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Krautrock / Dom - Edge Of Time (1972)

par lou 8 Mars 2013, 09:47

KRAUTROCK

 

Dom - Edge Of Time (1972)

 

La Tête Dans Le Sac

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Si chaque fois qu'un de nos vertueux (rires) politicards dit une connerie sur la dope, Fuzzine doit évoquer un groupe de Kraut, il va falloir mettre  les  rallonges. Et pas les  petites. Déjà, comment voulez vous  faire confiance à  un type fringué en pingouin. Pire, capable de supporter une cravate. Cette chronique sera libertaire. Militant fermement pour l'abolition de la langue de bois. Dernière sortie connue à la date de rédaction, celle de Vincent Peillon. Qui exprimait son karma personnel, et a déclenché un pataquès pas possible, de la part des mauvais perdants d'en face. Tenants de la cellule Ricard et saucisson. Oh qu'ils sont hargneux. On dirait des curés, pris à piquer dans le tronc des pauvres. Un peu de  musique planante leur ferait du bien. C'est vrai, à force d'écouter des trucs ringards le cerveau est mal oxygéné. Résultat, on raconte n'importe quoi, pour occuper l'espace médiatique. Imaginez vous, plongé dans la variété gerbeuse du matin au soir, aussi. Ok, on a  jamais essayé, mais ça fiche les jetons.
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Quel rapport (même lointain) avec DOM, me direz vous ? Aucun naturellement. Mais leur unique album (Edge Of Time, 1972) vole tellement au dessus des conventions qu'on souhaite ces quatre morceaux brumeux à tout le monde. La bonté d’âme du petit peuple est infinie.  Donc, voici le groupe des frères Gabor et Lazlo Von Baksay, échappés de Hongrie  en 1956, et parachutés à Düsseldorf. Début séduisant, guitare sèche et percussions. Une jolie flûte écrit dans le ciel. Ambiance peinarde et bucolique. Si les gens  de DOM ont fait une chose, c'est bien d'avoir écouté More en boucle. Première pensée positive qui nous vient à l'esprit.  Attention, on sait quelle réalité terrifiante se cachait  sous les beaux paysages d'Ibiza. L'infernale ronde de la  came la plus  dure, avec l'anéantissement au bout. Coïncidence, le nom DOM serait celui d'un puissant hallucinogène. Capable de satelliser son bonhomme pendant plusieurs jours. Tout le disque va donc tenter de  nous raconter un voyage au bout du cerveau. Du début à la fin. En prenant génialement en compte chaque coté du trip. Boulot ingrat et pas toujours facile à suivre. Avec des moyens qu'on imagine petits. Associés à beaucoup de conviction. En d'autres termes, ils devaient êtres fauchés. Mais en avaient avalé assez pour conserver un souvenir précis. Opposition de deux cellules (le bien et le mal, le noir et le blanc, la gauche et la droite) soyons manichéens. Donc, me voici, humble scribe, coincé avec les humeurs de DOM. Ici acoustique et léger. Puis dérapant dans le brouillard, sans prévenir. Engendrant alors un climat parano et totalement instable. Les  paroles sont  directement explicites (le passé sera le futur/ le futur sera le passé/ rien ne durera dans notre monde). Message simple, délivré d'une voix hésitante, bien dans le ton.  On se cogne l'occiput au plafond (bobo) et rebelote dans une tonalité plus soutenue. Avec un orgue funèbre, pour sacraliser le moment. Nouvelle glissade vers l'indicible, plus sensible cette fois. La lumière vacille sérieusement. Et boum, disjonctage général. Sensation immédiate de catastrophe. Appréhension d'un gouffre psychique. Quelqu'un a une lampe? Une bougie à la limite. Mais non, faut l'allumer sans la fumer. Dehors règne un calme tout urbain. Le monstre économique se repose quelques heures. Dedans, le  manège est consumé, ne repartira pas. Ou alors, en remettant le disque au début. Juste pour être certain de vivre encore.  Vivre vieux. Vivre seul. État fœtal. Le soleil se lève en retard ce matin. Le champ de compréhension comme un chantier de fouilles, après la pluie. A la surface flottent quelques os. Album pour l'exil interne. Pour porter le deuil de ses ambitions à communiquer.

  L'original est une pièce très rare, bien rééditée. Essayez la nouvelle version remasterisée, avec un son bien meilleur que le CD d'il y a une vingtaine d'années. Avec en plus deux inédits. Le premier d'époque, s'intégrant bien au concept d'origine. On aimerait pouvoir en dire autant de Let Me Explain (1998) qui a tout du pesant retour d'acide. Pénible impression de subir un vieux gâteux, faisant la leçon. Totalement déphasé, et doté d'un son de batterie «moderne» absolument immonde. Ceci posé, la musique de DOM peut sembler difficile à aborder. Gratification à prévoir pour l'auditeur obstiné. Même si tardive.

Laurent

 

Lien :

Edge Of Time

 

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