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Gnod/White Hills - Kit de survie en milieu urbain

par lou 9 Novembre 2011, 09:23

ROCK UNDERGROUND

 

 

GNOD / White Hills

 

 

Kit de Survie en Milieu Urbain

http://5166-hypetrak.voxcdn.com/images/2010/06/White-Hills-Drop-Out-.jpgPlus le temps passe, et plus je m’aperçois qu'au fil des années on apprend la pratique, mais que la théorie reste à inventer. Toutes ces heures à écouter de la musique, à croire défier le monde. Je me revois vers quatorze/quinze ans, persuadé que les (rares) galettes noires que m'autorisait mon budget m'envoyaient un message. Autant dans les sillons que sur la pochette. Quelque chose qui s'adressait à moi avant tout. Comme si j'avais été un élu (non corrompu) chargé de recevoir la pensée divine, la lumière vers mon chemin. Livraison en bloc. On vous donne les clés de la maison, vous essayez toutes les options. Rendez-vous longtemps après pour faire le point. Vous serez vieux, sans plus guère d'illusions, mais aguerri. Souvenir terrible de White Light/White Heat, par exemple. Fallait faire ses classes sur de sacrés morceaux. Du magma confus d'idées et de concepts que la rock culture déroulait, j'avais déjà retenu la notion de douleur. Accéder à la quatrième dimension, mais pas gratuitement. Bien plus que Get Yer Ya Ya's Out ou Live At Leeds, au-delà du simple petit saut que constituait Rock And Roll Animal et ses sensations ambivalentes. Toute une montagne à escalader, en tongs. Et puis un jour, sous la glace, une forme. LA forme, le signe indien, les six numéros du loto. Gros paquet cadeau, pour récompenser les années de patience et d'abnégation. Merci petit Jésus. L'avant dernier White Hills (encore un indice mal décodé) aurait dû me prévenir, pourtant. Paysage de glace, ambiance de coma, hiver austral. Le prix allait être salé à la sortie. Dans la station météo, on n'a rien vu venir. Pas ce monstrueux coup de kick façon Motörhead, qui inaugure H-p1, leur nouvel album. La grosse artillerie défonce la porte,  giclée d'hélium salvatrice  d'entrée. Couper le moteur à la bonne altitude. N'importe quel trou d'air sera donc un prétexte à une acrobatie spatiale. Aussi risquée que profondément réjouissante.

http://images.gibertjoseph.com/media/catalog/product/cache/1/image/250x250/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/i/617/0790377027617_1_75.jpg

Longs moments hypnotiques/hypnotisants. Les synthés de Shazzula (de nos bons copains d'Aqua Nebula Oscillator) clignent en balises d'une route cosmique, bleue tout du long. Mais solide. Nous confisquons votre conscience pour un moment. La rythmique joue du marteau pilon, avec les nuages en guise de sono. J'aime ces disques qui n'ont besoin d'aucun prétexte, juste là pour vous attraper et vous faire planer. Ah, l'horizon se noircit, on va passer sous l'orage ?  Au-dessus. Avec les fenêtres ouvertes. C'est pas grave, rien n'est grave quand on va aussi vite. Une petite réminiscence des Stooges ? Accords féroces, qui assomment la gravitation. Tout le foutu cosmos en résonne, c'est l'heure d'ouvrir le toit. Et de penser avec quel facilité White Hills nous balance tout ça. D'une main, sans forcer. Un minimum de parties vocales, juste de quoi représenter toute la paranoïa ambiante. Et la dominer. Point minuscule sur l'observatoire du mont Palomar (Californie) notre hyperbole nous aura permis de vérifier si les constellations sont bien en place. Par contre, le pilote étant sous acide, la rentrée sur le tarmac risque de secouer. Reprendre contact que ça s'appelle. Long piège crépitant, l'incendie des réacteurs se voit de loin. L'ultime morceau donne l'impression de se faire avaler. Par quelque chose pourvu de grandes dents. Lutte épique pour casser les mâchoires maudites. On s'en sort tout juste. Et attendez, la crise de rire c'est que l'album avec Gnod (expérimentateurs anglais, bien allumés) arrive dans la foulée. Les secours peuvent toujours nous chercher en bas. Principe des vases communicants, revu et corrigé par les Cosmic Jokers. Au moment où je tape, des savants viennent d'établir qu'une molécule (sic) allait plus vite que la lumière. Excusez-moi, mais on savait déjà. Depuis qu'on a jeté une oreille sur Gnod Drop Out With White Hills II. Cette belle blague. Vous connaissez vos classiques, les doubles albums sont (trop) souvent des marches forcées. Toujours un caillou pour se glisser dans vos baskets. Voire parfois un dolmen. Ici, c'est départ d'un point A et arrivée à Z, dans une usine de miroirs. Rien d'autre. L'abnégation faite disques. Tout pour l'auditeur. Chouchouté qu'il est, dorloté grand style. Les oreilles, le système céphalo rachidien, les zygomatiques, tout. Et le dos. Important le dos. Pour faciliter vos déplacements, vous graviterez assis. L’anode et la cathode enfin réconciliés. Attention, c'est pas non plus le concours du plus beau tarpé de babaville. On sent une énergie féroce derrière, du nerf partout. Structure d'acier dans un gant de velours. Rien ne se perd, et tout peut encore se créer. Gigantesque.

Laurent.

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