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Folk UK : Smoke Fairies - Through Low Light And Trees

par lou 25 Juillet 2011, 15:59

FOLK UK

 

Smoke Fairies - Through Low Light And Trees

 

http://userserve-ak.last.fm/serve/500/38671759/Smoke+Fairies+_Third+Man+Record.jpgSelon Philippe Garnier (un de nos maitres en écriture) un vrai journaliste trouverait son angle même sur la route 66. Autrement tourné, rien d'impossible une fois les tentacules sur le clavier. Je dis ça, et l'album des Smoke Fairies me glisse des doigts depuis des semaines. Qui commence vraiment à m'énerver. Pourtant, elles ont l'air plutôt sympa, ces deux anglaises. Pochette de bon aloi, sombre et floue, tout juste si on les reconnaitrait à la caisse de Carrefour. Et puis ce titre génial, A Travers La Lumière Basse et Les Arbres. Rumination, promenade dans les sous-bois, odeur d'humus et de champignons. S'assoir dix minutes sur un tas de buches, et sentir le temps passer. Ecouter le silence est un sport de privilégiés. Avant que la fanfare des civilisés ne rejoue son numéro favori. Vous obligeant à un stratégique repli, vers les zones les plus folkeuses de votre bunker. 

 

http://www.thelineofbestfit.com/wp-content/media/2010/08/smokefairies.jpgJ'adore, en principe, ce genre de disques climatiques. Evocateurs de paysages dignes de Barry Lindon. Du vert à perte de vue, du rocher sauvage, du vent sur des blés robustes. Mes humeurs sombres s'y prêtent bien, et j'y trouve des échos à mes vieilles nostalgies. La musique doit alors vous porter, tenir le volant en égoïste. Et vous fouiller la tripaille comme une douzaine de vautours. L'énergie nécessaire à un nouveau départ est là. Dans l'échange entre votre vision trouble (autant que troublée et troublante) et ce que l'artiste a bien voulu mettre dans sa marmite. Les nénettes de Smoke Fairies (nom de groupe génial, j'ai d'abord cru à un combo psychédélique) ont choisi la difficulté, faut dire. Folk languissant sur voix d'anges, blues évanescent, le tout drapé dans une instrumentation acoustique élégante. En plus, elles ont l'air correctement désespérées, adeptes des rapports humains difficiles. Bref, tout est parfait. Et c'est bien là que réside le problème. Ces chansons pourraient aussi bien accompagner un dimanche de pluie, que passer sur la plus crétine (la majorité) de nos radios. Les séquences d'accords peuvent séduire nos régurgitations mentales les plus noirâtres. Pas les exacerber, différence de taille. En retrouvant parfois l'alchimie du meilleur Jimmy Page. Cette mystérieuse potion, qui fait résonner la chanson au plus profond de votre ADN, en vous (nous) rappelant à quel point l’être humain est fragile.

 

Mais au final, ma boulangère aimerait bien ce disque, incapable de chasser le moindre de ses clients. D'attiser autre chose que du positif, si on veut aller au fond des choses. Pas une flaque de vomi dans le joli couloir,  de taches de sang sur le papier peint. Je vois le fantôme de Léonard Cohen, qui en ricane, avec ses chicots atroces. Tout en rangeant soigneusement son petit carnet de notes.  Attention les Smoke Fairies planent dix kilomètres au-dessus de la production actuelle. N'allez pas me faire mentir. Même moi, je m'en veux presque d'afficher mon cynisme, de demander tant. Parce que je suis certain qu'en forçant un peu dans le rouge, on aurait vraiment eu quelque chose de grand. Ecoutez Erie Lackawanna, cette montée de refrain qui se voudrait destructrice. Et se contente de frapper à la porte, presque timidement. Incapable de transcender quoi que ce soit. Au final, un beau disque, demandant beaucoup d'attention, tout juste un peu anonyme. Achat recommandé tout de même. Mais traitement doux de rigueur.  Evolution difficile à prévoir.

 

Laurent

 

LIEN:

Myspace

 

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