Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rok! La Bretagne au son du rock/Interview de Frank Darcel

par lou 12 Avril 2011, 09:32

http://www.frankdarcel.com/wp-content/uploads/2010/11/rok-une_ok-web.gifBOUQUIN

 

 

 

 

 

Rok! De 1960 à nos jours, 50 ans de musique électrifiée en Bretagne.

 

 

 

 

Interview de Frank Darcel

A l’occasion de la sortie de ce pavé Rock & Rollien, l’équipe de Fuzzine a rencontré virtuellement Frank Darcel, initiateur de ce fantastique projet qui remet la Bretagne dans son originalité et sa particularité régionale, autant que culturelle. Retour en sa compagnie sur 50 ans de Rock & Roll en Bretagne !

http://www.medias-inrocks.com/uploads/tx_inrocksttnews/marquis_604.jpgPhoto issue des Inrocks.

Fuzzine : Bonjour Frank, et merci d’avoir accepté cet entretien. Le nombre d'auteurs est impressionnant (ils sont une trentaine, listés à la fin de l'ouvrage), comment vous êtes vous organisés ? Qui coordonnait ? Combien de temps ça a prit ?

Frank Darcel : L'idée du livre est née il y a trois ans et demi, peu après la sortie d'un autre ouvrage collectif que j'avais co-dirigé cette fois avec Yann Rivallain d'Armen. Il s'agissait de 111 Bretons des temps modernes, sorti aux éditions Armen justement; cette aventure du "beau livre" collectif m'avait beaucoup plu. Le rock en Bretagne est le sujet qui m'est venu immédiatement en tête à la suite. On en a d'abord parlé avec Michel Troadec de Ouest-France et Bernadette Bourvon; et comme ils avaient les connections avec Laurent Charliot (la fabuleuse histoire du Rock Nantais) et Olivier Polard (40 ans de Rock à Brest), c'est vers ces auteurs que je me suis tourné ensuite.

F : L’ouvrage est une mine d’informations et d’anecdotes vivifiantes. On est loin d’une simple collection de noms de groupes bretons, mais bien devant l’histoire du rock électrique en Bretagne, romancé avec passion. Quelle était votre volonté au départ de ce projet, et qu’est ce qui t’as poussé à t’investir dans un tel travail ?

F.D : Au départ, on n'avait qu'une intuition… Des indices qui semblaient indiquer qu'il s'était passé quelque chose de différent ici par rapport au reste de la France et même de l'Europe continentale en termes de musiques électrifiées. Ces indices revenaient, entre autres, à une certaine liste de noms. Quand on l'alignait, on se disait qu'on tenait peut-être une Histoire… Avec un grand H. Ronnie Bird, Les Zoo, Alan Stivell, Marquis de Sade, Daho, Niagara, Sonic, Miossec, Dominique A, Katrine, Yelle, etc… C'est assez éloquent. Et cela ne fait pas référence seulement à de grosses ventes de disques. Ce sont souvent des artistes originaux. Sans compter la longue litanie des festivals, magasins de disques d'import. Autant de preuves que l'on pouvait travailler, et ainsi aller vers cette analogie Bretagne/Grande Bretagne sans avoir trop à rougir finalement. Juste en se disant que l'histoire avait mal fait les choses en faisant de la Manche une frontière pendant trop longtemps. Et ce sera encore plus explicite dans le tome 2…

F : Je trouve cet ouvrage assez similaire à la démarche de ces «folkeux» qui à la fin des sixties ont parcouru des campagnes et des montagnes à la recherche d’un répertoire traditionnel. De folk, il en est question aussi dans cet ouvrage qu’est Rok, quelle est ta relation avec ce folk breton ?

F.D : Le folk "pur", je n'ai jamais été un grand spécialiste. Mais j'ai écouté forcément Stivell au moment de l'explosion des années 1970. Au foyer de jeunes de mon bled, les albums de Stivell s'écoutaient sans problème entre Creedence, Ten Years After ou Led Zep. Cela était déjà sans équivalent dans le reste de la France, de pouvoir mélanger un artiste local avec ces rockers anglo-saxons. Il faut dire qu'Alan ne chantait pas en français… En 1999, j'ai produit un des ses albums, "Back To Breizh". Là j'ai fait la rencontre de musiciens comme les frères Guichen (Ar re yaouank, entre autres formations auxquelles ils ont appartenu). J'ai trouvé cette aventure formidable.

F : Tu fais parti du Parti Breton, il y a-t-il une corrélation avec la volonté de s’investir dans cet ouvrage ?

F.D : D'une certaine manière, oui. Comme avec les 111 Bretons d'ailleurs. Nous vivons en France dans un système particulier. La France est un état nation qui ne reconnaît pas la spécificité des "vieux pays" qui le composent. On a été plus ou moins effacés… De fait, un témoignage comme Rok, où nous nous intéressons, comme tu le faisais remarquer, à tous les phénomènes sociaux et historiques qui entourent la musique, est à la fois un ouvrage de rock fan, d'historien (il y en a quelques-uns qui travaillent avec nous et nous conseillent), mais aussi de militant.

F : On sait la Bretagne très riche intellectuellement et attachée  à sa culture. Penses-tu que cela a été un point de convergence avec le rock ? A ta connaissance, y a-t-il d'autres régions qui pourraient donner autant de matière à un travail similaire ?

F.D : Comme je l'ai évoqué précédemment, je ne le pense pas. La seule "région" qui pourrait se comparer en termes de creuset de formes nouvelles de musiques serait l'Ile-de-France. Mais c'est une région "continent", qui concentre pouvoir politique et financier, c'est Paris… Difficile de comparer en fait…

http://4.bp.blogspot.com/-rhcXukfjJZE/TaQJsm27tXI/AAAAAAAABMo/ysZiqnO7LTU/s400/img0081wu.jpg

F : Il y a une récurrente tout au long de cette fabuleuse épopée, c’est l’importance des disquaires et des bistrots dans l’émergence d’un rock breton. Je crois savoir que la Bretagne est l’une des dernières régions où subsistent de petits disquaires, ou «bouquinistes» proposant du vinyle. Ton point de vue sur la situation des disquaires en général, qui ont tendance à disparaître ?

F.D : Ils sont devenus des sortes de gardiens du Temple il est vrai. Un peu déconnectés des flux réels d'argent générés par "l'industrie musicale". Mais certains peuvent en vivre et c'est super intéressant. Je crois qu'il est resté en Bretagne un amour du détail et de la chose authentique, sans que cela soit lié à une démarche nostalgique. C'est qu'il y a toujours une recherche du lien humain au-delà de l'I-Pod,  une envie de sujets sur lesquels on puisse échanger en enlevant son casque… Ainsi, comme le précise Miossec dans sa superbe préface de Rok, ici, en termes de chaleur humaine, on n'a jamais mégoté. Je crois que c'est une base nécessaire pour faire de la bonne musique.

F : Via son myspace, Dominic Sonic a émis quelques réserves sur ce qui est dit de lui dans Rok : "je ne cautionne pas du tout mon portrait : mes propos ont été accentués et le sujet des drogues y est omniprésent alors qu'anecdotique dans la réalité". Qu'en penses-tu ? La question sur Dominic Sonic n'est pas là pour faire polémique mais j'y vois un sujet intéressant derrière : Comment relater des évènements qui se sont passés il y des dizaines d'années et dont les seuls traces sont dans les mémoires d'individus n'ayant pas forcément vécu ces évènements avec le même point de vue ? Ou alors n'est-ce pas l'illustration d'une certaine tendance à romancer l'histoire du rock en accentuant certains traits afin de la rendre d'avantage "légendaire" ?

F.D : Je pense que l'auteur qui a fait l'interview de Dominic a bien fait son travail de recueil d'infos. Il a sans doute ensuite trop concentré sur le sujet de la drogue dans son relevé de l'interview. Mais c'est difficile pour moi de juger. Il n'était pas question de faire relire aux artistes à la base. Les seules personnes qui ont pu relire avant impression sont les intervenants extérieurs, managers, organisateurs, etc., parce que leur ego est différent de celui des artistes. Ce n'est pas péjoratif (je me considère moi-même comme un artiste…), mais on s'est rendu compte que beaucoup de musiciens interviewés avaient une tendance à se resituer systématiquement en face de l'objectif. Cela vaut essentiellement pour les années 1960, en tous les cas c'est là que c'est le plus accentué, cela veut dire que ces musiciens ont une tendance à oublier les autres groupes qui ont existé autour d'eux. Assez curieux… Mais nous avons recoupé au maximum nos sources. Ainsi, je pense que rien de vraiment important n'a été "zappé" dans le livre. Mais ce sont trois ans de travail pour en arriver là. Il y a eu des choix qu'on espère judicieux puisqu'il n'était aucunement question d'être exhaustifs.

Pour en revenir à Dominic, il sera bien évidemment dans le deuxième tome également. Tout le monde sait que la drogue ne concerne qu'une courte partie de sa carrière. On aura donc toute latitude pour parler surtout de sa musique des 20 dernières années.

F : A ce titre, justement, il y a un constat accablant. Le net peut permettre la diffusion de n’importe quel genre de musique, ce qui est démocratiquement assez génial. Néanmoins, on se sent noyé dans la masse des informations circulant sur le net. Or le disquaire ne pourrait il pas être le chainon manquant entre les deux ?

F.D : C'est certain. Ce choix presque illimité peut donner le tournis. Et cette manière de consommer, par brides, par clips, par morceaux isolés, empêche le public de comprendre certaines perspectives que les artistes ont pu vouloir construire. Ce n'est pas une histoire de "C'était mieux avant", mais lorsqu'on achetait un album, on l'écoutait en entier. Il racontait une histoire d'une plus grande complexité qu'un seul titre. Mais cela vient aussi du fait qu'on ne pouvait passer d'un titre à l'autre sans risquer d'abimer son vinyle… Je veux dire par là que nous n'étions pas fondamentalement différents, si on avait pu zapper, peut-être qu'on l'aurait fait… Maintenant on peut.

Ce qui présente également ses avantages. La rapidité avec laquelle un groupe peut sortir de l'ombre par exemple, grâce à un seul titre et au net. C'est plutôt positif; cela veut dire qu'il n'y pas de génies incompris, perdus on ne sait où… Alors que c'est forcément arrivé avant. Cela donne également une chance à tous.
Et puisque le vinyle revient en force, rien n'empêche les consommateurs de jouer sur les deux approches. Un temps pour la vitesse et la recherche boulimique en temps réel, et un temps pour l'écoute d'une "œuvre" dans sa complexité et son intégralité. D'autant qu'avec de bons systèmes hi fi, le son du vinyle reste imbattable…

C'est un des seuls vrais inconvénients en fait de la manière actuelle de consommer de la musique. La baisse de la qualité technique d'écoute. Vous passez des heures en studio à essayer de trouver le bon micro pour la voix ou une cymbale, et les kids écoutent en MP3 ou à la télé, et personne ne peut plus faire la différence entre tel ou tel grain de voix, cela veut dire qu'un peu d'émotion se perd en route, forcément... Et ça ce n'est pas qu'un truc de technicien. J'ai écouté chez un ami 17 Seconds de Cure en vinyle l'autre jour, sur une très bonne chaîne. C'est incroyable la charge émotionnelle que peut trimbaler un vinyle avec un tel équipement…

F : Autre accentuation, le bistrot breton. Dans pas mal de région, on peut constater la désertification de ces lieux d’échanges et de simplicité, parallèlement à la disparition d’endroits pour jouer de la musique. Pourquoi cette particularité bretonne ? A quoi l’attribuer ?

F.D : Je ne suis pas sociologue… Je dirais simplement que les Bretons ont le sens de la "communion", une forte envie de partager. Nous ne sommes pas des ermites, en tous les cas pour la plupart d'entre nous. Les Bretons aimaient ou aiment toujours se rendre en nombre à la messe, dans les processions, dans les fest noz, les concerts, les rave, et se retrouver dans les cafés pour commenter tout cela, et parler de l'air du temps…  Cela fait partie de notre respiration.

F : On sent également en Bretagne que le fossé entre les générations n’est bien au contraire pas un frein, mais une façon de se transmettre un certain héritage culturel. Qu’en penses-tu ?

F.D : Je pense que dans tous les pays où l'imprégnation catholique a été forte, le lien familial est resté assez développé par rapport à d'autres endroits en Europe. C'est vrai pour le Portugal ou l'Espagne, ou encore la Bretagne et l'Irlande. Mais dans la société celtique le lien avec les anciens était également très important. En tous les cas, d'une manière générale, en Bretagne la famille est souvent vécue comme une belle aventure plutôt que comme une contrainte. Je ne parle pas seulement de la cellule familiale restreinte, mais du rapport à ceux qui nous ont précédés. Peut-être d'ailleurs qu'au-delà de l'aspect religieux (je tiens à préciser que je suis pour ma part agnostique, et non baptisé…), en étant un peu plus romantique, cela aurait à voir avec l'océan tout proche. Face à lui, on a besoin de se rassurer, de savoir d'où l'on vient… Au Japon, le respect, voire le culte des anciens, est également très prégnant, et ils sont eux aussi entourés d'eau…

F : On te connaît évidemment musicien, producteur, mais pour ma part je ne savais pas que tu étais engagé politiquement. A ce titre, le chapitre sur le rock et la politique est très intéressant. Ce qui en vient à ma question : le rock est il politique ?

F.D : Ah, vaste débat... Il faut lire la bio de Keith Richard, qui en connaît un brin sur le rock, non ? S'il n'est pas un peu le rock en lui-même… Il se fout des luttes sociales, il le dit. Et s'il emmerde l'establishment, c'est essentiellement à cause de ses histoires de drogues. Ce qu'il aime c'est faire tout ce qu'il lui passe par la tête, cultiver une approche très personnelle et un rien égoïste de la liberté. Il n'a pas forcément envie que tout le monde fasse comme lui… Sinon il ne serait plus une rock star, il ne serait plus unique… Bon, le livre est vraiment drôle et super intéressant, surtout sur les débuts de l'aventure Stones, quand ils rêvent juste d'être les meilleurs bluesmen européens.

Je crois qu'au fond le rock est surtout et essentiellement subversif, en ce qui concerne les mœurs, un certain "art de vivre", une manière plus directe de communiquer, et qu'en ce sens il a fait beaucoup de bien. Il a certainement contribué à faire éclore mai 68, mais cela n'en fait une musique révolutionnaire pour autant. Il chante trop l'individualisme et l'amour de "belles choses" qu'on acquiert souvent qu'avec pas mal d'argent… Le rock est peut-être libéral tout simplement. Dans le bon sens du terme. C'est-à-dire de ce concept né en Grande-Bretagne au 19eme. 

Quand des rockers, comme Joe Strummer par exemple, ont essayé de rendre le rock révolutionnaire, ils se sont rendus compte que le système les rattrapait très vite. Parce que quand on est célèbre, on rapporte de l'argent. Et même si on est sincère, c'est difficile d'échapper à une certaine logique mercantile.

Le punk était lui véritablement révolutionnaire à mon sens. Nihiliste. C'est pourquoi il n'a pas duré. Alors que ce bon vieux rock libéral a de beaux jours encore devant lui. Quelque soit le message qu'il véhicule, et il est parfois difficile à cerner, cela restera une manière de rechercher le maximum d'excitation en un minimum de temps, et de s'imaginer libre. Ce qui revient d'ailleurs peut-être à être véritablement libre.

F : Au même moment que la sortie de Rok est paru ton nouveau projet musical. Tu peux nous en toucher deux mots ?

F.D : Republik est en pleine refonte puisque c'est moi qui chante maintenant. Et c'est un trio assez énergique… On en reparlera après les premiers gigs qui démarrent en mai. Mon autre actualité est mon roman, Voici mon sang, qui sort à la fin avril. Il se passe en partie dans une maison de disques à Paris. Et je le conseille évidemment à tous…

Entretien mené par Bumble Bee et Lou

 

Lien :

Le Blog de Frank Darcel

Republik, le dernier projet musical de Frank Darcel

Toutes les photos sont issues de l'ouvrage Rok!

La Chronique de Rok!

 

 

Non il n'y a pas de faute d'orthographe, il s'agit du titre d'un bouquin que le père Noël m'a envoyé : ROK - 50 ans de musique électrifiée en Bretagne. Et il est géant (même pour les étrangers).
La préface de Christophe Miossec donne le ton, pour lui le rock en Bretagne vient, et "pas besoin de contorsions intellectuelles pour balancer une réponse : le bistrot."
Et de conclure sa préface par : "en conclusion, un seul mot d'ordre : qu'on sauve, de la mort programmée par l'état, nos bistrots-concerts et qu'on achève à coups de marteau les bars lounge. Jusqu'au dernier".

La bigoudénie était très Rock'n Roll dans les 60's ! On dénombre pas moins de 25 salles de danses pour 40 000 habitants ! Le Sidney au Guilvinec (un bled de chez paumé !) pouvait enregistrer l'été plus de 3500 entrées payantes en une date ! Certains auront du mal à amorcer le virage "psychédélique ! Toutes ces histoires sur les tous premiers groupes sont vraiment touchantes, c'est qu'il fallait être méchamment motivé ! Les instruments valaient une fortune, les guitares étaient donc du coup souvent électrifiées par les moyens du bord, un seul ampli pour tout le groupe et parfois même en guise d'ampli un poste de radio trafiqué !! Pis en plus, pour avoir des contrats il faut savoir tout jouer ! Y compris de la musette, ce sont donc, par la force des choses, des rockers balloches ! Certains engageant même une chanteuse accordéoniste pour les passages musettes.
Deux formations "phares" de l'époque (et même phare-ouest ...) Les Welsons de Plougastel Daoulas et les Cratères de Quimper :

 

http://1.bp.blogspot.com/-lLBN9VspZew/TaQFlo3MfkI/AAAAAAAABMQ/RulRpVANKrI/s400/img0081wu.jpg

 

 

Les Welsons ouvriront même à Brest, lors de la soirée "Hippy Night" organisée à la Redoute (actuel Vauban) fin 1967 pour Procol Harum et Move ! La classe quoi.
Un autre concert à la Redoute : les Modest Kings Gods de Brest en 69 ... plus tard, la plupart des zicos du MKG joueront avec Stivell.

http://4.bp.blogspot.com/-DEnjnW_k0vs/TaQF9-CO8aI/AAAAAAAABMY/KhfAfDtNBDQ/s400/img0081wu.jpg

 

De Lorient, les Dolmen's, eux aussi formés à l'école du bal pop et plus tard connus sous le nom de Zoo

http://1.bp.blogspot.com/-sdkNgqW_umM/TaQGPIjqIcI/AAAAAAAABMg/dzwGLvF4VPE/s400/img0081wu.jpg

 

Puis les 70's et le Folk, les festivals, les communautés… Bref... indispensable !

Venukse

 

commentaires

Haut de page