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Nick Kent - La Ligne Rouge

par lou 28 Septembre 2010, 15:28

Littérature Rock

 

Nick Kent

 

La ligne Rouge

http://files.fluctuat.net/images/T/h/the-dark-stuff.jpgQue ne donnerions-nous, pour avoir été de la génération de Nick Kent ?

Aborder le rock au tout début des années 70, tenir la guitare sur un single des Flamin Groovies, être là où l’Histoire se construit.

Bien sûr, tout ce dont il est question dans L’envers du Rock, chaque rédacteur de Fuzzine en a plus ou moins rêvé... Rien que pour vivre en direct le passage de relais entre les restes des Stooges et les débuts des Sex Pistols.

 

 Écrivaillons frustrés que nous sommes, cas sociaux qui réclamions si fort de passer de l’autre coté, dans nos jeunes années.

Traîner dans le bruyant sillage des New York Dolls, ou recevoir des conseils de Lester Bangs en personne, dans un premier temps, pour peu qu’on y porte un regard superficiel, ça devait être la fête au village. 

Se mesurer à un Syd Barrett ou à un Roky Erickson, totalement cintrés, et déjà prendre conscience des ravages du métier. Ce qu’on a oublié de vous dire, en signant le pacte avec votre sang.

 

Les ennuis commencent quand vous devenez copain avec Keith Richards ou Jonnhy Thunders. Le premier est encore vivant, mais dans quel état. Le second a paradoxalement été trop loin. Nick Kent a mis le nez dedans aussi, pendant un temps. Il raconte tout cela sans détour, la terrifiante gueule de bois, le prix du voyage.

 

Cette compilation d’articles n’est rien d’autre que ça. L’art de savoir remonter à la surface. Même quand on risque sa vie, face à un abruti du calibre de Sid Vicious. Dont l’entrée est ici (de loin) la plus glauque, celle qu’on lit une fois, et qu’on évite ensuite.

 

L’histoire d’un gamin timide, avec une plume superbe. Chaque papier se déroule comme une aventure (les intros, en particulier, sont magistrales) qui bâtit une tranche de vie.  De Brian Wilson à Neil Young, en passant Jerry Lee Lewis ou Elvis Costello (vraiment féroce, celui-là) on est dans la quatrième dimension du rock.  Celle où la seule notion de retour en arrière fait doucement sourire. Où on est persuadé que le sort du monde peut, encore, se jouer sur une face de 45 tours. La rivière sans retour, dont les flots cognent et roulent, contre vos tempes fiévreuses. Épitaphe d’une certaine idée de la critique rock, avant l’usurpation du métier par des vrp à la petite semaine. Même pas fichus d’écrire une préface aussi classe que celle, ici, d’Iggy Pop.

 

Un seul petit regret, avoir omis un chapitre sur les tournées orgiaques de Led Zeppelin, et leurs ambiances délétères de lupanars ambulants. Mais peut-être était-ce vraiment TROP pour la décence d’un livre, qui en reste hautement recommandable. Et puis rendre intéressants les propos des crétins de Guns And Roses ou Happy Mondays, ça relève du grand art, mine de rien.

 

Laurent.

commentaires

Aléric de Gans 12/10/2010 11:22


Ca donne envie, tout ça!

C'est vrai que pour tirer quelque chose d'une interview d'Axl Rose, faut se lever tôt.


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