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Emile Pouget - La veille du grand soir

par lou 6 Septembre 2010, 10:30

http://media.paperblog.fr/i/82/820711/emile-pouget-pere-peinard-L-1.jpegEmile Pouget

 

La veille du grand soir

Parler d’Émile Pouget (1860/1931) peut sembler anecdotique aujourd’hui. Tant les visées libertaires de  ce, trop obscur, fondateur de la CGT collent mal à notre époque. La seule présence à la fonction absolue, d’un gaspilleur hystérique (élu sur la stigmatisation des minorités) renseigne bien sûr la mentalité ambiante.

L’infecte clique gouvernementale, la gauche molasse, Laurence Parisot en pasionaria patronale, voila qui aurait plu à notre homme Pouget.  Quel délice de plonger, plus de cent ans après, dans les chroniques du Père Peinard, la feuille anarchiste qu’il anima de 1899 à 1902. Le contexte, en tout cas, nous est familier. Répression aveugle, misère sociale, l’obligatoire dose de soutane en plus, voilà l’ambiance délétère de ce début de vingtième siècle. 

Ceci pour le contenu. Niveau contenant, Pouget n’avait rien d’un virtuose de l’écriture, et c’est tant mieux.

 

Ses pamphlets en ressortent durs comme des mains de maçon.  À l’âpreté de l’existence d’alors, il rend sa pitié, façon pelle de cailloux dans la gueule des bigots jaunâtres. La gauche, la droite, tout le monde y passent. Dans une syntaxe certes basique, colorée d’argot et de jurons, il sait comme personne restituer la condition du petit peuple d’alors. Où l’éducation était sous clé, et où le seul choix était de se crever au travail OU de crever au travail. Aucun alibi intellectuel, juste l’envie de distribuer son comptant de coup de pied au cul. À la racaille des exploiteurs et des obscurantistes. La terreur de la gauche de salon, que du bonheur.

http://www.decitre.fr/gi/78/9782913112278FS.gifLes ennuis de Pouget avec les flics (comme la mise à l’index des idées anarchistes en général) indiquent bien l’angoisse des privilégiés, face à toutes ces idées nouvelles, qui voyaient la bourgeoisie vaciller encore un peu plus sur son piédestal. Il serait bien sûr passionnant de savoir qui lisait le Père Peinard à l’époque. Surtout à l’heure où la CGT copine avec le mari de Carla.

Si l’affaire Bettencourt vous écoeure, si vous avez toujours loupé tous vos entretiens d’embauche, et si le Pole Emploi préférerait se faire Hara Kiri que de vous confier un peu de boulot, voilà qui devrait concrétiser ce que vous imaginiez vaguement.

 

Dédié à Jean Claude Meunier.

 

Laurent.

 

 

Émile Pouget. «Le Père Peinard, journal espatrouillant » Édition Les Nuits Rouges.

 

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