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Mick Farren - Vampires Stole My Lunch Money

par lou 20 Novembre 2009, 22:24



Dans les 365 jours qui ont vu John Travolta nous prouver qu’il dansait bien le disco, après le punk, l’after punk (déjà), la cold wave naissante, le pub rock, l’éclipse momentanée des dinosaures cocainés, on avait besoin de quoi ?

 

D’une pochette bien laide ?

 

Avec une tronche impossible, qui vous contemple tranquillement.  Dans un demi-sourire désabusé.  Celui qui pense pendant que les autres font la nouba. Actif au bar, bien sûr. Mais attentif à éviter les pièges d’un hédonisme béat. En étudiant vos réactions. 

 

D’un baba grand teint, ayant participé à tous les combats de sa caste ?

 

Et pas dans l’équipe réserve, pour couper les citrons. Partout, où la morale gluante, les flics, et les réacs ont sévi, on retrouvait Mick Farren, dans les années 1970. Paré d’une cape bien lourde. Celle de porteur de lanterne d’une génération. Le type que la justice aimerait bien faire taire. Si possible définitivement. Avant de le voir contaminer une autre génération.

 

J’extrapole bien sûr. Étant âgé de 13 ans en 1978, ce genre de considérations devait encore mettre un an à me concerner. N’empêche, un chouette disque comme Vampires Stole My Lunch Money m’aurait bien plu. En lieu et place des croûtons de Supertramp, qui, horreur, étaient au sommet de leur niaiserie, et de leur pouvoir de nuisance. Se laisser guider par un type trop vieux pour le punk et le pub rock, mais prompt à en conserver le meilleur. Cette volonté de racler la mauvaise graisse accumulée, par abus de rock progressif. 

 

Alors, ici, rien que des rocks au rasoir. Dont deux ou trois ne sont guère rien d’autre que des boogies pour gigoter, certes.  Et non, Mick avait jugé inutile d’apprendre à chanter. Et il se payait le culot d’ouvrir par un morceau de Zappa. Épaulé par le vieux complice Larry Wallis, il nous lâchait quelques-unes de ces stances définitives, qui font tache chez la Reine d’Angleterre. Il avait pour lui l’expérience, et le mépris du danger. S’arrogeant le droit de n’être plus qu’un membre du groupe parmi les autres. Et se lâchant enfin, dans un poème (sur fond de zinzin apocalyptique). Je Connais l’Auto Destruction, est un crachat verdâtre dans la gueule des décideurs, de ceux qui veulent vous empêcher de vivre, pour faire encore un peu plus de fric. Bien planqués derrière la respectabilité.

 

Comme dans un carnet de confessions, il s’attardait aussi à plusieurs reprises sur son amour de la bouteille. Avec une candeur touchante, sans fausse pudeur.  Semblable à ces types qu’on trouve dans les bars, à huit heures du matin. Qui font les comptes au moment de rentrer, et voudraient bien arrêter les conneries. Juste pour y voir clair. Et reprendre le contrôle de leur fichue vie. Dont ils ont perdu le mode d’emploi.

 

Album généralement décrit comme mineur. Comme quoi, même les gazettes spécialisées peuvent dire des conneries.

 

Éternel respect pour Mick. Retrouvez-le en interview dans Vapeur Mauve Sept.

 

Laurent

 

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