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Nouveautés : Black Angels / Grinderman / The Grand Astoria / ANO

par lou 4 Avril 2011, 10:24

http://techno-science.net/illustration/Retro-techniques/Disque1937/Disque.jpgNOUVEAUTES

 

Black Angels / Grinderman / The Grand Astoria / ANO

* BLACK ANGELS - Phosphene Dream (2010)

Champ d'Ultra Vision

 

http://tymesoft.com/uploads/posts/2010-09/1283490011481phosphened.jpegLe second Black Angels fut, réellement, une belle et bonne surprise. Lancés sur les traces de Roky Erickson et du Velvet, ces Texans faisaient grosse impression dans le registre lysergique. Leur musique lourde et hypnotique dégageait une vibration  puissante, qui donnait toute sa pleine mesure écoutée au casque. J'ai souvenir d'un voyage en bus dans ces conditions.  Au milieu d' un orage colossal, la bétaillère, peuplée de gens  affreusement banals, devint un vaisseau colorée. Dérivant dans la lumière des feux rouges, le gros car se faufilait en échappant à l 'apesanteur. Alors que les Black Angels contrôlaient les cerveaux, et cognaient fort dans mes écouteurs. Presque trois ans plus tard (déjà) voici le nouvel albums, dont, soyons francs, j'attendais peu. Au mieux une copie pataude de son glorieux ainée. Du Rêve Phosphène, nous promet-on, en guise de titre. Les phosphènes étant des phénomènes oculaires (apparition de taches dans le champ visuel) et la pochette toujours aussi éloquente, nous voilà prévenus sur les intentions des Anges Noirs. Le premier morceau, mélodie égrenée par un phasing, beat lourd, voix d'outre tombe acide, est bon, c'est déjà ça. Sans surprises dans les standards du groupe, toutefois. Et ne rassure absolument pas. Tout un disque de ce calibre, et on va les renvoyer chez Left Lane Cruiser, au royaume du manque d'imagination élevé en mode de communication. Un coup de barre à gauche toute, deux accords maigrichons.......Ah les enfoirés, cap Syd Barrett toute mon capitaine. Leur rock magique conserve toute sa texture, mais devient une comète pop anglaise, garantie fin des années 60.

Voyez Doors ou Pink Floyd des débuts, en conservant le goût, mais avec la marque déposée Black Angels. A savoir qu'on est simplement au  bord du gouffre mental. L'esprit est libre, le cerveau soumis à un bombardement psychique, à vous de voir ce que vous aller faire de tout cet espace cérébral. Les villes sont des déserts culturels, l'hiver et la, et le voyage coute 15 euros. En vente dans toutes les bonnes crémeries. Représentation holographique en quinze dimensions.  Du coup, le reste de l'album (bien court à quarante minutes) ressemble à une énorme orgie. A un voyage en ballon, au delà de l'hélium. La mélodie a enfin triomphé de la gangue sonore, et si les qualités planantes sont toujours la, les voilà orientées du coté du soleil. Arche de Noé ou le pilote serait gravement décalqué, et les passagers trop défoncés pour admirer autre chose que le paysage, Phosphene Dream fonce dans le mur, en abusant joyeusement du klaxon. Retrouvant la recette de Ken Kesey, et de son bus peint de couleurs vives, les Black Angels vont de ville en ville sans se cacher. Avec toute la sono sur le toit, et une armée de freaks pour les acclamer, sur le bord de la route. Trop vite, trop fort, il faudra des mois pour tout décrypter, d'un ensemble sur les jantes en permanence. Le foisonnement des idées, l'inventivité en alerte, et toujours ce martèlement féroce, ridiculisant l'idée même d'adhérence au sol. Les mots peuvent, mais pas toujours tout.   Au péage, les flics ont levé la barrière, et remplacé le casque par des fleurs dans les cheveux. Disque phénomène d'un groupe phénoménal, découpant des ombres sur de grands feux de bois. Rejouant en permanence le festival pop de nos phantasmes acides, sur fond de jardins parfumés. Sans jamais un instant sembler se parodier, voir copier qui que ce soit.  Même en piquant trois accords/lames de rasoir à un type aussi peu baba que pouvait l'être Link Wray. Bouillon de sorcière dont il est conseillé d'abuser.

Listen!

Laurent

 

The Grand Astoria - Omnipresence (2011) 

http://thesodashop.files.wordpress.com/2010/11/grand-astoria-omnipresence.jpgL'album commence sur les chapeaux de roue avec Doomsday Party, du bon stoner (voir heavy) avec une voix qui se rapproche plutôt au punk ! Hungry & Foolish commence également en mode "brutasse", pour ensuite prendre une toute autre tournure à la moitié de la chanson avec de bonnes surprises musicales : de la fuzz et même un clavier commence à montrer le bout de son nez !
Mania Grandiosa repart de plus bel ! Suit l'envoutante et raffinée Omniabsence, on entendrait presque le cuicui des oiseaux ! Avec Rat Race in Moscow et Something wicked this way come on retourne headbanger sur les traces du premier titre. Et puis débarque de je ne sais où la groovy the song of hope avec une touche d'harmonica et de clavier, réelle curiosité sonore dans ce monde de brute !Omnipresence et Stonewall clôturent l'album sur une touche bien plus psyché. Un album qui ne se cantonne pas au stoner ! Voir Hungry & Foolish, Omniabsence, the song of hope, Omnipresence
Pas l'album de l'année, mais découverte sympatique !

Listen!

Bonzo

 

Aqua Nebula Oscillator – Excavation (2010)

http://3.bp.blogspot.com/-Z4p14G4Z-AA/TV2lxdW6W2I/AAAAAAAAB2U/hHHNw30UTTE/s1600/Aqua%2BNebula%2BOscillator%2B-%2BExcavation.jpgBon alors .... Comment dire ? Autant le "Cave Recordings" est extrêmement planant, envapé, sous influence lysergique assez marquée, orientalisant à souhait .... Autant là non. Mais vraiment pas. Du tout. Vous vous rappelez l'évidente évolution entre le premier album très psyche et le second beaucoup plus rentre-dedans ? Et bien on retrouve ici cette impression sauf qu'elle est exacerbée.
C'est que en répèt' ça doit fuser tous azimuts, ça doit bien souvent déraper, démarrer les yeux dans les étoiles et finir la tête dans les chiottes le nez en sang. Excavation c'est plutôt le côté "nez en sang" que "fleur dans les cheveux". C'est brut voire brutal, bordélique, brouillon et puissant. Le son est cradingue mais velu, sans fioritures et pour tout dire éminemment Stoogien faut admettre. Pas besoin de pousser la chaine hifi trop haut y a du volume, ça sent le fait maison et tout à burnes ! Seul le dernier morceau "Lost In Space" nous laisse un peu de répit pour une descente de speed toute en douceur.

Listen!

Venukse

 

Grinderman - Grinderman 2 (2010)

Graine de violence

http://www.zewoc.com/radioclark/wp-content/uploads/2010/07/2010-grinderman-big.jpgComme le temps passe, déjà trois ans que le premier Grinderman faisait irruption dans nos vies présarkoziennes. Et pour tout dire, habitués que nous étions au laisser aller Chiraquien, le coup fut dur. Rappelez vous du singe vert et rouge qui se grattait les burnes, de son rock primitif, tout en granit et en plafond dans les gencives. Aujourd'hui, un loup rode sur le marbre d'un quelconque palais. Le bestiau semble avoir faim, il a du être victime d'un plan social, et rêve de bouffer son conseiller Pole Emploi. Quatre gueules sinistres au verso, aucune pitié à attendre. Confirmation, la première chanson (Mickey Mouse And The Goodbye Man, titre de l'année) est hargneuse comme un taureau blessé, qu'on aurait aimablement dirigé vers le vestiaire du matador. Structure fracturée, et Nick Cave qui semble émerger d'un mauvais cauchemar. N'importe quel groupe de crétins aurait profité de l'avantage acquis, et, privé du moindre micron d'imagination, nous aurait décalqué le même schéma à l'infini. Pas Grinderman.

Non, ils ont l'agression subtile, et la souffrance qu'ils infligent résonne dans le cerveau autant que dans le corps. L'essentiel de l'album est composé de tempos moyens, bardés d'échardes, retenant pour principe de base que la vie fait mal. La gueule sur le macadam, le sang coulant du front, et les points de suture à venir. Non non, pas un secours à attendre. Bien sur il y a quelques fioritures, les colifichet, l'illusion que si on avance on sera récompensés. Jusqu'au prochain riff à sous munitions, dont la détonation arrache tout sur son passage. Vous avez pigé le message ?  Ou vous avez encore deux ou trois rêves bien protégés ? De toute façon, il est trop tard pour reculer, la porte d'entrée vient d'être soudée. Une seule solution, boire son calice jusqu'à la lie, avancer et avancer encore. Bienvenue dans l'existence. La où passer de l'autre coté du miroir est toujours possible. Surtout si on est prêt à intérioriser sa douleur, en prétendant sourire. Grinderman fournit la bande son de votre prochaine dépression nerveuse. Et c'est pas SOS Amitié qui va vous sauver. Pas cette fois ci.

Listen!

Laurent

 

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