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On The Road Again - Tarkus / Shinki Chen / BLO

par lou 8 Février 2010, 17:34

Et l’on reprend notre bâton de pèlerin pour ce second numéro d’On The Road Again, destiné à défricher aux quatre coins de la planète ces coups de butoirs électriques que nous affectionnons tant ! Et de se rendre compte à quel point le rock et ses dérivés ont su parvenir à tendre ses tentacules de par le monde. Pour notre plus grand plaisir !

 

Continent Sud Américain – Tarkus (Pérou)

http://progressive.homestead.com/Tarkus_group.jpgRoulement de batterie, déferlement de grosses guitares, supplantées par un déluge de Fuzz et une montée quasi orgasmique, rythmique infernal qui ne dégringole que pour laisser place à un fondu électrique jouissif… Ce premier morceau de cet album évidemment introuvable met clairement l’auditeur dans un état d’ébriété sonore total, et le pire, c’est que le reste de l’album reste dans le même acabit, dégueulant un hard rock psychédélique délicieusement teinté de couches progressives.

Et tout cela, en provenance du Pérou, oui messieurs. Le groupe, qui s’est formé uniquement pour balancer, à la petite centaine de chanceux qui a tenu un jour cet album entre les mains, ce disque, mérite une place d’honneur parmi le panthéon des galettes oniriques ! Point d’estimations, cela n’en vaut pas la peine, pas classe de se faire du mal.

Bref, le groupe se forme via la rencontre du bassiste argentin Guillermo Van Locke avec deux membres du plus grand groupe de rock de Lima, les Telegraph Avenue (qui connaît ?), qui prennent la décision de s’unir pour partager le temps d’un LP leur amour du heavy. Et c’est plutôt réussi, croisant la rythmique bluesy des Cream à la fulgurance électrique d’un Led Zeppelin imbibé de Tequila bien corsé. Le trio, qui s’adjoindra les talents évidents du guitariste argentin Dario Gianella, décide de s’inspirer de la mythologie péruvienne pour trouver son patronyme, et ils jettent leur dévolu sur Tarkus, être destiné à vivre au plus profond de l’âme des humains afin de protéger la moralité de l’âme du monde extérieur.

Bizarre, j’aurais davantage pensé à l’écoute de cette galette à une créature proche de Lucifer, mais passons ces détails historiques. Le groupe, après avoir assommé l’assistance lors de gigs qu’on imagine délurés et énergiques, rentre enfin en studio au cours d’Avril 72’, et y restera six semaines pour le label péruvien MAG. Ce dernier laissera l’entière liberté au combo d’enregistrer selon leurs désirs. Le résultat sera grandiose !

Huit morceaux, tous composés en espagnol, qui s’enchaînent à tout berzingue les uns derrière les autres, balafrant les rares moments d’accalmie d’éclairs de fuzz sur une rythmique infernal. Le son se veut sombre, le chant habité, et l’originalité de l’album est qu’il ne se résume pas à un enchainement de chansonnettes, non, mais à de véritables trips auditifs gisant le long de cavalcades effrénées.http://2.bp.blogspot.com/_B8EggxFk9qw/SqoVQwF-pnI/AAAAAAAAEHE/7rbfsnhQs-s/s320/f.jpg.jpg

Pressé à une petite centaine d’exemplaires, pochette noire minimaliste, distribuée sous le manteau ou en mode promo, cet opus ne traversera pas la cordillère et ne trouvera que très peu d’audience dans son pays. Là où ils auraient pu cartonner aux States. Miracle de la vie, et du net, le groupe connaît un regain d’intérêt de la part des collectionneurs puis des blogueurs, vous savez ces méchants belliqueux qui téléchargent sans vergogne, à tel point que le groupe vient de se reformer. L’occasion de se rattraper ? On vous tiendra au courant !

 Lien :

Myspace

 

 

Continent asiatique – Shinki Chen (Japon)

http://i39.tinypic.com/v8o5sy.jpgFarewell To Hypocrites. Adieu aux hypocrites pour les non-anglophiles (j’en fais partie ! Des non-anglophiles, pas des hypocrites !).Rien que pour ses 13mn de délires guitaristiques, où Shinki Chen s’envoie en l’air avec sa gratte et ses effets de fuzz et de pédales wha wha à profusion, l’écoute de ce disque s’avère essentiel ! Un opus qui sur 40mn distille toutes les affres du guitariste japonais Shinki Chen qui a sans aucun doute dû sniffer du Hendrix tout au long de sa jeune existence !

Orné d’une coupe afro et clope au bec (clin d’œil à Hendrix ?), cet album de 71’ propose un blues rock heavy calibré pour exciter les cervelles cramées amourachées de fuzz, débutant sur près de 4mn sur un flottement de timbales et d’atmosphères japonisante, pour ensuite s’engoncer dans un heavy rock bardé d’effets et de gros riffs, parsemés de plan de guitare tout bonnement mirifique !

Mais qui est ce Shinki Chen ? Sans aucun doute l’un des guitaristes les plus connus que le Japon ait vus naitre. Né à Yokohama City dans les années 40, il s’exerce très tôt dans divers combos à tendance londonienne, travaillant notamment sur des reprises endiablées des Yardbirds. Très vite, il s’acoquine l’estime des musicos de la ville, rejoint un temps le Midnight Express Blues Band où il prend les baguettes, avant de reprendre sa place à la guitare. Le combo se renomme The Bebes pour des fins commerciales, parcourt les universités et autres bals devant un auditoire de plus en plus large. Mais l’attitude de Shinki, et ses accoutrements, ponctués par une longue tignasse, donnent du fil à retordre au groupe.

http://www.japrocksampler.com/images/artist_fullsize/899.jpgNéanmoins, le partenariat commercial avec une chaîne de café leur permet d’enregistrer un simple sur Toshiba (!), avant de changer à nouveau de patronyme pour se faire baptiser Powerhouse. Le groupe ne reprend alors plus que des standards anglais, les morceaux sont rallongés un max, triturant les originaux d’effets de larsen et emplis de fuzz. Un seul LP verra le jour, A New Kind Of Blues (1969), mais ne rencontrera pas le succès escompté, et signera la fin des Powerhouse. Shinki est alors recruté pour jouer dans la troupe nipponne de Hair (!). Mais n’en perd pas ses idées créatrices.

Attiré par le blues rock et ses longues jams improvisées, Shinki forme un nouveau groupe à l’orée des 70’s. Totalement dépourvue de ligne directrice si ce n’est le blues, les Brain naissent dans un chaos sonore où les idées partent dans tous les sens. Un seul LP verra le jour, une telle initiative basée sur l’improvisation même ne pouvant déboucher sur un projet concret.

Après une dernière BOF, on perdra trace de Shinki Chen, sans doute trop cramé pour revenir nous jouer cet excellent blues rock acidulé qu’est cet opus Shinki Chen & Friends (71’).

LIEN :

Myspace

 Continent Africain – BLO (Nigéria)

http://img151.imageshack.us/img151/277/backce7.jpgEt l’on se termine avec un disque qui vous plonge dans un nuage de fumée pas très catholique. BLO, trio nigérian ayant fricoté un temps avec Ginger Baker (en 71 avec le projet Salt), un album en 72’, une véritable rareté, et une musique des plus cool, man, bien loin des singeries reggae (faut dire que j’ai jamais été branché rasta, en même temps on nous en a vendu des merdes dans le style). Un mixte funky psychédélique qu’on rangera facilement dans le rayon Afrobeat. Ah merde, vous ne connaissiez pas ce courant. Rassurez-vous, moi non plus il y a encore peu.

Blo, donc. Formé par d’anciens membres de Clusters que sont le guitariste Berkely ‘Ike’ Jones, le bassiste Mike "Gbenga" Odumosu et le batteur Laolu "Akins" Akintobi. Je vous laisse deviner d’où ils tirent leur patronyme. Au sortir d’un voyage les ayant menés à Londres au début des seventies pour quelques gigs en compagnie de Baker, les gars rentrent au bercail et décident de poursuivre en trio leurs exubérances électriques. Après pas mal de concerts, ils signent chez Emi pour un premier album, sobrement intitulé Chapter One.

Et sous cette somptueuse pochette se cache l’un deshttp://img78.imageshack.us/img78/2876/folderzg8.jpg plus beaux fleurons du psyché funk jamais sortis. Sur un beat typiquement africain viennent se greffer des stridences électriques s’élevant vers des sphères vertigineuses, ensorcelantes, une basse diablement funky et un jeu de percu’ sensationnel, riche et varié. On sait plus très bien où on met les pieds, pris dans le tourbillon des sonorités diverses, voyage cosmique et tribal à la fois, invitant l’auditeur à flâner, à danser, à tripper à mort. Puis vient cette lente et longue incantation sur Chant To Mother Earth, chant en écho, beat répétitif, sensation d’extase auditive. Pour y redescendre de la façon la plus cool possible sur la dernière piste de l’album, Miss Sagitt, instrumental totalement freak’n’cool. Extase, le trip est fini, et on ne souhaite qu’une chose, y revenir le plus rapidement possible…

LIEN :

Ici

Merci à Tarkus (!), Thibaut et Matthias de m'avoir fait découvert ces albums!

Lou.

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