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Smoking Spore - Interview

par lou 27 Septembre 2011, 22:19

NEO PSYCHEDELIA

 

Smoking Spore

 

Combustion Cérébrale

http://2.bp.blogspot.com/-48vSjFmSzYk/ToI0W7llU_I/AAAAAAAABPM/MxcnFfOzQEw/s320/Smoking_Spore_PhotoByBrandonBowers.JPG

C'est la dernière sensation en provenance du Texas. Un groupe dont la musique vous crame agréablement le cerveau. Tir de barrage, embuscade dans un canyon. Voilà un bien bel incendie, aux flammes oranges, et à la bonne odeur d'azote après la pluie. Paradoxe. Là où on pouvait s'attendre à tomber sur des bouffeurs de hot dogs, on parle intelligemment à trois types très cultivés. Dont l'ouverture d'esprit en revendrait à bien des branleurs, occupés à savoir sous quelle étiquette vendre leur daube. Franchement vous aviez entendu parler d'Odilon Redon et de René Lalique ? Eux si. Et pas plus étonnant que ça, finalement, qu'ils citent un peintre ou un maître verrier. Du premier, ils ont la finesse du geste, le sens du détail qui tue. Du second, l'art de plier le feu à leur service. Bref, on vous a encore trouvé du croustillant. And thank you for the parcel, guys.

 

 

Laurent : Nous voici donc avec trois des gars de Smoking Spore. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

 

Brandon Browers : Ça roule si je commence par présenter Billy ? C'est notre batteur, il est sorti s'occuper de ses oignons. Je suis Brandon Browers, je joue de la guitare et de l'orgue. Je suis venu à la musique quand j'étais gamin, parce que j'étais un gros, renfermé sur lui-même, sans amis. La vie pouvait être très triste, mais j'ai réalisé que j'aimais écouter de la musique, et que vous pouviez en tirer encore plus de plaisir en jouant d'un instrument. J'ai commencé à jouer en même temps qu'un petit lecteur de CD, puis trouvé d'autres musiciens, en prenant de l'âge. Je n'ai jamais vraiment rejoint Smoking Spore, juste pensé que ce serait marrant d'avoir trois copains qui ne se connaissaient pas, et de voir ce qui allait arriver. Le premier bœuf était encore plus festif qu'une victoire des Ewoks. Et à la deuxième répétition, on avait un groupe et un album.

 

Brendon Thompson : Je suis Brendon Thompson, bassiste, et responsable des vidéos derrière le groupe, pendant les concerts. Je suis arrivé quand Brandon a appelé pour me demander de jouer. J'ai commencé la musique à 14 ou 15 ans, sans m’arrêter depuis.

 

Beau Jackson : Je suis Beau Jackson, guitariste, et créateur graphique 2D pour le groupe. Comme Brendon, un appel de Brandon (pas simple tous ces B). On s'est rencontré au local de répétitions de Vain, un groupe où jouent Brandon et Billy, on a fait le bœuf, et c’était le pied. Je suis venu à la musique un peu différemment des deux autres, je pense. J'ai grandi avec plus de pop, de R&B et de rap, et j'étais plus sportif qu'autre chose. Je me remets d'ailleurs d'une blessure à l'épaule, récoltée au frisbee. Je n'aimais même pas le rock ou écouter beaucoup de musique, jusqu'à ce que je voie ma première vidéo de Metallica. Vous pouvez dire que j'ai fleuri en retard.  A l'époque, un de mes potes jouait de la guitare, son frère était batteur, donc j'ai acheté la basse la plus pourrie du monde, et j'en joue toujours.

 

L : Premier et dernier disques achetés ? 

 

Beau : Pas moyen de me souvenir si c'était II de Boys II Men en cassette ou Alvin And The Chipmunks' Christmas Album en vinyle. De toute façon, les deux sont des classiques. Mon tout dernier achat était Mines, le nouvel album de Menomena (un groupe indie pop de Portland, Oregon, NDLR). Ce qu'ils font pour la pop est un des trucs les plus créatifs à l'heure actuelle, dans la pseudo -variété, du vrai art.

 

Brendon : Mon premier album acheté, Leave Home par les Ramones. Le plus récent Dylan And The Dead.

 

 

Brandon : Le premier disque que je me sois offert s'appelait Baleines du Pacifique. Je n’achète plus des tonnes d'albums, mais j'ai récemment reçu Steeple par Wolf People (groupe psyché anglais NDLR). Brillant, surtout si vous aimez Witchcraft et Graveyard (deux groupes suédois, NDLR).

 

http://3.bp.blogspot.com/_ZC7balVWntg/TTiTJaUP09I/AAAAAAAABQI/aVSG47sVYrM/s1600/smoking%2Bspore.pngL : Conversation In D Minor est-il votre premier album en tant qu'entité ? Il y a une forte volonté d'insister sur le fait que tout a été fait en direct, d'une seule prise. Pourquoi est-ce si important pour vous ?

 

Beau : La musique reste organique et honnête. Rejoignant mon idée de jouer ce que je veux, quand je le veux.

 

Brandon : C'est notre premier disque, mais la seconde fois qu'on jouait ensemble. Malheureusement, notre première jam n'a pas été enregistrée. Il était important de préciser que l'album est live, sans overdubs. Parce que tant de groupes psychédéliques enregistraient des choses élaborées, avec des tonnes de prise. Et je pense que le fait que Conversation.... soit l'improvisation d'une seule soirée, le classe à part. Même l'ordre des morceaux est exactement celui de ce bœuf.  Dans les groupes, on a tous passé du temps à refaire des pistes, quand la musique est écrite, et que tout doit être parfait. Je pense que nous voulions une véritable expérience humaine, pour le meilleur ou pour le pire. Ce sont vraiment des Conversations en Ré Mineur.

 

L : Tous les morceaux sont très longs, mais le plus court a été raccourci par un bug technique. Que s'est-il passé ? Parlez-nous de la conception des chansons, est ce que vraiment rien n'est écrit ?

 

Brandon : Hard Drive Explosion a été écourté pas une erreur d’échantillonnage. J'ai déjà eu ce problème quelquefois, en enregistrant d'autres groupes, rien du tout en une prise individuelle. Mais très gênant avec un groupe entier en direct dans le studio. Finalement, c'est bien pour Smoking Spore, sans cela l'album aurait été trop long pour un seul disque. On aurait dû virer un morceau, ou mettre plus d'argent pour sortir un double album, ce qui aurait retardé la sortie. Et puis, il y a ce son cool à la fin. Pour la structure, vous avez raison, rien n'est écrit. Quand vous venez nous voir en concert, vous pouvez être certain d'entendre de l'inédit. On ne met pas les chansons sur le papier, nous jouons, expérimentons, et parfois partageons avec le monde. On n'est pas des virtuoses, mais des êtres humains qui utilisent la musique pour communiquer avec les autres.

 

L : Pourquoi un groupe totalement instrumental ? Peur d'un blondasse racontant n'importe quoi, sur le devant de la scène ?

 

Brendon : Je pense que la vraie question est pourquoi pas un groupe totalement instrumental.  J'aime la musique avec des paroles, autant que n'importe qui. Mais quand vous tapez un bœuf bien serré, ça peut être difficile à suivre. Ça nous est arrivé avec Subliminator d'Atlanta, en Novembre dernier (un allumé rescapé d'un groupe nommé Spaceseed, NDLR). On a bien rigolé, je nous vois recommencer sans problème, mais pas avec un type devant en permanence.

 

Brandon : J'ai toujours vu la voix comme un instrument, et je ne suis absolument pas contre jouer avec un vocaliste. Si c'est bien fait, et qu'il peut improviser sans paroles déjà écrites. Pour le concert dont parle Brendon, on jouait dans cette merveilleuse salle artistique, nommée Eyedrum. Après le concert de Subliminator il y a eu une jam, et c'était fantastique. Son truc, c'est la récitation, mélangée avec des vocaux méditatifs. Et pendant ce temps, il joue de plusieurs theremins optiques. Si on peut jouer avec un vocaliste pareil, on le fera. Je pense qu'on a jamais vraiment trouvé notre chanteur au départ, parce qu'on pensait que ce serait difficile de tomber sur un improvisateur. Par exemple Mike Patton (ex chanteur de Faith No More, NDLR).

 

 

Si on pouvait avoir cette femme alien, du Cinquième Élément, ce serait le pied.

 

Beau : Sûr, si Mike Patton lit ça, stp, viens faire partie du groupe. Ce serait totalement cool, ou Yamataka Eye (chanteur japonnais un peu dérangé, apparemment, NDLR).

 

L : Tout est pratiquement fait par le groupe, une vraie attitude DIY. Aucune confiance dans une grosse organisation ?

 

Brendon : Je ne pense pas que ce soit une question de confiance. Simplement, chacun dans ce groupe a des possibilités artistiques, qui sont utiles.

 

Beau : Aucune confiance dans ces dingues. Une grosse major ferait des choses qui nous mettraient mal à l'aise.

 

Brandon : On a fait notre truc nous-mêmes, surtout parce qu'on le peut. C'est drôle, et ça nous économise de l'argent. Je ne nous ai jamais vus simplement comme une tentative musicale, mais comme une expérience artistique. On travaille dur, avec un minimum d'aide extérieure, pour faire quelque chose d’audio visuellement mémorable. Autant pour nous que pour le public. Je comprends les réticences de Beau, sans être opposé à travailler avec une grosse boite. Tant qu'on bosse avec eux, et non pas pour eux. Je serais content de collaborer avec n'importe qui qui puisse nous apporter une vision plus large, ainsi qu'à nos fans. Si notre but est d'apporter la paix à travers la musique, alors je ne vois pas comment toucher une audience plus large peut être mauvais. Dans le futur, j'aimerais aussi collaborer avec toutes sortes d'artiste, ou avec un cinéaste, pour une BO. Je ne suis définitivement pas opposé à partager notre aventure avec des entités qui possèdent notre vision des choses.

 

L : L'un d'entre vous a même crée la pochette. C'est une vision acide ?  Qu’êtes-vous prêt à changer pour être signé par une grosse boite ?

 

Beau : Non, c'était une vision de base. Humour scientifique ! Ils doivent nous prendre comme on est. Ou allonger la monnaie.

 

Brendon : Je serais plus souvent en tournée, c'est tout.

 

Brandon : Je suis d'accord, pas besoin de changer quoi que ce soit. On sait déjà qu'on ne va pas composer ou faire du remixage. Je ne pense pas qu'on va nous faire couper nos cheveux, ou porter de jolies fringues, parce que ces trucs sont anti-productifs dans notre cas. Je pourrais peut-être accepter qu'on agrandisse notre audience, à un certain point. Mais le groupe évoluera d'une façon qui nous satisfasse, et continue de générer de l’intérêt. On a discuté de plusieurs choses pour le futur. Nouveaux instruments ou effets scéniques. Et on bricole toujours nos effets de guitare et de clavier. Notre son évoluera, mais avec nos changements en tant qu’êtres humains. Ce serait bien d'avoir un deal pour une plus large distribution. Mais s'ils veulent nous changer, on continuera sur notre propre label.

 

http://a2.l3-images.myspacecdn.com/images02/77/3e4e954cc35e4493801ee8b0b53af012/l.jpgL : Parlez nous de vos autres groupes. Je sais que Brandon, au moins, a une carrière solo et est producteur.

 

Brandon : Billy et moi participons à de nombreux, tentant de ne pas rester scotché à un seul genre.  J'ai réalisé un album solo de garage folk, l'an passé, et envisage une tournée acoustique en solo, dans le futur (voir www.brandonbowers.net.).

 

 

Toujours avec Billy, je joue aussi du thrash metal, dans Made In Vain (www.madeinvain.net.) lui à la batterie, moi à la basse. J'enregistre et produit des albums pour d'autres groupes (www.dugongrecording.com) en utilisant du matériel relativement mobile, qui me permet de travailler dans différents environnements.

 

Avec Billy, encore, on travaille sur un disque de post-métal, qui m'excite beaucoup. Les parties de guitare et de batterie sont achevées. C'est un concept album, et on partage les vocaux. Tout ce que je peux en dire, pour le moment. J'aimerais travailler avec Beau et Brandon sur d'autres idées, dans le futur, également. Je cherche toujours de nouvelles personnes avec qui jouer.

 

Beau : Pas d'autres projets pour moi. Je n'arrive vraiment pas à trouver quelqu'un qui veuille jouer avec moi. C'est triste. J'aimerais faire un album de folk post-moderne. Je pratique le banjo, et aurais été intéressé de faire quelque chose à partir de ça.

 

L : Comment décririez-vous votre musique ?

 

Beau : Le mélange de nos vies, à travers du bruit, des mélodies, du rythme et des solos.

 

Brendon : Improvisation psychédélique.

 

Brandon : C'est psychédélique et improvisé, mais je pense que c'est plus un défoulement qu'autre chose. A notre première répétition, je me souviens d'avoir vu trois autres types bizarres, qui ont du mal à composer avec une vie «normale». Ils laissaient tout aller, et chassaient leurs frustrations avec la musique. Comme les champignons perdent leurs spores dans le vent. C'est depuis ça qu'on s'appelle Smoking Spore.

 

L : Une question posée à chaque groupe Texan. Comment un état aussi conservateur peut avoir donné naissance à des groupes aussi sauvages, depuis les 13th Floor Elevators  ?

 

Brandon :  Bien que le Texas soit définitivement bourré de bigots conservateurs, il y a des poches de libres penseurs, dans toutes les grandes villes. Roky Erickson était d'Austin, qui tend à être plus ouverte d'esprit que les autres petites villes de l'état. Bien que je sois certain qu'il ait eu à affronter l'ostracisme. L'oppression religieuse et politique du Texas peut générer un enthousiasme chez les étudiants intelligents. Pour le progrès social. Et en retour, pour les mouvements artistiques progressifs. Parce que vous côtoyez ces dingues de fachos de si près, avec leurs croyances ridicules, qu'il est difficile d'ignorer le besoin d'amélioration socioculturelle. C'est une question où chaque  membre du groupe à son point de vue. Donc, il est important de rappeler que, étant quatre personnes différentes, avec quatre cerveaux individuels, nous apprécions tous la paix, et privilégions une pensée logique et raisonnable.

 

Brendon : Pour chaque action, il y a une réaction contraire égale.

 

Beau :  Notre musique est un exemple, philosophiquement, de la façon dont, sans les contrastes du conservatisme, libéralisme, athéisme, christianisme, agnosticisme, humanisme, relativisme, et tout un tas de mots en «isme», notre son et notre monde seraient bien moins cintrés. Tous ces points de vue sont une réalité, d'une façon ou d'une autre, tant parmi nous quatre que sur la planète. Les contrastes peuvent amener de la tension dans l'art, et dans la vie. Dans la musique, ce n'est pas toujours aussi viscéral que, disons, un type qui en descend un autre, parce que leurs avis sont différents. Mais la musique elle-même n'existerait pas de la même façon, comme le monde, si tout le monde marchait dans le même sens.

 

L : Vous gagnez votre vie uniquement comme musiciens ?

 

Brendon : Je ne gagne pas ma vie avec Smoking Spore. Je bosse comme graphiste, pour un programme local d'informations. Le groupe est malheureusement ma seconde carrière, pour l'instant. Espérons que ça change dans le futur.

 

Beau : Pas du tout. Je suis actuellement enseignant en maternelle. Je fais aussi de la peinture murale, et donne des leçons de musique aux enfants.

 

Brandon : Je travaille maintenant uniquement dans la musique. Mais c'est principalement de l'enregistrement, et je suis en principe fauché. Pendant un temps, j'ai bien gagné ma vie en vendant mes dessins (www.subtractiveattractions.com) mais mon point de vente a fermé. J'ai aussi enseigné la science et la lecture à des élèves en difficulté pendant un temps. Avant ça, j'étais professeur vacataire. Même si mon groupe était énorme, que j'avais des tonnes de fric, je continuerais à bosser avec des groupes, j'adore le son.

 

Laurent : Prochaine étape dans votre carrière ?

 

Brandon : Peut-être un voyage dans le temps. Définitivement un truc personnel.  Le groupe est totalement indépendant, avec des moyens limités. Notre prochain album, prochaine tournée, nouveau vaisseau spatial, dépendront uniquement de l'argent qui sera sur la table. On aime jouer tous les quatre, on prend notre pied en tournée, on est impatient de repartir sur la route. On ne vit pas dans la débauche, à claquer notre fric dans la défonce. On économise ce qu'on peut, mais on ne gagne pas assez pour maintenir le groupe en tournée, pendant des mois. Si vous lisez ça, que vous aimez Smoking Spore, et avez trop de blé, faut pas vous gêner pour nous en envoyer.

 

Beau : Aucune idée. Ma femme a des plans pour devenir médecin. Donc peut être que je vais m'enrichir avec elle, et me taper du Martini toute la journée. Pas vraiment en fait. J'aimerais jouer de la musique toute la journée, tous les jours. C'est très dur d'aller du vrai monde à celui de la musique.

 

Laurent : Quelle est votre opinion sur l'état du Monde ? Pensez-vous que le rock doit avoir une conscience politique ?

 

Brendon : Pour faire court, trop de cupidité, et un manque d'ouverture d'esprit. Je pense qu'il est important que tout le monde ait une conscience politique. Et pas seulement les musiciens. C'est bien qu'ils donnent leur avis, mais les gens ne devraient pas suivre aveuglément ce que dit quelqu'un, sur la seule foi de la musique qu'il joue.

 

Beau : Je pense qu’être trop concerné par la politique peut être dangereux. Le gouvernement veut politiser des choses comme la morale, la vérité, le bien et le mal. Personne n'est d'accord, et les gens semblent se plaindre, ou réveiller leur conscience seulement quand leurs impôts augmentent. Les politiques et les médias donnent vraiment des idéaux tordus et égoïstes. Pas que les dirigeants ne comptent pas, ils sont là pour ça. Mais quand des pays massacrent, et volent leurs citoyens, que nous restons passifs, parce qu'il n'y pas de pétrole, là c'est un problème. Qui, je crois, n'a pas de solution. Parce qu'à ce stade, le gouvernement devient le gros business. Donc, honnêtement, quand on en vient à la politique, je ne vois aucun bon bon gars. Juste de l’égoïsme. Pour répondre à la question, toutefois, je pense que le rock a besoin d'une conscience. Mais doit passer plus de temps à chercher comment avoir des buts charitables, plutôt que d'outrepasser le besoin de gouvernement. Désolé, j’espère que la prochaine question sera au sujet de mon plat favori. Qui est la pizza.

 

Brandon : Il y a des problèmes majeurs avec nos économies impérialistes, notre distribution des richesses, le niveau d'éducation des masses, notre abus des ressources, et l'usage mondial de la peur et de la religion. Pour manipuler les pauvres, dans une violence rentable. D'un autre côté, je pense que des solutions existent. Les pacifistes et les écologistes doivent rester vigilants et plein d'espoir. De façon à ce que, quand des solutions arriveront, ils soient accueillis à bras ouverts. Si vous cherchez la paix et la vérité, vous êtes sur le bon chemin. Comme pour les musiciens, la majorité devrait lire plus. Même ceux qui lisent beaucoup.

 

Laurent : Que connaissez-vous de la France ?  Vous aimeriez jouer par ici ?

 

Brendon : Ce serait super. Pour vous dire la vérité, je ne sais pas grand chose de la France. Juste les basiques, Paris, la Tour Eiffel, le Louvre, et beaucoup de culture.

 

Brandon : Juste les basiques. Air, Gojira et Yrkoon (death métal, NDLR) Toulouse Lautrec, Soleil Comics, René Lalique (maitre verrier du 19éme, NDLR), Jean-Pierre Jeunet, Odilon Redon (peintre symboliste du 19éme), Voltaire, Marie Curie, le métro sous-marin, Charles Perrault, Daft Punk. Sarkozy semble être un facho, mais je suis certain que le goût de la France pour la créativité survivra à son règne. Picasso, Van Gogh et Alphonse Mucha (peintre tchèque du 19éme, NDLR) ont passé du temps chez vous, donc ça doit être cool. Un ami m'a récemment parlé d'            Isabelle Caro (ce mannequin mort d'anorexie, NDLR), son histoire est très touchante. J'aimerais jouer ici, et dans toute l'Europe.

 

Beau : Principalement des films. Je suis pas mal obsédé par votre cinéma. Un Chien Andalou est une des plus hallucinantes pièces de tous les temps. Godard est plutôt bien, également. Le Week End fait partie de mes favoris. Un genre de bargerie surréaliste. J'adorerais jouer en France. En espérant avoir du nouveau à vous apporter bientôt.

 

L : Votre île déserte. Une personne, un disque, un livre, un film, un instrument.

 

Beau : Ma femme. Downward Is Heavenward (quatrième album de Hum, groupe de l'Illinois, NDLR). The Fountain (nouvelle graphique). Hour Of The Wolf d'Ingmar Bergman. Un banjo.

 

Brendon : Personne. Graveyard par Graveyard. Walden ou La Vie Dans les Bois par HD Thoreau. Fyrefly par Joss Whedon. Une guitare.

 

Brandon : J'embarquerais le médecin de Docteur Who. Ça résoudrait le problème de l'île déserte. Je triche ? Forcé de choisir un disque ce serait Sounds Of North American Frogs par Charles M Bogerts. Ou peut-être The Crying Light par Antony And The Johnsons, ou quelque chose par les Smoke Fairies ou par The Mystic Krewe Of Clearlight (groupe de heavy métal instrumental de New Orleans, NDLR). Dure, la question. Au niveau du  livre, ce serait The Gods Themselves d'Isaac Asimov. L'orgue Wurltitzer que j'utilise avec Smoking Spore, a des centaines de pages d'une copie de ce bouquin, incrusté dans l'armature en bois. Le film, The Fall de Tarsem Singh. Quand je me sentais piégé, je pouvais visionner et voyager. L'instrument, une scie musicale.

 

Entretien mené par Laurent

 

 Lien

http://www.smokingspore.com/

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