qu'on intéressera les jeunes, de plus. Quand j'ai interviewé Laurie Wisefield (il y a deux ans) il avait esquivé ma question concernant les rapports entre ses anciens collègues. On comprend mieux pourquoi, tellement tout ceci sent le aigre et l’acariâtre. 

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51t-V6R8YJL._SL500_AA300_.jpgMoins mauvais, mais tout aussi je m'en foutiste sur le fond, le Lost Concert  de Steve Marriott, en fait un gig allemand très mal filmé de 1987. Donnez un caméscope à un manchot, il fera surement mieux. Par chance l'audio est excellent, le groupe (avec l'ancien bassiste de Fat Mattress) assure bien, permettant à son leader de nous livrer une impressionnante quantité de blues et de soul. Sans tricher, les amygdales à vif, et le crachoir conquérant. Même amoché par le temps, Marriott avait gardé cette voix unique, qui vous file des frissons dès la première seconde. Plusieurs albums live sont d'ailleurs là pour en témoigner. Fort heureusement, pour allonger un peu la sauce, la seconde partie est consacrée à un concert hommage, donné à Londres en 2001. Ça commence donc avec les vieux potes d'Humble Pie, qui ont choisi de dynamiter la scène d'entrée. Si vous considérez Rockin The Filmore comme un des plus grands live de tous les temps, une érection douloureuse est à prévoir. La paire Peter Frampton/Clem Clempson a beau ressembler (le premier surtout) à un duo d'électeurs du MODEM, leur démonstration de guitare survole les débats avec tant de facilité qu'on en voudrait bien trois heures de plus. Et cette rythmique si facile  d'élocution si accrocheuse, on en pleure. Débarque Midge Ure, des très haïssables Ultravox, groupe synthé pop du début des années 80, pour vous situer le pédigrée du gars. Avant de le pendre sans appel, laissons-le dire quelques mots. Et voilà qu'il se fend d'un très beau titre, tout seul avec sa guitare sèche, sans frime et sans décorum. On a eu chaud. Le reste de la soirée appartient à Paul Weller,  plus que dans son jardin,  nous la jouant avec classe et savoir-faire. A noter la présence d'une des têtes à claques d'Oasis, qui à la bonne idée de rester à sa place (en arrière) et tout le monde de s'en porter aussi bien. En rab,  un livret qui fait son boulot correctement,  c'est important.  Laissez le Wishbone Ash (il existe quantité de DVD bien meilleurs) et empruntez le Marriott à la médiathèque de votre bled, si vous le pouvez.

Laurent.

 

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