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Garage Revival / The Clique / Dukes Of Hamburg- Les Garagistes Anonymes

par lou 11 Mars 2013, 09:58

 

http://userserve-ak.last.fm/serve/252/24587191.jpgGARAGE REVIVAL

 

 

 

 

 

 

THE CLIQUE

THE DUKES OF HAMBURG

 

 

 

 

 

Les Garagistes Anonymes


 

Si vous voulez mon avis, tout ça c'est Freudien. La poussette garée trop près du Teppaz. Enfance normale, tout juste cette tendance à jouer dans le garage. Comme une fascination pour ces quatre murs moches. On a pu, dans certains cas extrêmes, déceler la présence d'une Vespa, à ce moment crucial où la conscience se forme. Et puis arrive la rude période de l'adolescence. Et là, il faut choisir son camp ou mourir. Certains y arrivent très bien, puisque la génétique ne les porte vers rien de précis. Papillonnant de clan en clan, les voici réussissant dans l'existence. Sans se poser de questions métaphysiques sur l'avenir du rock, ni la perte des racines. Leur fixation n'est pas un morceau de guitare de Pete Townshend, retrouvé dans la cave du Marquee. Voire, sur une plage de Brighton. D'autres prennent les couleurs d'un clan, et les arborent toute la vie. Déjà bien atteints, ils sont dévoués à une époque, à une poignée de groupes. Pour eux, tout s'est arrêté assez tôt. Leurs héros ont souvent trahi la cause, les autres sont morts avant d’être vieux. Et ils regardent la musique (copie en carton de la LEUR) s'exprimer en ersatz pâlichons. Autant que vulgaires et creux. La différence entre la Northern Soul la plus charnue et NRJ, si vous voulez. Vient la catégorie ultime, la zone rouge/rivière sans retour, des gens qui ont monté un groupe autant (sinon plus) pour exprimer leurs obsessions, que pour le trip bières chaudes/gonzesses froides. Il est facile de moquer la naïveté de la moindre action en direction du revival, certes. Notre monde est fait de telle façon qu'il vous donne, sans délai, raison si vous militez pour la dernière connerie à la mode. Les jardins secrets sont alors bien avisés de le rester. Prenez le micro, affirmez que Ronnie Bird (période Decca, no shit, précision qui tue) est le plus grand chanteur de rock français des années 60, et cachez-vous sous la table. Au mieux, l'assistance hausse les épaules. Au pire, on vous inflige une litanie béret basque. Pointée en direction de vieux croutons, depuis longtemps versés dans la variétoche et l'UMP. Là, inutile de sortir les références habituelles (Barracudas, Dogs, le couple Flamingo/Teenage Head). Le mutant moyen oublie, bien souvent, que la vaccination à la compilation 60's ne concerne (selon l'OMS) qu'un humain sur dix millions. Dans un rapport alarmant, il est stipulé que, parfois, la simple addiction au premier Nuggets ne suffit pas. Plus inquiétant encore, les Garagistes Anonymes indiquent que, placés sous perfusion de son Small Faces/moue Rolling Stones, certains intoxiqués se sont barrés avec la perfusion. En chantant Qui Est In Qui Est Out, du fond de leur délire vintage. Oh, les gonzes n'ont pas fait beaucoup de chemin. On les a retrouvés dans le premier vide grenier de quartier. A retourner des singles poussiéreux, les yeux exorbités. Interrogés, ils n'ont livré que quelques noms.

 

http://userserve-ak.last.fm/serve/300x300/5294178.jpgC'est à ce moment que je me suis réveillé, et précipité vers la boite aux lettres. Je savais que les rééditions de The Clique étaient arrivées. Comme l'heure de matérialiser mon admiration pour ces anglais, donc. Pas super top geeks, pas synthé/plumes dans le cul. Et un unique album (The Self Preservation Society, 1995). Sorti sur Detour Record. Référence à faire sourire même le fantôme de John Entwistle. Un autre monde à visiter. Celui des disques dont les auteurs ont grandi pas loin de la discothèque idéale. Attention, pas des pompeurs sans foi ni loi. La même flamme que les Jam. En cent fois plus stricts et pointilleux. Un pub de Wardour Street ou de Hampstead, il est deux heures du matin. Sur scène, The Clique entame son quatrième set de la soirée. L'orgue Hammond répond au chanteur, tout le monde est à sa place, évitant d'en faire trop. Mise en place impeccable, souvenir de l'Alan Bown Set, en plus velu. Et quelle collection de grandes chansons, dans nos dents. L'auditeur s'attache à son fauteuil, plus jamais subir la sono du supermarché. Écoutez Bareback Donkey Rider (bonjour pour traduire) par exemple. De la dynamite toute pure et toute simple. Mais ça n'a pas marché, nous objecte un sociologue. C'est donc que... Juste le temps de faire manger son râtelier à ce pisse froid, et on continuera à s'extasier sur The Clique. Ses morceaux courts, qui disent tout en moins de trois minutes. Mélodiques toujours, même en cas de gros accords.

 

Non, Creation et Action ne sont pas sacrifiés pour rien. Quand arrive The Cadbury Flake Theme (leur Madeleine de Proust à eux, wouarf wouarf) vous êtes en état de choc, touché émotionnellement. Une vie à prévoir, à se douter de l'existence du nirvana auditif. Et la révélation brutale, au coin d'une journée banalement ordinaire. Le choc est fort, et la perception de l'auditeur pour toujours altérée. The Clique pouvait mourir, ignoré de tous. Les cendres brulaient tellement qu'elles ont même laissé une compilation d'inédits. Et si Vanbrugh Park manque de la cohérence de son illustre ainé, il le rejoint sans problèmes niveau contenu. Écoutez-moi Ground Ginger, qui débute les hostilités. Ce clavier qui virevolte, cette aisance permanente, aaarggh. La ponctuation vient de loin, mais elle frappe au bon moment. Va te rhabiller Billy Cobham. Attendez, je connais cette chanson... Oh putain, Sookie Sookie. Un morceau de Steppenwolf, par des anglais ? Ben oui, sans le coté menaçant de John Kay, il reste un beau moment soul et remuant. Les gars de The Clique étaient des fans avant tout. Leavin Here (vieux standard Motown) tout le monde l'a joué celle-là. Y compris les Birds de Ron Wood (tiens donc). Ils vous enchainent ça avec un instrumental du diable, impossible de dire à qui ils ont bien pu le piquer. A ce stade, le chroniqueur a baissé les bras. Vaincu par KO technique, la serviette au milieu du ring. Les vaches. Le fan club Steve Marriott va faire un procès, et celui des Who râler salement. Quand ils auront entendu The Clique s'approprier Young Man Blues. Version dépouillée et hargneuse, près de l'os. Je vois des vétérans qui pleurent de bonheur, dans l'assistance. Précisons qu'ils ont emprunté leur nom à un excellent groupe mod, des années 60. Quand à Self Preservation Society, c'est le titre d'un film avec Michael Caine (classe le mec).

LIEN : Youtube

http://willthefire.com/wp-content/uploads/2012/07/WheelsPhoto-e1343328899926.jpg

The Wheels

 

 

Bon goût, bon rock. Que demande le peuple ? Un peu de sauvagerie peut être. Quelques calottes assénées par une pelle couverte de goudron. En restant en terre britonne, tout de même. Cette nation qui fête joyeusement les momies qui la gouvernent, mais a livré des pépites essentielles en matière de rock chevelu et dégénéré. Je me faisais une telle joie en apprenant la sortie d'une compilation des Wheels, puisqu'au grand jamais on oublie les ancêtres. Et voilà une franche déception qui pointe. Du peu qu'on a entendu de ces irlandais (trois singles dans les 60's) on espérait une réponse franche et massive aux Belfast Gypsies. A classer au panthéon des Vip's ou des Boots (allemands). Au final, le bilan est maigre. En fait, comme beaucoup, les Wheels dynamitaient gaiement les morceaux des autres, mais question créativité on pouvait repasser. Et ils rodaient tellement dans l'ombre des Them, qu'on est presque gêné pour eux. Trois reprises de la bande à Van Morrison, ça fait beaucoup. Sans compter que le morceau titre (Roadblock) pour être le bijou du lot, reste un pompage de Mystic Eyes. Décalque puissant, menaçant,impitoyable, avec un orgue sinistre pour en rajouter. Par contre leur classique à eux (Bad Little Woman, plus connu par les Shadows Of Knight) est nourri au pétrole de dragster. Possibilité de faire cuire des saucisses sur le pot d'échappement. Pour rester crédible, il y a aussi l'inévitable Gloria (ben voyons) qu'on dirait vampirisée par les Deviants, tellement le groupe l'éclate gaiement. Le chanteur braille façon Mick Farren (soit comme une corneille rétamée à la Gitane Maïs) ce qui est toujours une bonne nouvelle. Le reste des douze titres de cette anthologie (mis à part un teigneux Mona) présente vraiment peu d’intérêt, souvent à la limite de la pire pop culturiste.

 

Pour nous faire dérouiller correctement, traversons donc l'Atlantique. En plus, niveau fétichisme sauvage, les Dukes Of Hamburg se posent un peu là. Découverte récente (merci à Laurent Bigot) qui a enthousiasmé le fan des Stones qui rédige. Some Folks (2002) semblant être le seul disque de ces San Franciscains à pouvoir être acquis facilement. En même temps qu'il nous renseigne, d'entrée, sur leur niveau d'intoxication. Les gonzes prétendent d'ailleurs être allemands, et le visuel reprend celui du label Hör Zu d'époque.

 

http://2.bp.blogspot.com/_nxH9e2e4OI8/R2u3lEe0IDI/AAAAAAAADD0/agV09Wxdr1s/s400/dukes-of-ham-some-1.jpgBien connu des aficionados (mes frères) du vinyle vintage. Avec (dans la langue de Goethe) le genre de littérature qui fleurissait au dos des pochettes de l’âge d'or. Et qui, pour peu qu'on y regarde de près, vous les situe tous dans les 65/70 balais. Sans compter que le groupe pose en armures (si, si) comme des croisés chargés de défendre le très Saint Temple rock, contre les méchants marchands de claviers maudits. Et ils y réussissent plus que bien, vous savez. Avec leur blues trafiqué, aux pieds cradingues, à l'haleine lourdement chargée, ils en donnent encore plus à ceux qui ont commencé à trouver Out Of Our Heads commercial. La guitare qui introduit Greensleeves est frottée de tétanos Richardien. Une coupure sur ce tesson mortel peut générer une plaie à vie. Vous avez bien déjà dû tomber dans des orties, c'est la même sensation cuisante. Les Dukes Of Hamburg n'ont certes pas (ils doivent même s'en taper) inventé la treizième mesure, pas plus que révolutionné quoi que ce soit. On n’est pas là pour ça. Un bon moment partagé, voilà leur Graal. En clair les mecs sont hypnotisés (ça à l'air facile). Et les meufs se sentent, euh, attirés par des vibrations, comment dire, spéciales. Le chanteur hésite entre une voix posée à la Ray Davies, ou un jacassement Jaggerien exaspéré, ce qui, à tout prendre, vaut mieux que les hordes de clones de Robert Plant portées par la profession. Et s’ils reprennent des morceaux des Stones, ce sont déjà à l'origine des chansons adaptées par les teigneux de Richmond (Mercy Mercy par exemple). Voyez un peu où va se nicher le snobisme. Tout cela vit, gigote, remue sans trêve ni pitié, on n’est pas au musée. Plutôt dans un genre de conservatoire des espèces. Où existent encore des spécimens traqués sans relâche par la modernité. Écoutez les Duke Of Hamburg faire la peau à Boom Boom Boom, le beat bien régulier qui explose d'un coup, ivre de puissance. Et ce Hey Joe monté sur un vieux riff des Who. La buvette est vide, le public massé devant la scène juste devant Mick et Keith. Le rock and roll m'emporte et je dis n'importe quoi. C'est aussi à çà qu'on sait quand la musique est bonne.

LIEN : Myspace

 

Laurent

 

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