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Jeff Beck - Live At Ronnie Scott's

par lou 3 Octobre 2011, 11:13

DVD Rock

 

 

Jeff Beck - Live At Ronnie Scott's

 

Trois ex Yardbirds sont dans un bateau

 

 

http://www.covershut.com/covers/Jeff-Beck---Live-At-Ronnie-Scotts-Jazz-Club-Front-Cover-1447.jpgMerci Médiathèque de mon bled, vraiment. Non, le qualificatif de «Misérathèque» dont je t'ai affublé je le regrette. Presque. Parce que m'avoir fait redécouvrir Jeff Beck, c'était pas gagné. On connaît ma dévotion pour Truth, mais depuis 25 ans je faisais sévèrement la gueule. L'abominable Flash était passé par là, et si le titre avec Rod Stewart est un de mes morceaux favoris, le reste puait du bec. Façon requin blanc qui aurait des aphtes. Pire, faisait basculer un héros dans le domaine public, trempait les sceaux royaux dans la merde, et vendait la couronne au décrochez moi ça. Donc c'est au  plus  un réflexe affectif qui m'a fait embarquer Live At Ronnie Scott's. Résultat de quelques concerts donnés par sa Majesté Lunatique, fin 2007, dans un club de jazz londonien. Sans en attendre grand-chose d'autre  qu'un camion de technique atomique. Vachard de Beck, tellement vexé de ma bouderie qu'il avait décidé de m'accueillir avec une grande claque dans la tronche. Un disque si bon qu'il me fallait le DVD pour compléter le repas, absolument associer des images à tout ça. Quel autre être humain (et sa guitare) peut en donner autant, pour peu qu'il en ait simplement envie.  Donc Jeff Beck (capable du meilleur aussi facilement que du pire), avec un (super) batteur, un clavier stupéfiant, les deux piqués à Sting, et un petit bout de bonne femme à la basse qui claque. Par chance, le marchand de moquette Pino Palladino était indisponible, on échappera à sa manie de tout repeindre en neutre. Et ils vont pas se faire manger tout cru les petits jeunes ? Servir de casse dalle, terminer sous le cure-dent à six cordes ? Au contraire, leur énergie stimule le patron, qui nous délivre un set infernal. Admirez son jeu de main droite, surtout. Pas de médiator, rien qu'un toucher unique, cognant et tabassant les cordes sans jamais faiblir.

 

Le répertoire a beau être standard/Beckien, on se retrouve à repasser certains moments en boucle, tant on est aveuglé au premier shoot de magnésium. Façon piscine de bronze en fusion. Qui noie tout au passage, y compris l'Alien passant par là. Que ce soit un morceau du patron, une chanson de Stevie Wonder ou des Beatles, la mélodie crache son jus et rien d'autre. Qu'importe la façon dont elle est raclée. Beck est une sorte d'apôtre du bon goût, quand il le veut, bien loin des sinistres virtuoses à vingt mains modèle Steve Vai. Aucune démonstration oiseuse, rien que de la musique. Bon, au niveau des invités, ça se gâte un peu par contre. La dénommée Joss Stone (qui ?) vient massacrerPeople Get Ready (Rod devait être trop cher) en se tortillant comme une niaise, et on voit bien qu'elle se prend pour Janis Joplin. La pauvre. Déboule alors une grande (une tête de plus que Beck, au moins) cavale du nom d'Imogen Heap, pour un morceau bien plat. Sur lequel elle pose une voix totalement insipide, dans le style de ces divas qui pourrissent les FM. Chanson de supermarché. Ce serait sans conséquence si Miss Machin ne s'en prenait pas aussi au vénérable Rollin And Tumblin. Prouvant qu'elle est totalement étrangère aux racines du blues et du rock. Virons la joyeusement (passez-moi les tomates) et accueillons un type au franc look de beauf, qui s'avère être un certain Eric Clapton. Si. Fait pas de manières lui, assume son bide et ses lunettes (Beck est resté sec et maigre comme un chat de gouttière) et balance deux morceaux de Muddy Waters. Avec la slide de son vieux pote, c'est du gâteau. Mouvement de caméra sur le public, et là on se dit qu'on connaît deux mecs, qui se planquent dans un coin. Plant et Page ? Plant et Page. Ironie du sort (peut-être pas tant que ça) retentit soudain You Need Love de Willie Dixon, mieux connu en version dragster/rentable sous le nom de Whole Lotta Love. Ah les vaches. Venez me dire que cette reprise est un simple hasard (ben voyons) et vous entendrez Keith Relf se retourner dans sa tombe, en ricanant tout son content. Et attendez, il y a des interviews en bonus, sous titrées pour faire bonne mesure. Une (longue) de Jeff, calme et détendu, sans qu'il éprouve le besoin de jeter sa guitare dans la caméra. Et une autre (courte) du groupe. Ces petits rabs sont anecdotiques, on aurait mille questions plus intéressantes à poser, mais au prix du beurre profitons-en. Mis en appétit, et pour établir un chouette parallèle, on recherchera un autre concert (Jeff Beck In Japan) de Juin 1999. En évitant de se faire abuser par la photo avec la Les Paul, on est pas de retour au temps de BBA. Là encore, un son et une image de première bourre, pour un autre long moment de magie.

 

http://www.abstractlogix.com/xcart/images/T/jeffbeck_japandvd.jpgQuoique plus formaliste et tatillon, limite acariâtre parfois. Chapeau bas à Jennifer Batten, au passage. Arriver à se faire remarquer comme second guitariste de Jeff Beck (mission suicide) demande plus que du talent. On est aux frontières de l'abnégation. Tout le monde doit attendre qu'elle se plante (une gonzesse, non mais). Pas de chance les machos. Bien sûr, ces deux volumes attireront plus un public de connaisseurs (pas facile à apprécier) que de novices (pourquoi les morceaux durent si longtemps ?) mais les deux fournissent une superbe approche du mystère Beck. Genre de cabochard qui aurait décroché la timbale sans problèmes, mais qui a consacré trop de temps à bricoler ses bagnoles. Chose amusante (écœurante ?) le Beck's Bolero est maintenant signé du seul nom de Page. C'est Ravel qui doit faire la gueule.

 

Laurent

 

LIEN :

 

http://www.youtube.com/watch?v=drAv2FoYji8&feature=related

 

http://www.youtube.com/watch?v=5vOsTLyh1uE&feature=related

 

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