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Soul - James Carr - Gourmandises Autorisées

par lou 13 Octobre 2010, 16:19

SOUL

 

Soyons honnêtes, je connais James Carr (1942/2001) depuis la semaine dernière. Si on excepte deux ou trois vidéos, vite fait digérées. Où cette voix toute de caramel chaud, et de miel fondu m'avait déjà titillé les oreilles. Question biographie, le strict minimum, l'homme était fils d'un pasteur, a enregistré seulement quatre albums et avait une certaine tendance à perdre la boule. Comme ici on fait autre chose que du people (on devrait, ça nous rapporterait du lectorat), on va donc se concentrer sur cette fabuleuse compilation, The Complete Goldwax Singles. Qui couvre une période allant de 1964 à 1970. Je précise qu'en matière de soul, à part l'éternel Otis Redding, mes connaissances et accointances sont bien minces. J'aime donc le genre quand il fait sobre et élégant, avec le patron qui crache ce qu'il a dans le ventre. Rien qui me gonfle plus qu'une crise d'hystérie mal bâclée. Ton tempo moyen toujours tu choisiras. Sans oublier que ta chemise tu mouilleras.  Et je crois bien que là, j'ai touché un gros poisson.

http://www.raresoulgrooves.com/wp-content/uploads/2009/03/james-carr.jpg

28 chansons, pas un pet de travers. Les choses sont diaboliquement simples, une intro pour poser la route, et vous êtes collés au mur par les vocaux. Et quand je dis collé, c'est scellé qu'il faut comprendre. Le dos pas loin de la chaudière, difficile d’échapper à l’appel d’air.  La rythmique fait l'enfer avec les cuivres, tout est bon pour taper un vieux boogaloo, d'autant que la clarté des arrangements n'implique pas forcément l'aridité des idées. Monstrueuse efficacité, écoutez le tube At The Dark End Of The Street. Bien sûr que vous avez déjà entendu ça chez d'autres. Cette structure, ces deux accords moelleux.....Les fantômes des Stones et de Springsteen prennent des notes dans un coin. Sans compter celui de Burdon, rouge de honte. Tant sa propre version du To Love Somebody des Bee Gees a l'air d'émaner d'un gamin de treize ans, à côté de celle proposée ici. Lui qui avait imposé le même traitement aux Moody Blues, reçoit une sacrée raclée en retour.  La gentille mélodie originale a soudain des couleurs de volcan en fusion, façon demoiselle touchée au bon endroit et au bon moment. Bien gérée, la situation peut même devenir propice.  Appréciable aussi d'entendre, pour une fois, un groupe où la démonstration individuelle semble bannie. Mieux que ça, strictement prohibée. Bref, voilà de quoi finir l'été au sec, et peut-être même déborder sur l'automne.  Découverte de l’année, par ici.


Laurent.

 

Myspace

 

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