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Mike Wilhelm - Des Barbelés sur la prairie

par lou 13 Octobre 2010, 16:25

MIKE WILHELM

 

Des Barbelés Sur La Prairie

http://2.bp.blogspot.com/_8RrIgxBZpYo/SrZYVsHPzTI/AAAAAAAADUU/KkWJHxp85Rw/s400/Mike+Wilhelm_face.jpgHum…Un genre de Clint Eastwood, qui aurait échangé le flingue contre la douze cordes. Avec cette propension à obtenir le silence, sans même l’avoir demandé. Rien qu’en empoignant son calibre ou sa gratte.

 

Une tronche à conduire une diligence dans Lucky Luke en tout cas.  C’est la première chose qui vous vient à l’idée.  Et cette voix, à mi-chemin entre le crapaud des marais et l’ogre débonnaire. À l’heure actuelle, Tony Joe White lui-même paierait pour avoir un peu de ce don étrange. Celui qui fait que Mike Wilhelm est aussi éternel que Robert Johnson, que sa musique offre aussi peu de prise au temps qui burine.

 

Déjà sur le premier album des Charlatans, au milieu de toutes ces chamarrures hasardeuses, il avait le culot de balancer une reprise de Johnny Cash. Histoire de meurtre, qui sonnait tellement bizarre, qu’on entendait plus qu’elle. Ce qui équivaut toujours à feuilleter un magazine suédois en plein milieu de la messe dominicale.  Tombé chez les Flamin Groovies dans leur pire période, pour y diluer ses dons, on préférera évoquer le temps où il menait son propre trio, dans les bars de San Francisco.

 

Ah, leur Love In Vain qui rappelait les Stones à leur devoir. Au chalumeau sur la porte du manoir.  Ou leur The Last Time, salement revisitée au papier de verre.

 

 Loose Gravel laissera à la postérité un single introuvable, un maxi qui se fait rare, et une compilation gâchée par un son épouvantable. Le point commun est qu’il y résonnait un boogie abrasif, et fort peu courtois. Barbe de trois jours, qui arrachant comme une garce, sentait la sueur, le camembert trop fait, la chaussette surmenée, tout ce qui peut rappeler une forme de vie.  Hérésie totale, quand Yes mettait un point d’honneur à entasser 200 accords par morceau.

 

http://www.flyingsnail.com/Scrapbook/images/MikeWilhelmCowPalace4-14-66.jpgLe cénacle se réduit grandement, dès lors qu’on évoque la carrière solo. En bon desperado, Mike ignore le sens des mots « budget promo ». Trois albums studio en trente-trois ans. Les deux premiers partagés entre blues folk et boogie, assenés dans vos oreilles lasses avec un effroyable savoir-faire, une pureté d’intention quasi angélique. Le type qui vient sans rien vendre, juste vous montrer ce que vous manquez, à acheter n’importe quoi. Vous avez vu comme c’est bon ? Trop tard, je suis déjà reparti, dans la poussière du désert. Franc tireur avec une mission, éveiller les consciences. Il y a du François Villon dans sa démarche. Leur langage commun est vernaculaire. Ils secouent le cocotier de l’expression entre deux siestes.

 

Le troisième, au début des années 90 (toujours pas remises de la galle que leur avait infligé la décennie précédente) avait tout de la revendication sociale. Un disque dédié aux douze cordes, et nommé « Des fils et du bois ». Faut oser, et en avoir autant dans les doigts que dans le pantalon. Juste le type, son engin, et sa grosse technique. Tout l’idiosynchrétisme du bonhomme est là. Il fait ce qu’il aime, sans se laisser emmerder par personne, sa conduite est naturelle. Pourquoi allez se compliquer la vie à imiter les autres, quand on est à ce point soit même ? Admirable et solide comme un vieux meuble bien ciré. Loin du fonctionnel gadgétisé.

 

Nous reste les deux live. Dont un enregistré à Rennes (si si) en 1993.  Et l’autre à Tokyo. Que le rédacteur a dû traquer jusqu’au Danemark. Pour avoir sa ration. Rien de bien nouveau certes. Le répertoire traditionnel de l’homme, devant des nippons, des chapeaux bretons ou sur son balcon reste d’airain. Cette gnole de contrebande, dont une lampée vous rend subitement content. On jubile parce que le tonneau semble vraiment inusable, après vingt-cinq ans d’usage. Quand on pense que le vocable « styliste » désigne, de nos jours, un(e) épouvantable cerbère, qui vous redessine façon grotesque, il est gratifiant de remercier Mike Wilhelm d’ignorer Paypal, le net, et de vendre son dernier disque par la poste. La ruralité paisible, en gros.

 

Laurent.

 

LIEN :

Myspace

commentaires

Drax 31/01/2011 18:15


Bravo pour cet hommage à Mike Wilhelm trop méconnu que j'ai eu la chance voir sur scène avec les Flamin' Groovies à Paris en 1976.
On trouve sur You Tube d'excellentes prestations live en solo acoustique extraites de Girl George's TV shows de la fin des 70's, notamment une version de Me & My Uncle évocatrice des plus
grands westerns classiques
http://www.youtube.com/watch?v=QkrqBTbaW2s


Laurent 15/11/2010 15:28


D'abord merci de votre commentaire. Ensuite le hasard fait parfois curieusement les choses. J'avais choisi ce titre en référence à une aventure de Lucky Luke, pour le coté cow boy, tout simplement.
Comme quoi, on intéresse quand même les gens, malgré l'absence quasi totale de réactions.


Lucky Pierre 15/11/2010 01:34


Je suis un ami de Mike et des autres Charlatans, Dan, Georges surtout.. et tous les gens dont vous parler sur ce site. En 70 avec Georges Hunter à Globe Propaganda entre autre on faisait les
graphiques des concerts de Bill Graham. Cela me fais plaisir de voir que cette musique à toujours des fans. Ce qui m'a intrigué c'est le titre "des barbelés sur la prairie" c'est à dire "overland
barbed wired". A lépoque c'était le nom de notre groupe avec Joe Teuscht a.k.a Joe King Carrasco. Comment avez vous eu ce titre? C'est le titre d'une chanson? A ma connaissance il n'existe qu'un
enregistrement de ce qu'on faisait mais personne ne sait ce qu'il est devenu. Joe étudiait la musique à UT Austin ou il avait un prof Syrien alors on jouait de la musique classique Syrienne en
psychadélique . On nous a viré de pas mal d'endroits de El Paso à SF. En 73 les Groovies zonaient à la Rainbow House (l'extérieur complètement peint en arc en ciel)du coté de Downey street. Je me
rapelle qu'un jour ou j'étais venu chercher une lid avec Joe je leur ai suggéré de prendre Mike pour compléter leur groupe. Ils avaient trouver l'idée bonne mais Mike avait Loose Gravel et son
garage à la Coffee Galery. Des années plus tard ca a finit par marcher bien que Mike a un souvenir douloureux de ses rapport avec Cyril. Ah souvenirs souvenirs ...


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