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Jeff Beck Group - Truth

par lou 12 Mars 2010, 15:12

Graine de Violence
http://farm1.static.flickr.com/219/493414386_3d383e39f3.jpg?v=0

Jeff Beck viré des Yardbirds. Et alors ? Le gars a toujours eu sa propre trajectoire, son rythme biologique a lui. Vous l’attendez ici, et boum il est là. Retrouvant sa belle liberté, il s’est sûrement posé deux minutes (trois ?) des questions pour savoir où aller.

 

Et pourquoi pas, en dynamiteur expert, aller faire un tour du côté du vieux blues. Après tout, tout le monde s’était précipité dessus en Angleterre. Cream y avait jeté un peu d’acide, mais quand même pas trop. Le tempo qui double, les morceaux à rallonge, tout ça c’était bien joli. Mais pas suffisant pour Jeff.

 

Quitte à faire sauter la marmite, lui a carrément rempli la bassine de kérosène, a touillé un peu. Et attendu. La wha wha branchée, et les doigts hachant les accords. Encore et encore. Pas encore barré jazz rock et musique modale, Beck infligeait une telle raclée à ses cordes, qu’on les entendait crier d’indignation. Comment ça, dans ce sens la aussi ? Non. Si. Et il faisait ça tout seul ?

 

En compagnie de ces drôles d’oiseaux déplumés, qu’étaient à l’époque Rod Stewart et Ron Wood. Pas encore une perruche auto satisfaite, le premier gueulait le blues comme personne à l’époque. Un arrachage de tripes permanent, qui conférait aux morceaux une grandeur encore jamais entendue. Sur, ce type devait incendier la scène en trois notes. Alors qu’en réalité, il se faisait conspuer tous les soirs. Par un public venu entendre Beck (qui chante comme une savate) refaire son tube (« Hi Ho Silver Lining »). Le second, était un bassiste rude. Appuyé par la batterie de Mick Waller. La rythmique devenait soudain autre chose qu’un métronome anonyme.

 

Écoutez « Blues Deluxe ». Nicky Hopkins tenait les claviers. Et insinuait un minimum de bon goût dans l’entreprise.http://i7.photobucket.com/albums/y264/MackMcCoy/b16001a.jpg

 

Laquelle prenait d’un coup des couleurs inattendues. Celles d’un chaudron porté au rouge, avec le diable pour riffer. Qui inventait les tables de la loi. « Beck’s Bolero » ouvrait la voie à cent mille gratouilleurs sans imagination. Éventrant gaiement toutes les conventions, jusqu’à ce que les entrailles jaillissent sur la table. Et que le corps se rende sous les coups.

 

Dans le fond du studio, Jimmy Page et John Paul Jones prenaient quelques notes.

 

On ne sait jamais, ça peut servir.

 

On connaît des gens qui font les difficiles devant « Truth ». Le son est râpeux, ça sent le pneu incendié, un jour de manif.  Trop cru trop brutal. Justement, toute la licence est là. Blues fondu, touillé avec du plomb, et versé à l’entonnoir dans votre joli gosier tendre. C’est chaud ? Non bouillant. Voyez-vous cracher les flammes. Petit veinard.  La même recette resservirait pour « Wired ». Une alchimie simple au fond. Et parfaitement digeste. C’est si rare chez Beck.

 

Laurent. 


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