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L'été - Déconades Diverses

par lou 3 Décembre 2009, 09:27

L'été.

Saison idiote, dont le seul avantage est d'annoncer l'automne.

Les onanistes de la crème à bronzer sont revenus de l'enfer, eux qui durent s'exiler devant les panurgistes.

Voyageur immobile, j'assume ma permanence interne.

Et mon goût certain pour l'ombre et la fraîcheur.

Très jeune j'ai du faire des choix politiques, mais déjà la notion de sens unique me paraissait obsolète.  Ou pire, une souricière grand modèle.

Dans les cours de récréation, régnaient les Chevaliers Teutoniques de la fête à la saucisse.  Les Uhlans du tonneau de bière, qui mobilisaient l'attention.

Convaincus que la modestie est une maladie rare.

Leur beauté sauvage de grands tas musculeux et assourdissants, déjà, trépanait les foules.

La dictature footballistique ne fait pas de prisonniers.  Elle se contente de transformer les crétins en paladins, et la noblesse du geste en une détente du mollet, qui fait hurler les troupeaux et fuir les oiseaux.

Il fallait apprendre à se couper un bras tous les jours. Culture du sacrifice inutile à long terme, mentalité de petit épargnant existentialiste. Pourquoi réfléchir quand on peut, tous les jours, baffer, à l'oeil, le vomi des autres.

Constatant les failles du système, je glissais des rébus sur des tessons de bouteille. Et j'écorchais les jolies rhétoriques de passage.

J'avais compris que la démocratie participative est une belle chose, mais que la tolérance, souvent, porte le code génétique d'un lemming.

J'échafaudais alors une théorie simple, à base d'anarchie tranquille, et de mains dans les poches.

Mon manifeste déplut .Les antichambres du pouvoir étaient bien closes, on y partouzait joyeusement. On y vota le knout de mes stocks d'air frais. Qui en devinrent des labyrinthes de cristal. Pour les jours de deuil biodégradable, quand on se contente de prendre des notes.


Le pire des endroits était, déjà, le dernier salon où ça cause. Espace bien climatisée, inaccessible au commun des traînes lattes idéologiques, redécorées dans des tons à vous faire gerber.

Se profilaient les éboueurs mondains et les embaumeurs chics, pataugeant avec style dans l'adipocére et la tête de veau cocainée.

J'intériorisais alors ma réflexion, la rendit muette.

Tel Erich Zann, ma musique maudite s'imposa, elle avait un goût de mercure.

Sur une palette de couleurs, j’aurais été le ton neutre.  Celui qui, mais de loin.

Gouvernance du coucou suisse, trouvé en solde dans un bazar de métaphysique usagée.

Les jours où la Bretagne me revient, j'invente des verbes en contemplant les bagnolards de la rime facile, j'antimémorise. Sous une fine couche de sucre, une odeur d'amande amère, et une légère douleur aux gencives.

Légère douleur partout, cynisme en berne.

Art délicat du pétage de plomb en public, se voir déjanter au millimètre prés, et deviner dans la conscience collective, le bal des faux jetons, pour cérémonie crématoire.

Désabus tranquille, rechercher la concision, mauvais endroit, mauvais moment, mauvaise utilisation du temps imparti.

Dans une vie prochaine, je produirai de la page blanche, et de l'angoisse non encrable.

À ceux qui restent tard le soir, pour le canevas stylographique.

Les lunaires de l'alphabet, les renonceurs, les non statistisés, stylistes anonymes. Et aux oubliés du débat tel qu'il se pratiquait.  Ceux qui s'amusaient à frotter l'onctuosité toc avec de l'ail, histoire de laisser d’horribles cicatrices. Ceux à qui on donnait, déjà, l'Honesta Missio, vétérans claustrophobes.

Les aérostiers.

Les balconneurs.

Laurent

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