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Interview Robin Trower

par lou 3 Novembre 2009, 16:13



Guitar hero à l’ancienne, bien loin des onanistes contemporains, Robin Trower a bien voulu nous parler un peu. On sait l’homme discret en paroles autant que généreux sur le manche. Un des derniers héritiers d’Hendrix à perpétuer la tradition dans le bon sens des cordes. Un immense merci à Philou La Cagoule, pour la réussite de l’entretien.

 

 

P./Laurent : Vous venez juste de sortir un nouvel album (What Lies Beneath) avec plus d’emphase et de noirceur. Comment s’est déroulé l’écriture, et pourquoi avoir choisi d’intégrer des cordes ?

Robin : C’est une collection de chansons qui ont quatre ou cinq ans, plus deux ou trois qui ont été écrites au moment de l’enregistrement. Elles ont été composées  pour ma voix,  elles sont donc restées inédites. L’idée des cordes est venue d’elle même, à partir du matériel. Le titre instrumental vient d’un projet d’album de ce type, qui n’a jamais vu le jour.

 

P/L : Allez vous jouer en Europe, et en France ? 

R : L’année prochaine c’est tout à fait possible.

 

P/L : Vous avez un nouveau groupe pour ce disque, avec le bassiste de 20th Century Blues. Ils vont vous accompagner sur scène ?

R : Comme vous le savez, j’ai déjà  travaillé avec Livingstone Browne, et décidé qu’il serait le producteur du nouvel album. C’est aussi un grand bassiste, et il a suggéré d’intégrer Sam à la batterie, puisqu’ils avaient déjà joué ensemble. Pour la tournée les musiciens seront Pete Thompson à la batterie, Glen Letsch à la basse et Davey Pattison au chant.

 

P/L : Vous avez retrouvé Jack Bruce en 2008, pour l’album Seven Moons. Comment est venuel’idée de ces retrouvailles, vingt cinq ans après BLT ?

R : À l’origine, Jack et moi parlions de remixer nos deux albums communs, et de les ressortir avec un nouvel emballage. Il a alors suggéré d’écrire une paire de nouvelles chansons. Tout semblant t couler de source, on a donc décidé d’enregistrer un disque entier.

 

P/L : Dans votre discographie solo, quel est votre album favori ? Celui que vous aimez le moins ?

R : C’est Bridge Of Sighs que je préfère, ainsi que des chansons ici et là. Somebody Calling sur In City Dreams, par exemple.  Ce que j’aime le moins, ce sont deux albums des années 80.

 

P/L : En dehors de cette collaboration, que pensez vous de ces reformations, qui fleurissent aujourd’hui (Police, Cream, Blind Faith) ?

R : Tant qu’il y a autant de rigolade que d’argent, ça va. J’ai vu une vidéo de Cream au Royal Albert Hall, et j’ai vraiment aimé.

 

P/L : Vous avez récemment joué sur le Dylanesque de Brian Ferry, et l’avez même produit à une époque.  C’est surprenant.

R : J’ai coproduit deux de ses disques, et d’autres morceaux, jouant même parfois. Un grand artiste, avec qui il a été agréable de travailler.

 

P/L : Revenons au passé. Pourquoi avez-vous quitté Procol Harum ? Conflits personnels ou mésentente sur l’orientation musicale ?

R : Parce que j’écrivais beaucoup de choses qui trouvaient pas leur place.

 

P/L : On vous reverra un jour avec les Paramounts ou Procol Harum ?

R : Je suis trop occupé par ma propre musique pour me lancer là dedans.

 

P/L : Qui est LE musicien qui vous a fait dire « Voila ce que je veux faire » ?

R : Je citerais Scotty Moore, comme celui qui m’a fait empoigner une guitare.

 

P/L : Hormis Hendrix, quelles sont vos influences ?

R : Hubert Sumlin qui accompagnait Howling Wolf, BB King, Albert King, James Brown et Muddy Waters.

 

P/L : Qui écoutez vous aujourd’hui, en dehors du blues ?

R : Pour mon plaisir personnel, de la musique populaire des années 1930/40, dont j’ai une importante collection. Les Baby Shambles sont le seul groupe récent pour qui j’ai de l’intérêt.

 

P/L : Demain vous avez la possibilité de monter votre groupe idéal ?

R : James Brown au chant, Nile Roger à la seconde guitare, Bernard Edwards  à la basse, Booker T aux clavier, Pete Thompson à la batterie.

 

P/L : Parlons guitares. Vous avez laissé Gibson après Procol Harum, pour Fender.

R : Ces quatre ou cinq dernières années, j’ai joué sur une Stratocaster modèle Robin Trower. A l’origine, c’est la qualité du son qui m’a attiré. Et j’utilise plusieurs effets Fulltone. Tous les détails sont sur www.trowerpower.com.

 

P/L : Comment voyez vous l’industrie du disque aujourd’hui ? Quels sont vos rapports ?

R : Aucun rapport, ça ne m’intéresse pas.

 

Entretien mené par P. et Laurent

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