Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rock Underground - Stackwaddy

par lou 10 Février 2011, 10:33

ROCK UNDERGROUND

 

Stackwaddy

 

Le Prolétariat Vaincra!

http://userserve-ak.last.fm/serve/_/29601217/Stack+Waddy.jpgLe glamour fait toute la différence, de nos jours. Pointez vous pour un job avec votre tète ordinaire (pas bien dormi, pas envie de sourire), vous risquez de prendre la porte au bout de dix minutes. L'époque veut de l'apparence, du clinquant. Du creux au besoin, mais impeccablement décoré. Pour m'être présenté à un organisme de formation en jean et baskets, on m'a jeté sans aucune pitié. Invendable dans l'état, qu'il m'a dit la tête de con cravaté, de l'autre coté du comptoir. Mentalement, je lui ai balancé une goudronneuse sur ses belles pompes, en souhaitant le voir empiler des briques sur un chantier. La maçonnerie, c'était précisément le boulot des types de Stackwaddy, groupe de  Manchester, qui a laissé sa trace dans les pages de l'histoire du rock. Enfin non, ils ont renversé l'encrier, en signant avec leurs grosses paluches calleuses. Signés sur Dandelion (label de John Peel), l'histoire leur a alloué un temps limité, deux albums, et la possibilité de concerts qu'on dit avoir été homériques.

 

Rien à foutre d'une tenue de scène M'sieur Dames, on monte sur les planches avec nos godasses de chantier. Souvent bourrés comme des coings, ils étaient capables (surtout le chanteur) de balancer des bouteilles dans le public, voir de pisser sur les premiers rangs. Attitude punk diront les sociologues-casse burnes. Parce que la sociologie, précisément, vous pouvez la chercher longtemps dans leur héritage musical. Boogie teigneux à tous les étages, oui, Pierre Bourdieux pas tellement. Je me repasse le premier à l'instant, et une seule pensée me vient à l'esprit, c'est un parallèle immédiat avec Creedence Clearwater Revival. Même façon de livrer la marchandise sans manières, un beat simple et des morceaux courts. Pas de démonstrations, pas besoin quand on présente un profil de déménageurs de dolmens. Et, il faut le dire, des tronches de catcheurs, plus que de minets. Pas doués pour la composition d'ailleurs, les Stackwaddy.

 

http://4.bp.blogspot.com/_l8MVhVXATRM/S_Qoxt37owI/AAAAAAAADMU/FiVDYPhszPI/s1600/-+Stack+Waddy+-+Bugger+Off!+-+Front.jpgUn maximum de reprises, mais durcies, passées à l'amidon et au papier de verre. Quoique impeccablement exécutées, et rendues au micron prés. La réédition Cherry Red offre dix inédits en bonus. Par contraste, le second Lp (Bugger Off =Allez vous faire foutre) et sa ration de gras double ont beaucoup moins bien supporté le passage du temps. Son plus boueux, voix un peu enterrée dans le mix (une misère, John Knail imite Captain Beefheart comme personne). Tel que, leur approche épurée en devient dangereuse, limite psychopathe. Par exemple leur It's All Over Now d'atelier de soudure, semant les copeaux de ferraille au hasard des échardes. Les référencements félons, ceux qui font et défont les modes, se sont bien sûr donné le mot, pour enterrer un tel colis dans l'arrière cour. Avec Third World War, Pink Fairies et Wicked Lady, les oubliés maudits scellés dans un cercueil de plomb. Pouvoir de nuisance toujours intact, fort heureusement. Le rock social à son meilleur.

Laurent

LIEN :

Mama keep Your Big Mouth Shut!

 

commentaires

Haut de page