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Rock en France - La Génération Perdue / Le Péché Originel

par lou 8 Février 2012, 11:13

Rock En France

 

 

La Génération Perdue

 

 

 

Le Péché Originel

http://ring.cdandlp.com/jukeboxmag/photo_grande/6440.jpgLe twister est un loup pour le rocker. Capable de se nourrir d'à peu près n'importe quoi. Mais avec le bon droit pour lui. Au-delà de la réjouissante pochade des Blousons Noirs, j'aime ces petits gars qu'on pourrait présenter comme nos Yardbirds ou nos Creation.
Enfin, nos Troggs, ce serait déjà si pas mal.
Faire le tour du patelin, sans croiser personne. Seul, serré dans son cuir. Se jouer un film style Margerin. La rédemption dans une poignée de singles. Le pardon absolu, limite résilience.
La jeunesse veut des tablettes numériques, des jeans slim griffés. Une banquise consumériste et totalitaire, le rock banni du paysage.
Plus de juke box pour terroriser le quartier. Et encore moins de disquaires de quartier à squatter.
Echoppes où il faisait bon partir à l’aventure. Pas encore l'Open Market, juste l'espoir de tomber sur un frère de sang. Pour partager l'héritage maudit.
Le seul de la famille à avoir échappé à la damnation génétique. Celle qui veut que la musique soit niaise, basse et vulgaire.

Thèse, antithèse, synthèse. Prothèse aussi.

On aimerait tant être fier du rock français, évité d'avoir à se justifier sans cesse. L'ombre hideuse et honteuse du yéyé jamais bien loin.
Malgré Magma, malgré Alan Jack ou Little Bob, pas moyen d'y échapper.
Imagerie horrifique d'un cauchemar psychique, digne de Barbey d'Aurevilly. L'horreur gauloise vaut bien sa sœur gothique, parfois.
House Of The Rising Sun beaufisé avec l'accent belge, et tout le patrimoine anglo-saxon réduit en bouillie. Oh, la vérité a éclaté depuis, bien sûr. A moins de porter le béret basque VRAIMENT bas, tout le monde sait que, derrière l'atroce puanteur, une vie grouillait. Pour un Lucky Blondo, il existait dix, cent groupes, la tête tournée vers ailleurs. La mauvaise graine des Pretty Things qui poussait (de travers, bien sûr). Pour ça qu'on guette les compilations. Voir loin au-delà de Ronnie Bird (indestructible fantasme, en quelques EP's Decca).

Avancez rockers, venez chercher pitance. Sans crainte d'une tonne de guimauve sur les boots. L'excellent Génération Perdue (édité à l'initiative de Juke Box Mag) rachète, d'un coup, tant de vomitives infamies qu'on en pleurerait presque. 8 groupes aux riffs tranchants. Dont les Québécois Sinners, un poil plus ambitieux, capables d'adapter les Who, déjà. Accent savoureux en rab, pas fardeau comme chez Haunted.
Pas de canard boiteux, de ringards opportunistes. Tout lattant leur matos basique, affutant les accords. Bande de savants fous, pourrissant le jerk travaillant directement sur la fission de la matière.

http://3.bp.blogspot.com/-poBgEw5HKiQ/Tf4iexhbdyI/AAAAAAAAEUY/_bGPCuINnoE/s400/LES%2BWITACKERSLes Stones, Bo Diddley, les Shadows, se devinent aisément dans le fond. Portrait impressionniste, tout aurait pu si facilement basculer du bon côté. Avec la naïveté requise (comment voulez-vous qu'ils soient blasés). Aucune concession enfin. Paix donc à leurs cendres. Des Rockers, groupe de Jean Claude Berthon de Disco Revue, reprenant Tell Me (Jagger/Richards) sans passer pour des clowns. Aux excellents Gypsies, dont on ne dira jamais assez de bien. En passant par les Boots ou les Witackers (étonnante version du I Don't Mind de James Brown, certainement via les Who).
Ou les étonnants Pollux. Dont les récriminations misogynes leur vaudraient, de nos jours, d’être crucifiés par une bande de féministes enragées.

Tout ça coriace, classe, enfin sorti du bistrot et du ricard.
Avec le message subversif, déjà, qui se glisse ici et là. Premiers pas vers la contestation, fini de baisser la tête.
Et surement suffisant pour exciter quelques mauvais coucheurs. Les premiers pavés mentaux, dans la gueule du législateur.
Entamant durablement un cuir chevelu raidi par les années de résignation radiophonique. Autant que nocive.

Merci à eux.

Laurent

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