Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Folk Rock / NEIL YOUNG - L'Exorciste

par lou 16 Janvier 2012, 10:19

 

FOLK ROCK

 

NEIL YOUNG - Tonight's The Night

 

L'Exorciste

 

 

http://2.bp.blogspot.com/_bIgHZQu-UEA/S-scJQz3meI/AAAAAAAAAmc/MvWd1V_nEUE/s1600/neil+young+tonightsthenight.jpg

Tout ce grunge était quand même une vaste fumisterie. Des groupes adeptes du DYI, un peu plus frais que la moyenne, et vite récupérés. Les Pearl Jam, Soundgarden et autres Alice In Chains se sont retrouvés bombardés héros du jour, sans bien comprendre pourquoi. Pendant que, dans mon bled, les fans de Nirvana écoutaient aussi Sepultura. Ce que j'appelle le plus bel oxymore depuis Tristan Corbière. On pourrait aussi se demander qu'est ce que Sonic Youth avait à voir avec tout ça, et encore mieux s'en référer à Neil Young. Puisqu'on retrouvait son nom à longueur d'interviews, dans ces années la.  La chemise à carreaux, les chansons à se déchirer le cœur, les grosses attaques de guitare, que sais je encore. Manquait juste l'essentiel pour égaler le modèle, ce coté caractériel/vieux râleur imprévisible.  Dans mes siècles de lycée, je guettais les promos chez mon disquaire (petit budget) et je me revois encore partir avec Zuma. Qui m'avait un peu déçu, je m'attendais à beaucoup mieux, tant les critiques déliraient à son sujet. J'ignorais alors deux principes de base :

*  se méfier des journaleux qui reçoivent les disques sans les payer.
*  éviter de juger un disque de Neil Young sans connaître ni le contexte, ni celui d'avant. Tout en sachant que celui d’après est probablement en boite depuis deux ans.

http://4.bp.blogspot.com/_Ej-bQhfaTII/S582jpQ4WRI/AAAAAAAABIg/Obp97vnrNs0/s400/DSCN0050.JPG Zuma, donc, était une gigantesque remontée vers la lumière la plus salvatrice, après avoir frôlé les abysses de la folie. Une galette qui écorchait joyeusement le rock, alors que Tonight's The Night arborait d'entrée un profil douloureux et dépressif. Comme celui que vous affichez en mettant le nez dehors début Mars, sans avoir posé les pieds dans la rue depuis deux mois. La pochette, en tout cas, a du épouvanter tous les babas de l'époque. Un Neil à la tronche méconnaissable, sorte de dealer de cauchemar. Et la photo du groupe à l'intérieur, fait aussi très fort. Même le J Geils Band n'a jamais réussi à avoir ce profil impitoyable de gang psychotique. Et la mise en place générale est plus que rudimentaire. Presque bâclé, si loin de la perfection stérile d'Harvest.  Bon, les circonstances sont bien connues. Un Neil Young brisé par la mort de son roadie (Bruce Berry) et de son guitariste (Danny Whitten). Tous les deux emportés par la mort blanche. Plus les classiques problèmes avec la maison de disques (la pauvre) qui voulait empêcher la sortie de l'album. Aucun cadeau à attendre donc. On est prévenu dés le  premier morceau, après avoir raccroché le  téléphone pour une sale nouvelle. Il y a la pièce, les rideaux, et un sale goût dans la bouche. Envie de se faire une toile, pour changer d'humeur. Sans seulement voir le film. Juste l'écran. Faire le point si possible. Putain, Neil est tellement cassé qu'il pompe sans vergogne un morceau des Stones.  Pire il le revendique. Sur la chanson suivante, tout le monde est invité à descendre encore plus bas. Le vice est poussé jusqu'à nous refiler une prise live, avec Danny Whitten au chant. Normalement, les murs doivent commencer à vous écraser le cerveau. Même Neil l'a senti, du fond de sa caverne. Il s'arrache la gorge mais crache le morceau. Apaises Mon Esprit chante t-il.  Le voyage maudit à été trop loin, c'est revenir ou y passer. Les chansons lentes trimballent toutes un curieux feelings, d'ailleurs. Neil s'est, semble t'-il trouvé une nana, mais tout ça à des allures de marche funèbre. Un vieux fond lugubre, qui rode quelque part. Pendant que Woodstock et CSNY reçoivent aussi leur raclé. Deux coups de pompe bien ajustés. Pas question de participer à la grande ménopause des copains de promotion (Stones et Who en tête). Ou de retourner sa veste façon Bowie. Non et non, il a lutté pour être indépendant, foutez lui la paix. Et il vous racontera cette histoire de deal de poudre, qui a mal tourné. Et où un type en a flingué quatre autres. Le tout assené d'un ton dégagé, presque banal, sur fond de country électrique et peinard. Avant de fermer le banc avec une reprise terrible de la chanson titre. Sorte de message laissé sur la porte, à la pointe d'un couteau. Surin planté entre nos épaules. Qui oserait emmener cette galette maudite sur une ile déserte ?
Laurent

 

Lien :

Tonight's The Night

 

commentaires

Haut de page