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KRAUTROCK - Electric Orange - Apnée

par lou 21 Avril 2012, 16:01

REVIVAL KRAUTROCK

 

 

ELECTRIC ORANGE

 

 

Apnée

http://www.delerium.co.uk/delerium/releases/images/large041.jpgTiens le Krautrock, un genre qu'on désespérait de voir renaitre un jour. Sous ce terme générique méprisant, inventé par un journaleux anglais à propos de Faust, sont sortis quelque unes des meilleures galettes dératées de tous les temps. Où l'influence du Velvet et du premier Pink Floyd le disputait gaiement à un épais nuage de colombienne.  Le genre est  mort depuis longtemps. Tué par les modes successives (punk et disco), dont le narcissisme était l'exact contraire d'une éthique méditative. Des groupes comme Jane ou Eloy, avec leur son bien propre et poli, taillé pour les supermarchés, abâtardissant gravement le gêne magique. L'ouvrant à un public qui n'aurait pas daigné toucher une pochette de Gila, encore moins envisagé d'écouter. Pas un hasard si Barclay James Harvest, anglais pâlichons, ou le gonflant Mick Oldfield ont toujours été populaires outre-Rhin. Et puis, avec des gens aussi intéressants que Vibravoid, White Hills (dont les nouveaux disques arrivent) le bestiau s'est réveillé. L'album des derniers cités, avec les anglais allumés de Gnod, s’avère une vraie réussite, façon courrier cosmique. Presque transparent, tant il est intense. Il s'agit à nouveau de produire un son organique, capable d'emporter loin (très loin) sur un beau solex mental, l'auditeur lunaire et peu soucieux de paraître branché. Dans ces conditions, l'irruption  d'Electric Orange, et de son Krautrock From Hell (2010) est une vraie révélation.

 

http://2.bp.blogspot.com/_24TzMjg4OBo/TKQqo0sY4FI/AAAAAAAAADA/WzVD8dnfnmo/s1600/ElectricOrange+-+Krautrock+From+Hell+%28ger+10%29.jpgBien sûr, si vous avez fait vos classes avec la douce dinguerie de Yeti, ou le climat rouge de Schwingungen, vous serez en droit d'ergoter. Mais pas trop longtemps. Electric Orange existe depuis 1992, vient d'Aix La Chapelle, et n'a, bien sûr pas réveillé la France de sa léthargie intellectuelle. Musique très biologique, respirant l'influence de ce sous genre, souvent barbant, qu'est le stoner rock. La rythmique sera donc impitoyable. Fini l'hédonisme chevelu qui guidait Malesh ou les aventures de Sergius Golowin. Tout ceci sonne ultra pro. Mais le grand trombone cosmique souffle et souffle encore, pour appeler les druides des étoiles. A la longue procession cérébrale de la forêt des Carnutes. Pas de solos à gogo, un ensemble compact, tout entier tendu vers la saturation sensitive de l'auditeur. Qui reconnaît, nostalgique, ici et là le son d'orgue Hammond de Jon Lord. Utilisé dans l'optique collective la plus géostationnaire qui soit. A la manière de Mick Ratledge (tiens donc), en forçant certaines parties du cortex à réagir. Très fort. Peu de parties vocales (d'ailleurs inintéressantes) à signaler.  Quelque chose réchauffe soudain la banquise. Electric Orange surement, qui  n'hésite pas à se lancer dans un morceau de vingt-cinq minutes. Sorte d’ascenseur totalement barge, allant au grès d'humeurs mal définies.  Et où passe (on n'y échappe pas) le fantôme d'Echoes. Tout doucement, le ressac roule d'énormes vagues sonores, comme des résonances de fête barbare, pratiquée au loin. La basse sonne déjà l'heure du départ. Mais s'attarde en chemin. Restez encore, il fait bon, ici. Un brontosaure cogne à la porte, et s'en retourne, furax d'avoir manqué son train. Et puis tout s’achève dans le fracas. Brusque retombée dans un monde ordinaire, autant que merdique. Liquéfié, l'auditeur revient lentement, douloureusement, à une forme commune. Usage intensif déconseillé (repli fœtal  à prévoir). Mais fortement recommandé comme remontant. Parfait pour retrouver l'impression d'explorer une piscine, qui dominait le Tarot de Walter Wegmuller, ceci dit. Et pas besoin d'apprendre à nager.

Laurent

 

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