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Heavy-Troisième Division - Lincoln Street Exit / Jukin Bone

par lou 10 Janvier 2012, 10:03

HEAVY PSYCH

 

Troisième Division

 

Lincoln Street Exit        /            Jukin' Bone

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On en finira jamais de recenser, à la loupe, tous ces groupes qui ont servi de variable d'ajustement au trio Zeppelin/¨Purple/Sabbath, dans sa tyrannie sur le genre heavy.  Et pleuvent les rééditions avec une jolie constance.  Pour témoigner d'un impact profond et durable. Etabli dans l'ignorance, le mépris et les quolibets. Pas inutile de préciser non plus que le genre, et ses sous multiples, ont souvent offert une belle cible. Des crétins satanistes aux guignols maquillés, en passant par l'invention (maudite) de l'horrible vérole FM, on comprend que l’honnête punter en ait parfois recraché sa bière. Mais pour ceux qui savent les secrets et les rites initiatiques... Au paradis du mur de Marshall saturés brillent  les mannes de Blue Cheer, Hendrix et Cream. Dynamitage du vieux blues, guitare aux lance flammes, morceaux crépitants, le genre était, au départ, un mélange ravageur, qu'il fait toujours bon déguster en plein hiver. Souvent restés obscurs, les tenants américains du genre ont enflammé bien des fantasmes d'aventuriers soniques. A tel point qu'on nous les vend aujourd'hui sous n'importe quel étiquette.

 

http://www.metalmusicarchives.com/images/covers/lincoln-street-exit-drive-it.jpgPar exemple, Lincoln Street Exit et son Drive It (1970) que j'ai personnellement découvert en pensant tomber sur du psychédélisme hautement défoncé.  Formation du Nouveau Mexique, composé de 4 indiens sioux (bien avant Redbone et Blackfoot) le groupe proposait un rock très simple, mais férocement rentre dedans. Mais mal  servi par une production aride et sans relief.  Chansons construites sur deux accords (Man Machine) qui raclent la prairie comme un troupeau de bisons pétés aux amphétamines. Compositions retenant l'essentiel, l'agression, dynamitées par des parties de wha wha aussi physiques que dirigées sur le sens de l’équilibre. Quelques morceaux faiblards viennent ensabler un ensemble compétent, évitant surtout de manger à tout les râteliers. Quoique Soulful Drifter doive beaucoup à John Fogerty. A tel point que les bonus de la réédition remasterisée (pas évident à l'oreille) en propose l'horrible version single. Le petit morceau teigneux, tortillant allégrement du cul,  devient alors une bouse commerciale, adoucie et vaccinée à la confiture. Avec une bonne promotion, la chose était assez atroce pour cartonner en radio. Tous les simples du groupe sont dont présents ici. On se régalera du long Whatever Happened To Baby Jesus, lente dérive psychédélique. Ou du couple (bien connu des compilations US)  The Bummer/Sunny Sunday Dream, leur testament garage à eux. Brusquement, les Them s'unissent aux 13th Floor Elevators ou aux Doors, et on touche à l'essentiel, du bon temps partagé. Partir des Yardbirds (écoutez bien Paper Lace) et autres anglais, puis durcir le ton, la logique est en tout cas respectée. Cerise (empoisonnée) sur le gâteau, sont aussi proposés sept morceaux inédits d'un acétate, et la c'est la tasse. Le niveau zéro, pour qui veut ici investir, avec les meilleures raisons. Mis à part l'excellent Half A Man, tout devient d'un coup pop niaise, psychédélisme du dimanche et musique pour hippies chic. A tel point qu'on en vient à se demander si on a bien affaire au même groupe.  Et si l'arrangeur était incompétent, pervers ou tout bonnement persuadé de travailler avec le Gloubiboulga Blues Band.  Arrêtez donc votre audition au morceau dix huit, après c'est diabète et cholestérol à la pelle.

LIEN :

Man Machine

 

A vouloir trop en proposer, voilà comment on dénature le regard sur un groupe. Erreur qui n'a pas été  commise en rendant (enfin) disponible les deux albums (1971) de Jukin Bone à la génération internet. Vite commandé, vite digéré. Mais ça va changer mes agneaux. Joe Whiting (Robert Plant vulgaire et mal élevé) et sa bande arrivent chez vous. Cette bande de new yorkais a toujours été confiné à une désobligeante obscurité. Du coup, leur statut se situe bien au delà du ridicule et consumériste «groupe culte». Plutôt quelque chose comme Doctor Feelgood, on sait qu'on pourra compter sur eux. Vrai que Whiskey Woman cogne dur.  Enregistré live devant une petite audience, voilà tout ce qu'on aurait pu attendre de Bad Company, par exemple. Prendre le rock à la gorge, et le tabasser jusqu'à ce qu'il crache le morceau. Sans s'essuyer les mains entre chaque morceau, ni faire de manières façon Paul Rogers. Oh pas des virtuoses, douze mains sur la guitare. Plutôt les mecs qui savent d'instinct conduire un morceau, devinant bien ce qui va transformer les accords en brulot. La rythmique pue la sueur et les hormones, mais vous monte une mayonnaise comme personne. Avant qu'un solo tesson de bouteille (spécialité maison) ne jaillisse de nul part. Ecorchant le cuir chevelu, répandant le sang sur la nuque.

http://2.bp.blogspot.com/_kMkWq1e4b7s/TCQXI4xsg3I/AAAAAAAAGjw/C05lULWzkvg/s1600/front_cover_small.jpgIls ont même (les grossiers personnages) assez de culot pour reprendre Going Down, dans une version apprenti mécano.  Enterrant celle de BBA, sans problèmes. Aucun complexe. Quelque chose de Stonien émerge de ce disque sans prétention. Plus que de l'arrogance façon Led Zep, il y souffle le vent gouailleur de la révolte boutonneuse. J'irais jusqu'à évoquer les New York Dolls, mais le syndicat des décadents va en faire une maladie. Pas une paillette ici, rien que des mâles lâchés dans la ville. Et qui proposent de sérieux arguments, aux belettes en maraude.  La virtuosité c'est pour Blackmore et ses séances de spiritisme à la con. Nous on emballe sec, au pied de la scène.  Logiquement, la  trop belle pochette du second lp (Way Down East) aurait du persister dans cette voie. Et leur assurer d'importantes ventes, chez les nanas. Pensez vous, même en mettant le chanteur (un beau blond) en vitrine, le gros lot était pour les autres. Il est bon pourtant ce disque. Mieux produit que le premier, moins sauvage, et par la même un peu plus passe partout. L'occasion de chouettes parties de slide guitare, autant que d'apprécier un excellent bassiste. Sinon, le camion de livraison passe à intervalles réguliers, et seuls les deux morceaux lents tombent franchement à plat. La encore, c'est Foghat (anglais moustachus et américanisés) qui décrocheront la timbale. En reprenant tout simplement la même recette. Un petit poil plus blues.  Ce jeu nommé rock and roll est d'une cruauté, d'un égoïsme ahurissant. Mais c'est la règle. Et les recherches continuent.

Laurent

 

Lien :

Myspace

 

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