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Legend Of Blues-Charley Patton-Au delà du Blues

par lou 23 Juillet 2010, 10:29

Legend Of Blues

http://www.christis.fr/fcabrelnew/images/stories/charlie%20patton.jpg

 

 

 

 

Charley Patton

 

 

 

 

 

 

Au delà du blues

Premiers disques achetés, premières leçons de budget microscopique. Direction le bac à soldes mon garçon, avec tous ces trucs que la clientèle huppée refuse de toucher. Howlin Wolf, Freddie King, John Lee Hooker. Tout juste si on n’aurait pas fourni les gants en option.

Peu de gens peuvent se vanter d’avoir rencontré le diable à un carrefour. Et dans le Mississippi,  il avait souvent une cagoule blanche. Chaque coup de fouet, chaque lynchage écrivaient une mesure de plus.

Jusqu’à douze.

Bien longtemps après, il y avait cet été fortement venté. Les affreux clowns du papier peint, et mes nerfs qui me lâchaient. Sans faire trop de bruit.

Pas encore la chambre toute blanche, mais pas loin.

 

Charley Patton (1891/1934) m’attendait patiemment, à la médiathèque du coin. Comme s’il avait su de quoi j’avais besoin. Pas seulement de Valium. Mais d’un baume puissant contre toutes les horreurs de la vie.

Au milieu des bacs de daube, attendant de faire sonner cette voix de bronze. Expression gutturale, gosier aussi râpé que les mains.

Et ce picking qu’on jurerait arraché au barbelé d’une plantation de coton.

Voyage archéologique, à la façon d’un fleuve remonté jusqu’à son extrême limite. Nous voici en  présence d’une des premières traces, tangibles, de blues. Parvenue à nous intacte. L’esquisse nous est familière. L’épure ayant tout du mustang des prairies. Fier et libre.

 

Sans vouloir minimiser l’impact de Robert Johnson (formidable vulgarisateur), j’ai reçu la musique de Charley Patton comme un boulet dans les tripes.

Celui qui vous colle au mur, en vous laissant juste vos oreilles.

Disponible partout en « Definitive Collection » ou « Anthology » de mes deux. Le business veut sa part. Et pour une fois, on est prêt à lui pardonner.  Parce que même la sacro-sainte remasterisation s’est ici cassé les dents. Au lieu de javelliser, elle a dû se contenter d’enlever la poussière. Et de foutre la paix au diamant brut.

 

Blues de coyote, décharné et nerveux. Risquant sa carcasse pour arracher un morceau de viande. Et vous bouffant lentement, avec son terrible râtelier de carnassier.

 

Restait juste à survivre assez longtemps pour festoyer aussi.  

 

Laurent.

 

LIEN :

Moon Goin Down

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