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Folk : Extradition - Hush

par lou 10 Février 2011, 10:11

FOLK

 

Extradition

 

Corne de Brume

http://pds.exblog.jp/pds/1/200501/13/92/b0014492_14164173.jpgC'est un souvenir qui a déjà de la bouteille, un hasard cosmique de rencontres aussi mémorielles qu'inattendues. Dans la chaleur d'un été déjà lointain, un vieux moulin dressait sa silhouette encore imposante, en dépit d'un état de ruine totale. La curiosité m'avait poussé à franchir quelques deux cent mètres de ronces et d'orties, pour rentrer dans une baraque froide et glauque. Et la puanteur intérieure ajoutait encore à la déception. Tout n'est donc qu'affaire d'aspect. Chroniquer le disque d'Extradition m'a ramené aux sensations engendrées par cet après midi éprouvant, chaud dedans, froid dehors, ne pas dévier du sentier. Extradition, groupe australien tout à fait anonyme, dont le Hush (1971) célèbre un folk fracturé, qui renie violemment la structure voix geignarde et guitare molle. La route est dure, mais la pente est forte. Au terme de gesticulations sans fin, et de recherches  fiévreuses, le facteur est enfin passé. C'est l'instant où les réputations se défont. Après deux morceaux hyper ventilés et visiblement sous tranquillisant, on se prend de suite les pieds dans un intermède bruitiste. Histoire de bien casser l'ambiance, les réflexes d'auditeur trop gâté. Déjà, des   inflexions sonores bizarres avaient surgi çà et là. Rien de grave, pensait-on.

 

http://pds.exblog.jp/pds/1/200501/13/92/b0014492_14162478.jpgEn fait, tout le disque progresse comme ça, à la moindre illusion de confort, pan dans les gencives, quelque chose vous oblige à vous remettre en question. Sans trop vous demander votre avis, et avec l'autorité que confère l'audace et le courage. Ambiance amère, soleil trop blanc, qui annonce tout bonnement la pluie. La première exploration totale de l'ensemble laisse perplexe. On a bien vu des choses dans le brouillard, le long de la rivière. Fantômes ou silhouettes discrètes, impossible de le dire. Il reste uniquement de la brume sur la figure, et un goût de cendre permanent. Autant vouloir attraper du mercure, se dit-on, un peu effrayé par la portée ressentie. Une bonne semaine à se passer le truc, pour en cramponner (juste le minimum) les poignées, suivre sans trop de problèmes, ressentir autre chose que de la douleur et de l'émotion. Disque difficile, interne, tourné vers ces choses qu'on aimerait tant dire. Mais que la pudeur nous interdit de seulement penser à exprimer. La voix féminine pour le mystère et l'introspection, l'organe masculin pour le drame et l'orage qui arrive.  Et ces arrangements gonflés, venus directement du désert le plus proche. Comme pour tester un peu plus l'auditeur, déjà bien rincé, à la recherche de son cerveau et de sa raison. Comble de bon goût, les bonus live sont utiles et ont un son correct, ça change un peu. On y découvre un groupe  plus musclé, plus classique, qui se décoince (enfin) un peu, mais ose adapter (magnifiquement) Oscar Wilde. Vicieusement, le dernier morceau est une tuerie de chagrin. Façon ultimes adieux qui arrachent les tripes. Une porte de sortie pourpre, un couloir non éclairé vers des apocalypses métaboliques. Usage intensif déconseillé, mais une ingestion automnale, et à petite dose, semble aider à préparer la grande purification hivernale. L'eau est marron, le vent coupant, et la musique importante pour la carcasse. Merci à Sylvain.

Laurent

LIEN :

Dear One

commentaires

Mani 05/04/2011 23:05


Chapeau ,très bien décrit , moi je l'ai découvert dernierement , il est vraiment fantastique de la veine des Linda Perhacs et Vashti Bunyan .... A Moon song très troublant .
je ne fait que passer par hasard alors merci et adieu ;o)


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