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GNOD - Interview Exclusive / Pan Dans Les Dents

par lou 29 Septembre 2011, 15:38

ROCK UNDERGROUND

 

GNOD / Entrevue

 

Pan Dans Les Dents

http://www.music-dash.co.uk/siteimages/bands/gnod07.jpg

Gnod ? Des anglais qu'on a découverts à travers White Hills (eux même remarqués avec The Heads, logique implacable). Si vous aimez vous rincer les oreilles au napalm cosmique, ce groupe est votre tasse d'acide. De la violence rouge et convulsive d’In Gnod We Trust, à la beauté spatiale de Gnod Dropout With White Hills II, l'aventure sonique d'un kraut réinventé. Rien de mieux que ce genre d'alchimie, pour se sentir vivre enfin. Immense catapulte vers des étoiles de glace. Toutes limites enfin abolies. Laissez la baraque léviter, encore un peu.  Et en interview, ils sont plutôt bons aussi.

 

 

Laurent : Qui êtes-vous, que faites-vous dans le groupe ?

 

Chris : Chris Haslam. Je fais partie du groupe depuis le début 2007. Juste avant qu'on commence à  jouer live.

 

Paddy : Paddy Shine. Fondateur du groupe en 2006.

 

Marlène : Marlène. J'ai rencontré Gnod lors de leur abominable concert dans une cave (Percy Palace, Manchester) le jour l'an 2007. Nous avions des amis communs, qui avaient monté une sorte de groupe hip hop, dans lequel on jouait tous. J'ai embrayé avec la dinguerie Gnod.

 

Neil : J'ai débarqué en Août 2007. Jouant du vieux Stockhausen et des effets sonores de la BBC sur les jams des autres. Devenu vocaliste quatre mois après.

 

L : Premier et dernier disque achetés ?  Comment êtes-vous venus à la musique ? Vous en vivez ?

 

C : Pas moyen de me souvenir si le premier était We All Follow Man United ou Ghostbusters. J'ai grandi avec une toute petite collection de disques. La plupart en cassettes, des trucs que je piquais à la radio ou chez des amis. J'ai écouté de la musique pop jusqu'à environ 13 ans, avant de me tourner vers le métal. Mon premier album de hard était Dirty Deeds Done Dirt Cheap d'AC/DC. Je l'ai passé chez moi, et ma mère a rigolé comme une dingue, quand elle a entendu Big Balls. Après quelques années de trucs de plus en plus durs et rapides, j'ai commencé à écouter ce qui se faisait à Manchester, les Happy Mondays, James, Inspiral Carpets. Et aussi Pink Floyd et les Doors. Il a fallu beaucoup voyager pour arriver à la musique que j'aimais vers mes vingt ans. Un long chemin vers le psyché underground. Mon dernier disque acheté est le récent simple de Divorce, après que je les ai vu jouer au Fat Out Festival.

 

P : J'ai oublié le premier acheté, mais le premier véritablement ENTENDU, quand j'étais gamin, était Van Morrison, Astral Weeks. Il m'a arraché la tête, je pensais que ça venait d'un autre monde. Toujours pas moyen de croire qu'il avait seulement 23 ans, quand il a enregistré cet album. C'est là que je suis venu à la musique. Après, je suis parti à Manchester, et j'ai commencé à me gaver. Dernier disque acheté, Heatless Ark  de Blank Realm. Parlant de vivre de la musique, c'est plus une attitude qu'une carrière. Je m'en sors bien en faisant un peu la manche, jusqu'à maintenant. Jouer sur scène et visiter d'autres pays est un salaire suffisant.

 

M : Vraiment aucun souvenir, mais c'était probablement quelque chose de merdique. J'ai grandi en écoutant principalement Pink Floyd. C'était l'obsession de mon père, il accrochait des enceintes partout dans notre appartement, et passait ça presque tous les jours. A fond la gamelle. Dernier disque acheté ? We Are Devo, dans un dépôt vente je pense. Je suis entouré par les collections de disques de Chris et Paddy, donc plus grand chose à acquérir... J'ai commencé à jouer vers quinze ans, j'écoutais du funk, tous ces bassistes flashy. Gagner sa vie comme musicien serait vraiment idéal. On devrait travailler dans ce sens.

 

N : Premier disque MARRS, Pump Up The Volume. Le plus récent, Enter Castle Perilous de Factory Star. J'écoutais intensément les charts, et la collection de disques de mes parents, en tant que gamin des années 80. Mais c'est d'entendre John Peel, à l'âge de onze ans, qui a transformé ça en mon obsession d'aujourd'hui. Je ne vis pas de la musique, sans faire grand-chose d'autre. Ce qui m’amène beaucoup de choses pour rien. J'aime ce qui est gratuit.

 

L : Pour couper court à une question qu'on a du vous poser un milliard de fois, «GNOD» ça veut dire quoi ?

 

C : Agiter (Nod) comme dans secouer la tête, en signe d’acquiescement. Dieu Gnostique. Pas de Dieu. Apparemment, en danois, ça signifie aussi plaisir. Ce qu'on ignorait, jusqu'à ce qu'on joue là-bas. Il n'y a pas de sens précis, juste plusieurs interprétations possibles. C'est pour ça que ça fonctionne. Les noms de groupes en un seul mot sont les meilleurs.

 

P : Je suis le seul à savoir le vrai sens, mais je garde ça pour moi.

 

M : Paddy me l'a dit. Pas un truc à raconter.

 

N : Je veux pas savoir.

 

http://www.normanrecords.com/images/covers/204/123704.jpgL : J'ai entendu parler de vous pour l'album avec White Hills. Comment cela s'est-il fait, et qui a joué quoi ?  Vous avez entendu  leur dernier disque ?

 

C : On a enregistré beaucoup de matériel à Londres, après avoir gagné du temps de studio sur le site Carbon Logic, en 2008. Quelques morceaux ont été mis au point, mais on était pas content du mixage. Il nous fallait quelqu'un pour transformer tout ça, dont on ne savait pas quoi faire. On avait rencontré White Hills l'année avant, quand ils étaient venus jouer en Angleterre. Dave voulait qu'on lui envoie des morceaux, pour collaborer. Ce qui est devenu Aquarian Downer. Dans la mesure où ce qu'il a fait nous plaisait, on a pensé à lui faire parvenirDropout. Pour essayer un mixage. Et quelques mois plus tard, il est revenu avec Gnod Dropout With White Hills I. Qu'il a sorti en CDR, sur Drugspace, son propre label. Quelques mois plus tard, Rocket Records le voulait aussi, on a donc proposé l'idée d'un double album, avec les autres titres des sessions de Dropout, et du matériel de White Hills, pour aider à compléter. Dave a refait sa magie, et c'est devenu  Gnod Dropout With White Hills II. J'ai entendu leur nouvel album, il est bon. C'est un grand groupe, et des gars vraiment cool. Ils méritent de réussir.

 

L : Si vous deviez mettre votre groupe dans une boite, avec une catégorie dessus, ce serait quoi ? Psychédélisme moderne?

 

C : Fanfare pour zombie. Les classements musicaux sont gonflants. C'est chouette d'avoir une idée de ce qu'on achète, mais il est m'est arrivé d'investir après avoir lu une description, et c'était de la bouse. Pas du tout ce qu'on en disait. On peut aussi bien mettre un code de couleur, par rapport au degré de violence. Rendez toute la musique merdique transparente, qu'on puisse l'éviter. Ce serait plus logique que d'inventer des mots, pour que tout sonne cool et fasse vendre des magazines.

 

P : Amour de rock.

 

M : Blackpool Rock.

 

N  :  Musique de  vie, de sexe et de mort.

 

 

L : Parlons de In Gnod We Trust. D'abord, il semble que le sujet abordé soit la religion, et montre un degré élevé de violence. Les deux choses sont-elles liées ? Quelle est votre vision politique et votre opinion sur les temps que nous vivons ?

 

C : Les masques tombent, tout doucement. Tout le monde commence à réaliser que des bâtards tirent les ficelles. Que notre Terre est ruinée pour le profit de quelques privilégiés. J'aimerais penser que la plupart des émeutes récentes en Angleterre, sont basiquement dues à cela. La plupart des gamins veulent un Iphone, une Xbox, et une nouvelle paire de baskets. Encore que, je ne vois aucune raison de détruire le bien des autres, qui sont dans le même bateau. Les banques ont tellement plus ruiné le pays que les manifestations. Et le gouvernement les a laissés s'en tirer avec la caisse, sans sanctions. Même pas de nouvelles lois, pour éviter que ça se reproduise. Le clampin moyen se fait baiser jusqu'à l'os, et les choses ont besoin de changer. Mais avant, il faudra que tout aille encore beaucoup plus mal. S’il y a  de l'amélioration un jour. C'est un point de vue glauque, et j'ai peur quand je vois l'état du monde. La plupart d'entre nous, occidentaux, ont de la chance. Il y a beaucoup de gens, dans le monde, qui passent leur vie en esclavage, juste pour survivre. En principe, pour fabriquer les trucs que nous achetons, consommons et jetons, sans y penser plus que ça. Le petit confort empêche les gens de vouloir du changement. Ce qui explique que tout reste pareil. On ferait mieux de rester la tête dans le sable, sans penser à eux. Parce que le peuple aime ce que lui donne le capitalisme. L'aisance. Je peux simplement parler du catholicisme, puisque c'est ce qui m'a vu naître. Mais je suppose que pour les autres, c'est pareil. Les religions aident les gens à s'abriter derrière des masques, mettent des idées terrifiantes dans la tête des enfants, et embrouillent les idées des adultes. De cette façon, ils ne pensent pas librement, ne font pas de libres choix dans la vie. La religion crée aussi des divergences entre les peuples. C'est presque une forme légale de racisme, qui a travaillé à se protéger des critiques. Même si l'histoire montre sa responsabilité dans des siècles de violence et de brutalité. Elle peut aussi démolir l'unité d'une famille, si quelqu'un décide que les autres n'ont pas les mêmes croyances que lui. Ou que leurs vies ne sont pas conformes à ses principes. Autrement dit, la religion enseigne aux gens à penser «si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous». Il ne semble pas y avoir beaucoup de place pour la tolérance, ou l'ouverture d'esprit, dans la religion. C'est juste suivre, suivre, suivre, sans poser de questions. Ayant dit ça, je pense que plusieurs histoires de la bible sont assez cool. Et que Jésus était bien cool. Si tout ce qui se raconte sur lui est vrai. J'ignore comment on va de son enseignement, aux croisades. Au nom de Jésus, on va vous démonter la gueule, jusqu'à ce que vous aimiez votre prochain ! La photo de Jean Paul II, au dos d’IGWT, est le genre d'image que la religion devrait suivre. Où est l'humour, dans tout ça ? Ils doivent apprendre à rire d'eux-mêmes. Bien que ce soit difficile de trouver quelque chose de marrant, là-dedans.

 

http://rocketrecordings.com/images/42_in_gnod_we_trust.jpgP : IGWT est parti d'un coup de gueule contre le pape, quand il a visité l'Angleterre, l'an passé. On enregistrait à ce moment-là. Tony's et Vatican sont arrivés, ce qui nous a pris par surprise. Tant c'était devenu violent. Je ne pense pas que ce soit particulièrement politique, mais certainement un peu paranoïaque. Nous vivons une époque bizarre, stressante. Je ne suis pas vraiment politisé, c'est de la connerie. Je dis «Continuez à courir, sans vous retourner». Amusez-vous, on va bientôt y passer.

 

M : La pochette du disque était un genre de vanne sur la venue du Pape en Angleterre. Vatican, bien qu'il n'ait rien eu à voir avec la religion, lorsqu’il a été écrit, en donne une bonne définition. Il parle d'horreur, le mal est en chacun de nous.

 

 

L : Que faisiez-vous lors du dernier mariage royal ?  En France, on nous a dit de croire que chaque citoyen anglais se sentait fier et heureux. Vous aussi ?

 

C : Paddy et moi sommes allé faire la manche, à Manchester. Pensant que la ville serait pleine de crétins, gaspillant leur argent. En fait, tout était vide. Encore moins de gens qu'un dimanche ordinaire. Un reporter local nous a interviewés dans la rue, nous demandant pourquoi on ne regardait pas le mariage. J'ai répondu que je ne savais pas qui étaient ces gens, qu'ils n'avaient rien à battre de moi, et que par conséquent je me contrefoutais de leur mariage. Apparemment, tout ceci a fini au journal du soir, mais je ne l'ai pas vu. Je suis indifférent à la famille royale. La seule chose que je ne veux pas, c'est qu'ils vivent avec les impôts du peuple. Ils attirent les touristes, qu'ils fassent leurs propres vidéos, leurs services à thés, et qu'ils les vendent pour gagner leur fric. Au lieu de ça, ils prennent l'argent des gens ordinaires, et vivent dessus. Ça me semble mauvais. Et ça amène l'idée que votre naissance est plus importante que vos actes. Un concept très facho, à mon avis.

 

P : C'était marrant. Je pensais qu'on pourrait se faire un peu de blé. Quelle rigolade, rien à cirer d'un mariage royal, ou d'une famille royale. Laissez-les bouffer du cake.

 

M : Royauté ? Euh...

 

 

L : Qui a eu l'idée de la pochette ? Aucune censure en vue ?

 

C : On avait l'idée du pape dans la papamobile, avec une grande pyramide Gnod sur la tête. Saluant des gens tabassés par les flics. On pensait que ce serait une bonne image. Finalement on a opté pour un pape au grand visage Gnod. C'est fait pour être subversif, mais avant tout marrant. On ne cherche pas la controverse. Quand vous y pensez, l'image est assez basique. Un pouvoir tout puissant, délivré par une main d'acier.

 

P : Tout a commencé comme une vanne, en mangeant, après un chouette concert à Londres. On balançait des vannes avec Chris et John 0, de Rocket Records. Et c'est le pape qui a morflé. Le résultat final est fort, autant que bizarre. Un miroir abstrait des temps que nous vivons, et une vacherie. Il se trouve que je réponds à ces questions, pendant que Manchester et Salford sont sans dessus dessous (09/08/2011 à 21 heures 07). La moitié de la jeunesse anglaise est prête à la baston. J'ai envie de me foutre à poil, mettre IGWT sur la platine, et sortir sur le balcon, pour voir de la fumée.

 

M : C'était pour rigoler. Je pense que ça passe bien, et qu'il pourrait y avoir plusieurs sens. Ça colle bien avec l'été des émeutes anglaises. Prémonition...

 

N : L'histoire s'accomplit ici avec les émeutes. C'est de la putain de musique pour une putain d'époque.

 

 

L : Que faudrait-il pour que vous choisissiez trois minutes de votre musique, en fassiez un single commercial, et tentiez votre chance à la radio ?

 

C : L'idée d'écrire une chanson pop nous plaît, on aimerait y arriver, mais on ne recherche pas ça. Quand on répète, on a trop de plaisir à jouer une note pendant longtemps. Ce qui est très éloigné du format pop. Peut-être, dans le futur, un morceau sortira d'un de nos bœufs, qui pourrait cartonner. Mais, pour nous, ça doit être naturel, qu'on puisse vivre avec.

 

P : Je l'ai fait. C'est trop facile.

 

N : Les gens sont libres de faire leur truc, en prenant trois minutes. Mais, ils manqueraient beaucoup de choses.

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L : Il est facile d'imaginer qu'une telle vision musicale a quelque chose à offrir, sur scène. Vous tournez beaucoup ?

 

C : Pas autant qu'on le voudrait. On aime jouer en Europe, ce qu'on tente de faire au moins une fois par an. En général, on s'occupe nous-mêmes du business. Ce qui nous a bien servi, puisque on a rencontré beaucoup de gens fantastiques, sur notre chemin. Avoir un agent sympa, pour les concerts, serait cool, tout de même. On est toujours à la recherche de moyens pour à la fois donner des concerts et vivre.

 

P : J'adore tourner, c'est la meilleure partie de tout le bazar. Jouer chaque nuit pour de nouvelles audiences, rencontrer de nouveaux amis, être avec de super groupes sur la route. Suer, boire, être privé de sommeil, fumer, regarder notre chanteur manger des salades de fruits de mer de chez Lidl. Et foutre le camp d'Angleterre. J'aime la façon dont les groupes deviennent des mécaniques, en tournée. La musique crache alors une sérieuse énergie.

 

M : J'aimerais qu'on tourne tout au long de l'année. C'est la seule chose qui nous rende vraiment heureux. Que pouvez-vous désirer de plus dans la vie ? Conduire dans des endroits inconnus, jouer de la musique à des gens qui veulent l'entendre. Rencontrer des cultures et des gens intéressants.  Voir de bons groupes, par la même occasion. Comme l'a dit Chris, ce serait bien d'avoir quelqu'un pour nous aider, nous trouver plus de concerts hors d'Angleterre. On pourrait se tirer plus souvent.

 

 

L : Vos disques sortent surtout en vinyle. C'est important pour vous ?  Vous collectionnez ?

 

C : On adore le vinyle. C'est un super format pour la musique, qui donne une vraie sensation de posséder un album. Imaginez que vous ayez seulement I Tunes, quelle merde ce serait ? Tout l'album réduit à un titre et une image, sur un bout de papier. On écume les boutiques d'occasion, mais je ne dirais pas qu'on est collectionneurs. Juste amateur de bonne musique, de préférence en vinyle, à travers une paire d'enceintes correctes.

 

P : Tout pour le vinyle, baby. C'est le meilleur format, sans problèmes. J’achète aussi des bandes et des CD, notez bien. J'écoute autant de musique que je peux, mais le vinyle est toujours gagnant.

 

M : J'ai simplement quelques albums, et je dois admettre que le son est plus chaud, meilleur que n'importe quel autre format. Il y a plus de respect pour un vinyle, il dure probablement plus longtemps aussi. Tous mes CD sont abimés, répandus sans soin autour de la baraque.

 

N : Je n'ai pas eu de lecteur CD avant le milieu des années 90, et avant c'était vinyle et cassettes. Et pas mal depuis. C'est bon d'avoir sa propre musique, comme un objet.

 

 

L : Beaucoup de vos enregistrements sont disponibles en téléchargement libre. Aucun problème avec ça ? Que pensez-vous de la répression à ce niveau ?

 

C : On est plutôt chanceux en fait. Bien que les gens puissent télécharger gratuitement sur notre blog, on y vend toujours nos disques. Comme en tournée. Je pense qu'encore une fois, c'est dû à nos auditeurs, qui veulent vraiment avoir quelque chose, pas simplement un dossier dans leur ordinateur. Le téléchargement est ok pour moi. Si on veut notre musique, on sait où la trouver.

 

P : A partir du moment où les gens écoutent et aiment, tout va bien. Tant qu'ils viendront nous voir jouer, ils peuvent télécharger à l'infini.

 

M : Le vrai truc derrière tout ça, est de rendre la musique plus accessible à ceux qui veulent l'écouter, sans en avoir les moyens. On vend toujours un peu, donc je ne pense pas que ça nous empêche de dormir.

 

N : Quand les CD sont arrivés, c'était une arnaque totale. Il était inévitable que l'industrie du disque se retrouve en slip, après toutes ces guerres de format. Avec l'arrivée du MP 3 et de You Tube. Je m'en sers aussi, mais c'est bon de garder l’intérêt des choses, le coté collector. Avec du vinyle et des bandes.

 

 

L : Une brochette de groupes que vous écoutez actuellement ?

 

C : Bong, Drunk In Hell et Divorce, sont mes trois groupes favoris du moment. Tout de nouveaux groupes anglais, trouvables avec Google. J'écoute aussi Shangan Electro, Ancient Methods, Peaking Light and Forest Swords.

 

P : Swans, Shit And Shine, Bong, Drunk In Hell, Mountains, Gris Gris de Dr John, Blank Realm, This Heat, Camberwell Now.

 

M : Tout ce qui vient d’être cité. Divorce et Drunk In Hell ont donné des concerts fantastiques ici, à Manchester, la semaine dernière. Ça vaut la peine de chercher.

 

N : J'écoute des tas de choses. Mais je dirais The Passage, Camberwell Now, Three Dimensional Tanx, The Slits et AR Kane. Quelqu'un de ceux que je trouve inspirants.

 

 

L : Prochaine étape dans votre carrière ?

 

C : On doit sortir un double album avec Tamed Records, qui est basé à Cherbourg. Le disque contiendra des chansons au studio Chaudelande, en avril dernier. Le premier volume sortira à

l'automne, l'autre vers décembre ou janvier. On espère donner d'autres concerts en Europe. Et peut-être aller aux USA, au Japon et en Russie, un jour.

 

P : Plus de concerts, SVP. J'aimerais aussi retourner au studio Chaudelande, enregistrer avec Alice et Bertrand. J'ai vraiment pris mon pied à travailler là-bas. Je vais peut-être m'y installer et acheter un bateau de pêche.

 

M : Définitivement plus d'albums et de tournées.

 

 

L : Que savez-vous de la France ?

 

C : J'y suis venu quelquefois, mais une seule à Paris (on a joué au Black Mass Rising, en 2010). Donc, la plupart de mes aventures se sont déroulées dans le nord, et c'est incroyable. Je déteste généraliser, mais j'aime votre culture. Bonne bouffe, bons vins, bonnes bières, avoir du bon temps. On a rencontré des gens super en France, comme Shazzula et Aqua Nebula Oscillator, Gilles de Tamed Records, Alice et Bertrand du studio Chaudelande, David et Max de High Wolf. Ils nous ont tous aidé à trouver des concerts, et à enregistrer.

 

P : Je sais que je veux jouer pour Ground Zero, à Lyon. Et les quelques personnes que je connais en France, font de grandes choses. High Wolf, Tamed Records, Aluk Todolo, Shazzula, infatigable dans sa quête de nouveaux groupes à populariser. On a donné quelques chouettes concerts avec High Wolf, en France et en Angleterre. Ce serait cool de revenir chez vous. Si quelques uns de vos lecteurs veulent venir nous voir, on vous attend.

 

M : Rien à ajouter. De bonnes vibrations partout, qui nous ont inspiré le matériel à venir chez Tamed Record. En espérant des tonnes de concerts la bas.

 

 

L : Votre île déserte. Une personne, un disque, un livre, un film, un instrument.

 

C : Aaargh, je hais ce genre de questions. Kim, ma copine et meilleure amie. Dimension Hatross de Voivod (je ne pense pas pouvoir emmener à la fois ce disque et ma nana sur la même île).  Demandes A La Poussière de John Fante. Un bon djembé.

 

P : Charles Hayward (http://www.myspace.com/charleshayward). Gris Gris de Dr John. Jack Black, You Can't Win (http://en.wikipedia.org/wiki/You_Can%27t_Win_%28book%29). Made In Britain (http://fr.wikipedia.org/wiki/Made_in_Britain). Et une batterie.

 

M : J’emmènerais Paddy, une caméra, un stylo et un carnet, un bon sampler. Et j'écrirais le disque, le film et le livre.

 

N : A part un psychiatre, personne n'aurait ce privilège. Sinon, le coffret Peebles, mon cahier de paroles, Stroszeck de Werner Herzog (http://mondo-esoterica.net/Stroszeck.html). Et un jeu de clochettes.

 

Entretien mené par Laurent

 

LIEN :

http://ingnodwetrust.tumblr.com/

 

http://3.bp.blogspot.com/_S4y2Yws4poM/TNE5wHna2pI/AAAAAAAAADk/xMXTTvojwnw/s1600/l_3a624f0781ae69acbf6732d8ffdf00b1.jpg


commentaires

audiobunch 14/07/2012 20:21

excellent article sur un excellent groupe !

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