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Pamela Wyn Shannon - Le Retour / Entrevue

par lou 4 Octobre 2011, 21:54

FOLK

 

Pamela Wyn Shannon / Entrevue

 

Le Retour


Non, elle n'a rien à vendre. Mais pour tous ceux qui ont reçu son magnifique Courting Autumn dans les dents, il y a trois ans, Pamela Wyn Shannon et sa magie manquent cruellement. Histoire d'avoir enfin quelques nouvelles, Fuzzine l'a retrouvée au Pays De Galles. Seconde rencontre avec la chanteuse la plus doué de ces dix dernières années. Pas people, pas super branché, juste un être humain. C'est de plus en  plus rare, dans ce monde d'égos maniaques délirants. Toujours un plaisir de parler avec elle, surtout quand on a autant écouté sa musique que votre serviteur. Preuve aussi que l'émotion peut encore primer sur les Facebook, Twitter, et autres gadgets en carton-pâte. Un thé bien chaud ? Entrevue dédiée à notre copain Cenzano.

 http://www.folkwales.org.uk/images/pamela%20wyn%20shannon.bmp

 

Laurent : Trois ans depuis notre première rencontre. Vous avez fait quoi ? Toujours de la musique ? Il me semble qui vous viviez au Pays de Galles, passé un temps.

 

Pamela : J’habite le Pays de Galles, depuis mon départ des USA en 2009. J'ai tourné en Europe, joué à la Roundhouse de Londres, dans le cadre d'une réunion organisée par Roots Magazine. C'était l'opportunité de partager la scène avec de grands musiciens comme Billy Bragg, Martin Carthy et June Tabor. Là je suis hors route pour un moment, avec un concert occasionnel dans mon coin, puisque j'ai besoin de temps pour composer et écrire.

 

L : J'ai entendu parler d'un nouvel album à arriver. Est-ce trop tôt  pour demander à quoi il va ressembler ?  Toujours très terrien ?

 

P : Pour être honnête, je travaille sur trop de disques à la fois. C'est pourquoi, il faut attendre. J'ai entrepris un EP de chansons en gallois, avec mon mari (Eifion Wyn Williams), et également une animation à paraître dans l'été. Elle comportera des marionnettes, c'est très excitant, mais mange énormément de temps. En plus, j'ai les trois autres albums dans la série des Courting Album saisonniers, qui sont proches d’être terminés. Il y a encore un CD de récitation, qui a été enregistré il y a trois ans, mais n'est pas mixé. Mon inspiration vient toujours de la nature, donc avec ce nouveau matériel vous retrouverez l'ambiance de Courting Autumn, avec de nouveaux sons, de nouvelles explorations.

 

L : Comment regardez-vousCourting Autumn maintenant, avec le recul du temps ?  Que voudriez-vous y changer ? Je l'écoute en ce moment, c'est à la fois beau et puissant, un effet de la solitude ?

 

P : Je ne voudrais rien changer à un album terminé. Si je sens qu'un concept doit aller plus avant, je le ferais dans le présent, à travers les chansons que j'écris. Réécrire un disque est la dernière chose à faire pour moi, ce serait une torture. Je veux aller de l'avant. Courting Autumn est comme un journal, un instantané d'un moment dans ma vie, une période belle et magique. C'était tout une époque. J'y repense avec émotion, comme on feuillette un album de photos souvenir. Vous avez raison, il y a un fort sentiment de solitude, puisque je vivais principalement une vie d'ermite, dans un coin de campagne très isolé. C'est du passé maintenant, et il y aura une autre vibration dans mes prochains disques.

 

L : Dans notre première conversation, vous espériez fortement un grand changement après Bush. Depuis il y a eu encore la guerre, et une autre catastrophe économique. Est-ce qu'Obama n'est pas pris dans quelque chose de trop puissant pour bouger ?

 

P : Je pense que les français sont les meilleurs pour créer du changement (tu parles, NDLR). Les gens descendent souvent dans la rue et se battent. L’Amérique est si grande, et bien que plusieurs groupes de gens veuillent se bouger, il y a un effet d'engourdissement. Je respecte Obama, mais les choses ne peuvent pas changer en une nuit Et dans un pays aussi énorme et diversifié, ça prendra beaucoup de temps. Une grosse partie du changement a à voir avec l'évolution émotionnelle et la prise de conscience. Depuis que je vis ici, je suis plus au fait de la politique anglaise. Le parlement Gallois est intéressant, et j'espère vraiment qu'ils ouvriront le chemin de l'innovation, notamment en matière d’environnement.

 

 

L : A propos du drame japonnais, je suppose que vous êtes anti-nucléaire. Vous croyez aux solutions alternatives ? Vous m'avez un jour dit que vous construisiez des abris pour les canards, au Pays De Galles. Est-ce que la cupidité n'est pas en train de nous tuer ?

 

P : Je me sens profondément concernée par les habitants du Japon. Leur culture est si belle et délicate. Ce qui s'est passé est traumatisant. Je suis effaré par leur situation. Quelle mémoire, Laurent. Oui, à un moment, j'étais volontaire pour construire une mangeoire dans le jardin d'une maison de ville. Avec un coin pour les canards, qui semblent avoir du goût pour manger des limaces. C'est bon pour la vie des légumes. Vous avez bien deviné mon point de vue sur le nucléaire. Nous avons des gens brillants, qui peuvent créer des ressources énergétiques sans danger. Le problème c'est la rapacité qui se met toujours dans les pattes des bonnes idées. Il faut des générations de nécessité absolue, laquelle est présente dès le début. Mon mari et moi cherchons à vivre de la façon la plus équitable possible. Il a passé sept ans à aider des projets d'environnement communautaire, dont il a une bonne expérience à partager. On suit notre chemin. Apprendre à survivre n'est en général pas facile, mais le faire bien c'est un défi, que nous relevons.

 

http://singersong.homestead.com/files/pamela_wyn_shannon_front_web.jpgL : Vous écoutez quoi en ce moment ? De nouveaux artistes folk ou du rock d'enfer ? Toujours branchée sur la culture européenne ?

 

P : J'écoute principalement les musiciens qui sont autour de moi. Les amis de mon coin, et d'autres voisins anglais. Parlant de rock, je me suis réconcilié avec ma guitare électrique récemment. Pas sûr que ça fasse un album pour l'instant, on verra à la longue. J'ai travaillé beaucoup le banjo à cinq cordes, le jeu à l'onglet. C'est vraiment une humeur différente de la guitare. Mon mari est un grand fan de Jacques Brel, qui est très présent dans la maison. J'aime écouter de la musique du monde entier, comme celle du Vietnam, utilisée pour les spectacles de marionnettes aquatiques.

 

 

L : On aura la chance de vous voir en concert en France, un jour ?

 

P : J'aimerais venir en France. Refaire le chemin de la Bretagne à mes vieux souvenirs, au nord de Paris, jusqu'au sud. Je cherche un agent qui puisse m'organiser une belle tournée comme ça. Vous en connaissez un ?

 

L : Le monde devient dingo. Imaginez que vous ayez des décideurs en face de vous, que leur diriez-vous ?

 

P : S'il vous plaît, prenez vos décisions avec l'énergie de l'amour, plutôt que dans la haine et la peur. S'il vous plaît, mettez en valeurs les talents de notre monde pour le rendre agréable. S'il vous plaît, considérez les valeurs sociales, pas seulement l'argent.  

 

Entretien mené par Laurent

 

LIEN :

Myspace

 

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