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Jeff Tarlton - Le Tranxene de Monsieur est avancé

par lou 13 Décembre 2010, 10:25

Néo Psychedélia

 

Jeff Tarlton

 

Le Tranxène de Monsieur est avancé

Vous avez vu ce temps en Bretagne ? Rien d'autre à faire que d'empoigner sa pelle, et de creuser. C'est ce que fait notre pote Venuske, fouiller le temps et l'espace, dans une démarche à décourager n'importe quelle créature lovercraftienne. Ce coup ci, il nous a ramené les deux albums d'un certain Jeff Tarlton. Avec un bout de biographie mal gribouillé, au dos d'un boite de calmants. Alors, en gros, le gonze était membre d'un groupe de Detroit (Viv Akauldren, enchanté) et il est venu se perdre à Berlin, avant de sombrer dans la dope. Excusez moi, on fait plus original comme démarche. Le type a sacrément intérêt à être original, c'est que la qualification pour la Nouvelle Daube prime tout ces temps-ci. Et soyons juste, qui en 1997 (année des os brisés) aurait eu une chance de capter Astral Years ? Voire plus encore, en 2000 (année de l'étouffement progressif)  d'attraper la fréquence de Dragin Spring ? Mais je parle et il se passe plein de trucs dans le monde. D'abord, les années passent, en amenant leur compte de malaise et d'incompréhension. On marche sans but, sans s'accorder de répit, et puis on s'aperçoit que les poubelles débordent. Et que c'est dégueulasse. Voire que ça commence à puer.

 

http://c4.ac-images.myspacecdn.com/images02/94/l_b38ce4ddd3ec4fbfb97624dabb9abc53.jpgSur la pochette de ces Années Astrales (20 morceaux pour rassembler les siens) le visage de Jeff Tarlton est presque totalement estompé, retiré provisoirement du monde des vivants. Dominé par une muse cramponnée à sa lyre. Glissements progressifs de la démence, la lumière reste allumée mais les ampoules en ont un sacré coup dans le nez. Géodésiquement, on reste près des atmosphères inaugurées par Syd Barrett, en y ajoutant une bonne dose de souffrance. Jeff Tarlton chante pour les paumés, les invendables au grand marché de la rentabilité en sachet. Ceux qui restent chez eux en cherchant à y rentrer. Alors qu'ils seraient bien incapables de trouver la porte. Dans la rue, un chien promène son maître, et le soleil s'est encore levé du mauvais coté. L'approche reste intimidante, on ferait bien signe à ce type perdu dans sa bulle. Mais la profondeur du ton impressionne. Jusqu'à ce qu'un bout du San Franciscan Nights de Burdon émerge du brouillard. Comme ça, naturellement. Biologiquement. Le gars parle donc la même langue que nous, mais il articule tellement bas... Si bas qu'on va faire un effort, son message semble intéressant. Ou au moins palpable. À la santé de tous ceux qui nous font du mal, nous laissent tomber, ou nous ignorent. Une fois le fond touché, on a une base pour remonter. Vaseux, mais c'est l'intention qui compte. D'autant que si la dernière chanson reprend un bon bol de tonus, c'est pour mieux s'attarder en bruits bizarres, sur la fin. Trop facile d'ouvrir l'air conditionné. Fort logiquement estomaqué, on s'apprête à recevoir le second album avec des précautions.

 

Le Printemps Traîne En  Longueur, quel drôle de titre. Comme si l'été allait avoir dix ans de retard. Certainement la plus pénible des saisons. Toujours cette étrange sensation de passer à coté de quelque chose de parfait. Auto stoppeur maudit. Le climat est un peu plus doux sur ce deuxième opus, on s'y sent (faussement) plus à l'aise. Avec la joie de se dire que pas une caravane de beaufs ne viendra jamais se garer sur ce terrain. Trop beau, trop loin du centre commercial. Grand éclopé du ciboulot en rémission, l'artiste ouvre un peu plus son carnet de notes. S'autorise la lumière sur ses blessures internes. Magnifique disque, beaucoup plus accessible que l'autre, plus classique dans son approche, avec des chausse-trappes moins marquées. Mais pas moins dangereuses. Dix fois plus de chance de se prendre les pieds dans le tapis, de glisser vers l'autre dimension. Effets permanents de l'instabilité psychique. Gardez vos idées pour vous, les autres peuvent en faire un très mauvais usage. Traverser la rue au mauvais feu, juste pour se trouver du bon coté, sans avoir rien de particulier à y faire. Éphémère idée de bien être. Dans les stages de motivation à l'emploi (éclats de rire) on dispense des cours de communication. Tout ce dont il est question ici. Simplement d'une autre façon. Jeff Tarlton est passé poster son courrier, au tarif minimum. Qui le recevra, c'est une autre histoire. Qui ne l'intéresse surement pas. Pour la thérapie de groupe, voir ailleurs. Ici on fait dans le rinçage de conscience individuelle. Séchage et repassage à débattre, bien récupérer les pépites après tamisage. Joyeux Noël.

Laurent

 

http://www.myspace.com/jefftarlton

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