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ESP Disk - Chroniques de Disque

par lou 27 Septembre 2010, 08:48

Bob James Trio – Explosions (1965, ESP 1009)

http://www.espdisk.com/official/images/large/1009large.jpgAvant de devenir un claviériste de jazz connu et reconnu à partir du milieu des années 70, Bob James enregistra en 1965 un des meilleurs disques de jazz du catalogue d'ESP Disk. Le trio, composé de Bob James (piano), Barre Philips (contrebasse) et Robert Pozar (batterie), révolutionne le free jazz en expérimentant par-dessus des bidouillages de musique électronique. Il en résulte un disque assez exceptionnel de par ses contrastes de sonorités. Les musiciens jouent clairement avec les sons et les effets en maltraitant les bandes... La meilleure réalisation de ce disque est certainement le dernier morceau, Wolfman. On assiste carrément à un étrange samplage de sons (paroles, bruits de voitures?...) venant d'on ne sait où. Un album avant-gardiste donc. Thibaut.

 

LIEN : http://www.espdisk.com/official/catalog/1009.html


The Fugs – Virgin Fugs (1966, ESP 1038)http://espdisk.com/official/images/large/1038large.jpg

For only adults"... Disque bancal, politisé, qui sent la vieille chaussette de hippies pas si baba que ça, enfumée de mauvaise marie-jeanne, à l'odeur de bière tiède persistante. Une musique décalée, une guitare mal accordée, un chant d'ivrogne et un harmonica déplorable.... et pourtant la magie opère.... On tombe sous le charme de ces anars, les chansons sont précieuses et jouissives, la simplicité rendant à l'innocence de ces compositions tout son charme. Un vrai bon disque de folkeux débridé s'asseyant autour d'un feu, récitant des Yin et des yang tout en grattant ce que bon leur semble, totalement dans l'esprit des Clochards Céleste de Kerouac... La subversion au firmament du foutage de gueule. Essentiel dans le paysage sonore de cette fin sixties.Lou.

 LIEN : http://espdisk.com/official/catalog/1038.html


http://espdisk.com/official/images/large/1047large.jpgThe Godz – Godz 2 (1967, ESP 1047)

Lester Bang en était raide dingue, là où la critic rock qualifia les Godz du groupe le plus atroce de tous les temps. Il n’en faut pas moins pour en faire une légende. Et il est vrai que leur premier album, folk foutraque et balancé sans artifice ni pseudo mélodie, fut un sacré doigt d’honneur à l’intelligentsia musical. Avec ce second opus, les Godz électrifient leur folk, cajolent le garage rock, et explorent les bas fonds du psychédélique avec une morve sans pareille. Le groupe se laisse transporter par ses fantasques délires, chaotiques, lancinants et déglingués, le long d’une ligne de gratte déstructurée, ou d’un harmonica bastringue qui navigue entre deux pétards, totalement freak’n’roll. Aucun des gars ne sait jouer de son instrument, mais bizarrement, la musique déployée hypnotise l’auditeur, et entrouvre des possibilités qu’on ne décèle plus dans les bijoux pop, par tant de fraicheurs et d’innocences. À ranger à côté du Troust Mask Replica de Beefheart, rien de moins. Lou

LIEN : http://espdisk.com/official/catalog/1047.html


Pearls Before Swine – One Nation Underground (1967, ESP 1054)http://espdisk.com/official/images/large/1054large.jpg

Il est des albums que l’on garde secrètement dans notre subconscient tant ceux-ci nous ont bouleversés. Musique subliminale piochant dans les abymes de la conscience morbide humaine. One Nation Underground ne s’apprivoise pas tant son folk fébrile et mélancolique creuse les sillons d’un désespoir profondément incurable. Confiné dans ses rêves les plus insensés, l’opus vous plonge dans l’imaginaire enfantin qui vous accapare encore, de ceux où l’innocence et la magie se confonde en une immense sensation de planerie interminable. Faite de bric et de broc, la musique est une offrande aux interminables délires, mélodies alambiquées et déstructurées que porte une voix nasillarde au bord du gouffre. On flirte avec le néant et la magnificence d’une pureté inatteignable, scintillante de ses douceurs folk pour mieux imploser le long de surprenantes envolées lyriques. Surprenant mélange d’acid folk et de free jazz que tout amateur de musique se doit de posséder !  Lou.

LIEN : http://espdisk.com/official/catalog/1054.html


http://espdisk.com/official/images/large/1064large.jpgNoah Howard - At Judson Hall (1966, ESP 1064)

Le deuxième album du saxophoniste Noah Howard, enregistré live le 19 octobre 1966 au Judson Hall de New York City, est composé de deux pistes d'un peu plus de 18 minutes chacune. La face A est un bon morceau de jazz, improvisé à souhait. Mais c'est avec la face B que le disque devient magique, sous le nom de Homage to Coltrane (rien que le nom...). Le début est orientalisant, dans un style raga, avec le violoncelle. Puis, vers les cinq minutes, c'est le grand trip : le batteur entame son rythme répétitif. Le piano soutient discrètement ce rythme. Noah Howard laisse ainsi libre cours à son imagination. Le morceau s'intensifie de plus en plus et s'organise comme une transe jusqu'à son explosion finale. Magique, c'est bien le mot qui convient pour ce disque presque pré-psychedelique. Thibaut.

LIEN : http://espdisk.com/official/catalog/1064.html


All That The Name Implies (1968, ESP 1070)http://espdisk.com/official/images/large/1070large.jpg

Un ouvrage hautement addictif, d'une intégrité musicale dont on ne sort pas serein. L'orgasme instantané d'une bande de freaks new-yorkais, certainement élevés dans un champ de pavot. Leur musique n'est pas ce que l'on pourrait appeler un folk traditionnel aux saveurs pastorales, loin s'en faut. Non, ici un Acid-Folk fantasque et lunatique à l'atmosphère humide, sombre. Hors des sentiers battus. En filigrane, des guitares acoustiques accompagnent un chœur hybride de voix masculines et féminines, les instruments s'entrechoquant comme autant d'électrons libres qui occuperaient tout l'espace (congas, flûte,tambourins). Folk étrange au goût acidulé, qui donne une sensation de dissonance tant les voix et les mélodies semblent en total décalage. Un album bicéphale longtemps ignoré qu'il serait urgent de redécouvrir. Sylvain.

LIEN : http://espdisk.com/official/catalog/1070.html

 

http://espdisk.com/official/images/large/1092large.jpgEd Askew – Ask The Unicorn (1968, ESP 1092)

 Après avoir joué entre 1966 et 1967 avec un groupe de folk psychédélique nommé Gandalf and the Motorpickle, Ed Askew signe chez ESP et y sort un album, Ask The Unicorn, en août 1968. Ask The Unicorn, c'est avant tout un son remarquable entre mille, car rares sont les albums pour lesquels l'unique instrument est un Martin Tipple, décrit par Ed Askew comme un "ukelele baryton à 10 cordes", sonnant comme une mandoline. Cet album regorge de pépites aux mélodies soigneusement brodées pour mettre en valeur les textes du troubadour psychédélique, montrant des paysages verts (The Garden), des ciels radieux et des fleurs (Marigolds, May Blossoms Be Praised). Mais qu'on ne s'y trompe pas, il se dégage de morceaux tels que Fancy That ou Ask The Unicorn une fragilité morose et mélancolique portée par une voix rocailleuse, mais frêle, parfois essoufflée, car poussée dans ses derniers retranchements par la difficulté du Martin Tipple

Le disque n'a malheureusement pas rencontré l'écho qu'il méritait. Il a fallu attendre sa réédition en 1998 pour qu'il soit reconsidéré à sa juste valeur parmi les chefs-d'oeuvre de folk psychédélique, tant et si bien qu'un deuxième album, Little Eyes, enregistré dans la foulée, mais qui est resté dans les placards d'ESP faute de moyens pour le publier, a été édité pour la première fois en 2002. Ce qui n'est qu'une juste récompense pour ce musicien qui a aujourd'hui encore le mérite de créer sa propre musique.

Maxime.

LIEN : http://espdisk.com/official/catalog/1092.html

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