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L'Album Du Trimestre - Aoxomoxoa - Grateful Dead - 1968

par lou 11 Janvier 2011, 21:43

L'album du Trimestre

 

Grateful Dead - Aoxomoxoa (1968)

 

Par Cyril

On a décidé comme ça de se pencher de plus près sur un disque ! Comme ça… L’heureux élu est Aoxomoxoa qui a fêté ses quarante ans l’an dernier. Vous le connaissez sûrement mais on voulait en savoir plus, et à l'intention de ceux qui n’ont jamais entendu une note, c’est le moment. Avant d’attendre quarante autres années.

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Faire un nouvel album pour le groupe n’était pas urgent, l’occasion s’est présentée grâce a leur ami Bob Matthews qui venait d’intégrer un studio. L’enregistrement du troisième album commence aux Pacific Recording Studio de San Mateo en août 68, le travail se fait sur une console 8 pistes et en cours de route le studio a reçu la première console 16 pistes du marché, l’Ampex MM 1000. Le groupe est obnubilé par l’utilisation des 16 pistes  qu’ils ont sous la main, les musiciens reprennent tout, réenregistrent tout et ce sera long : huit mois jusqu’au printemps 1969. Le groupe expérimente en octobre l’inhalation de protoxyde d’azote (anesthésiant médical entre autres) enregistrant leurs voix a travers des effets comme le delay,  le produit miracle restera a portée de main dans le studio, les compositions arrivent mais, comme d’habitude pour les maisons de disques, c’est cher et long. D’autant que les ambitions du groupe étaient au delà de sa compétence en enregistrement. Les ventes du Live Dead qui sortira en 1969 rééquilibreront la balance - une dette de 180 000 dollars auprès de Warner Bros - et permettront d’amortir le coût de ce disque.

http://2.bp.blogspot.com/_Mdobvet11vo/TSwn7k9pfvI/AAAAAAAABGc/hKdPanRgH0c/s1600/Scan-101104-0001.jpgCertains titres étaient déjà écrits avant l’arrivée au studio et d’autres émergent au fil des sessions. St. Stephen est arrivé en juin et a commencé à être rodé sur scène, c’est la première composition à être peaufinée en studio. China Cat Sunflower également va faire l’objet de travail et de modifications en studio. Le reste des titres composant l’album est donc bien issu des vapeurs de gaz dans le studio. Durant cette période, Phil Lesh est de nouveau en contact avec son ami de longue date, Tom Constanten, qui avait participé à Anthem Of The Sun, et va finalement intégrer le Dead fin novembre 68. Avec juste l’aval de Garcia et selon les propres dires de Tom, il est arrivé aussi pour s’intercaler entre Bob Weir et Pigpen, qui peuvent difficilement s’encadrer. En tous les cas, il participera à la naissance du très réussi Mountains Of The Moon. Les musiciens apportent donc des idées, des passages comme Lesh sur St Stephen, la majorité de l’écriture revient en tout cas à Garcia et pour les textes Robert Hunter. Jerry a donc demandé à son ami de lui écrire de la poésie mais aussi de lui faire tout ses textes à l’avenir.

Le groupe n’arrête pas pour autant les concerts, ce qui donne l’occasion de tester en live les nouveaux titres. Retour au studio avec dans l’entourage du groupe, et d’ailleurs crédités sur l’album sans connaître à ce jour leur implication, les 2 amis de New Riders Of The Purple Sage : John «Marmaduke» Dawson et David Nelson. L’album devait s’intituler initialement Earthquake Country mais c’est Rick Griffin, auteur de la pochette, qui a sorti Aoxomoxoa : cela ne veut rien dire, mais la symétrie du palindrome était plus intéressante. Rick Griffin, dessinateur déjà reconnu de quelques une des plus belles affiches de concerts avec le duo Stanley-Mouse, avait rencontré Jerry Garcia lors d’un acid test. Le thème de la symétrie est évident sur la pochette, le soleil attire les éléments, les végétaux, les couleurs, champignons et vapeurs font penser aux drogues et une paires d’ailes pour le mythe de l'Égypte ancienne. Au dos de la pochette on retrouve le groupe assis dans un parc avec amis et enfants, la communauté s’est agrandie. Une certaine Courtney Love âgée de 5  ans serait sur la photo.

 La production est faite par des amis ingénieurs Bob Matthews et Betty Cantor, et le pape du LSD Owsley Stanley est aussi aux manettes.

A sa sortie le 20 juin 1969,  la Warner lance une campagne promo un peu curieuse : un concours de ressemblance avec Pigpen ! Nous avons aussi un passage télé chez Hugh Hefner, dans son émission Playboy After Dark, avec des nouveaux titres donc.

La réception du disque est bonne mais peut être que les ventes auraient été meilleures sans un Live Dead plus que réussi sorti la même année. Aoxomoxoa atteint péniblement les 500 000 ventes aux USA en 1997. Après ce disque, le groupe, rarement satisfait de son travail en studio, poursuit sa route, ses expériences et voyages musicaux à travers ses incessants concerts, le dernier disque psychédélique du Grateful Dead coïncidant avec la fin des sixties.

 http://www.univie.ac.at/Anglistik/easyrider/data/graphics/aoxomoxoa2.jpg


La chronique

 

Allons y ! on ouvre le bal avec St. Stephen, accords de basse, la guitare arrive après et ensuite tout le groupe déboule. Beaucoup de variations rythmiques, ralentissements, morceau a tiroirs, donnant plusieurs accès aux jams. Le deuxième titre dominé par l’orgue Hammond de Pigpen, la narration de Jerry et le texte de Hunter. Composition simple mais efficace, guitares acoustiques, banjo, refrain très mélodique. Rosemary est une sorte de ballade avec uniquement 2 guitares acoustiques. Elles se suivent et se séparent, se rejoignent à nouveau avec la voix de Jerry passée sous filtre, où il semble être sous l’eau. Doin’ That Rag prend les même éléments de St Stephen dans sa construction et la manière dont le titre s’articule. Composition complètement différente pour autant et là encore réussie. Mountains Of The Moon est basé sur l’acoustique de Jerry et le clavecin de Constanten et des chœurs. Curieuse mais belle ambiance. China Cat Sunflower, beaucoup d’instruments, encore un titre varié rythmiquement, énergique, un festin musical. What’s Become Of The Baby est un délire de Garcia, bruit de fond, quelques instruments, de l’électronique, des voix modifiées. On a du mal à adhérer au trip qui dure 8 minutes. Cela s’achève avec Cosmic Charlie, typique de Garcia niveau composition. Quand on a écouté le disque depuis le début, on comprend son style. Mid Tempo réussi, prenant, varié. On peut diviser les titres avec la partie lente et mélancolique de Jerry et les morceaux bien énergiques, laissant toutes les voies possibles aux jams. Moins psyché que Anthem Of The Sun, Aoxomoxoa surprend tout de même : une ambiance variée mais faite pour décoller selon les humeurs, des sons ici ou là , le groupe a vraiment expérimenté le studio. La réédition de 2001 présente plus d’une demi heure de jam en studio avec une version live de Cosmic Charlie.

 

 

À la recherche du mix.

 

Curieusement, un remix a été fait en septembre 1971. Il est sorti fin 1972, avec juste une mention derrière le disque  «remixed september 1971». Avec le recul, Garcia était mécontent du mix original, qu’il trouvait «boueux». Il remanie le disque en 1971 et c’est cette version qui a été utilisée pour l'édition CD, sorti en 1987. À l’occasion du coffret The Golden Road, sorti en 2001, David Lemieux, l’archiviste du groupe, déclare dans une interview «Nous n’avons pas pu trouver le mix. Nous avons vraiment cherché, je ne peux pas vous dire par quoi nous sommes passés pour essayer de trouver le mix original d’Aoxomoxoa.» Des bandes sont dans les archives mais pas les masters, la réédition de 2001 est donc faite avec le mix de 1971. Les  belles histoires finissent bien et, on ne sait comment, le coffret des rééditions vinyles des 5 albums sortis sous Warner Bros, paru en 2010, présente enfin le mix original !

 

Les 2 mix à l’écoute.

 

St. Stephen comporte très peu de différence, juste l’équilibre des instruments.

Dupree’s Diamond Blues : l’original a des éléments de batterie plus en avant et se termine par le bruit dans le studio la prise terminée.

Rosemary est un peu plus longue de quelques secondes, le fade out sur le mix de 1969 arrive moins vite.

Doin’ That Rag a une intro différente, et une fin en 1969, le remix a encore un fade out. Au milieu du titre des prises ont été modifiés, mixage des instruments différents.

Mountains Of The Moon a vu la disparition de ses chœurs.

China Cat Sunflower, version 1969, a une intro plus longue, les bruits dans le studio ne sont pas coupés, la batterie est plus en avant sur le refrain, le piano est plus audible, est agrémenté de bruitages électroniques et comporte une vraie fin. Un fade out a été fait sur le remix.

What's Become Of The Baby, alors là c’est la grosse modification: tous les bruitages, sons, bidouilles électroniques ont été supprimés en 1971. Jerry a modifié aussi ses vocaux.

Cosmic Charlie avait à nouveau en 1969 une intro avec les bruits et dialogues en fond dans le studio lors de la prise, l’orgue était plus en avant. Les vocaux de Jerry pris sur 2 pistes et légèrement décalés ont été supprimés sur le remix, donc une seule voix de Jerry.

 

Voilà pour un premier jet mais à réécouter pour trouver encore des choses ici et là !

 

 

Aoxomoxoa en live ?

 

St. Stephen :  interprété 159 fois entre le 7 juin 1968 avec  un creux de 1971 a 1976 et la dernière fois le 31 octobre 1983 .

Dupree’s Diamond Blues : interprété 81 fois entre le 20 janvier 69 et le 13 octobre 1994. avec une mise au placard du titre en 1969 et 1977.

Rosemary : une seule fois, le 7 décembre 1968

Doin’ That Rag : 37 interprétations entre le 24 janvier 1969 et le 26 octobre 1969

Mountains Of The Moon : interprété 16 fois entre le 20 décembre 1968 et le 07 décembre 1969

China Cat Sunflower : l’un des tubes du groupe, joué 544 fois du 17 janvier 1968 jusqu'au dernier concert du Dead le 8 juillet 1995. Pas d’interprétations en 75/76/78, une seule en 1977. La jam de China Cat Sunflower se fond dans I Know You Rider (vieux titre du folk américain dont on ne connaît les origines) à partir du 30 septembre 1969.

What's Become Of The Baby : jamais joué

Cosmic Charlie : joué 38 fois du 17 janvier 69 au 21 novembre 1970, une fois en 1971, 6 fois en 1976 et une en 1994.

 

Et sur internet ?

 

On trouve quelques outtakes, dont l’une où le groupe travaille sur St. Stephen, se trompe, recommence; un passage est travaillé mais non retenu sur la version définitive. On trouve aussi Dark Star. Une autre session de bien meilleure qualité avec la totalité des chansons de l’album peu éloignées des versions finales. St. Stephen dans une autre version, du violon sur l’intro par exemple. Également une cacophonie faite de discussions, cris et paroles. Une jam bien sympa, à écouter pour le plaisir.

 

Pour compléter ses bacs voici les références des pressages américains, en sachant qu’il existe de l’allemand et de l’anglais

 

http://3.bp.blogspot.com/_Mdobvet11vo/TSwn0xrJ4uI/AAAAAAAABGM/MDDqRpK6dwk/s1600/310222704042.jpgWarner Bros. WS 1790 : Promo Label Blanc

Warner Bros. WS 1790 : Label Vert

Warner Bros. WS 1790 : le remix comporte la même référence, par contre le label orange n’a plus le logo Seven Arts Records, comme dit plus haut. Aucune différence de pochette, le remix est mentionné en petit au dos de la pochette avec les crédits.

Dupree's Diamond Blues / Cosmic Charlie : Promo Label Blanc 7324

Dupree's Diamond Blues / Cosmic Charlie : Label Vert 7324

Cd

1790-2 sorti en 1987

Réédition de 2003 : Le coffret est de 2001, les disques à l’unité arrivent en 2003 : 8122-74394-2

La bonne vielle cassette : MS 1790. Pas d’infos sur la version de l’album

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